Accueil médical de Reims : des soins et du lien

Publié le 25/10/2017
Reims
Accueil médical de Reims : des soins et du lien
 

À Reims, l’accueil de jour du Secours Catholique dispose d’une permanence médicale. Médecins et infirmières bénévoles y offrent des consultations gratuites aux personnes en situation de précarité, leur prodiguent des soins et surtout les écoutent.

Un lit d’examen, un bureau, un lavabo et du gel désinfectant : c’est un cabinet médical presque comme un autre. Sauf qu’il est situé au cœur du Café sourire, l’accueil de jour de Reims pour personnes à la rue, hébergées par le 115, ou demandeurs d’asile.

Chaque matin, une douzaine de médecins et d’infirmières bénévoles s’y relaient pour accueillir les personnes qui souhaitent les consulter. Sur la porte, un panneau rouge ou vert indique aux visiteurs si les médecins sont occupés.

Hélène toque. Cette ancienne « de la rue » vient d’accoucher par césarienne et a besoin d’une piqûre d’anticoagulant pour éviter une phlébite : « Je consulte ici de temps à autre. Ça rassure d’avoir des avis médicaux, ça m’évite de faire la queue à l’hôpital. »

 

On ne donne pas un comprimé sans relation, on prend le temps d’échanger.

Martine, infirmière


Martine, infirmière, profite de la consultation pour vérifier la cicatrice et se renseigner sur le poids du bébé. « On fait beaucoup de ''bobologie'' au quotidien, on soigne des lésions cutanées, des plaies mais aussi des infections saisonnières », explique Bernard, gynécologue à la retraite.

D’où les antalgiques et les antibiotiques achetés par le Secours Catholique et disponibles dans l’armoire à pharmacie. Chaque hiver, le cabinet médical propose aussi la vaccination contre la grippe.

« Mais attention, on ne donne pas un comprimé sans relation, on prend le temps d’échanger, poursuit Martine. La plupart ont besoin de parler et d’être écoutés car ils sont dans un contexte psychologique très fragilisé. »

« La prévention est importante : on fait un travail de dépistage pour ne pas passer à côté d’un gros problème, renchérit Bernard. Et on doit aussi veiller à la santé publique et barrer la route aux pathologies facilement transmissibles parmi ces populations. »

Un difficile accès aux soins

Christophe, la quarantaine, à la rue, vient effectuer un contrôle de son poids et de sa tension. Il n’a plus la CMU complémentaire depuis qu’il s’est fait voler ses papiers : « Quand j’ai eu une gastro, je suis allé à l’hôpital mais je ne pouvais pas aller à la pharmacie avec l’ordonnance. Heureusement, ici, ils m’ont donné des médicaments gratuitement. »

La majorité des patients de la permanence médicale ne sont de fait pas bien intégrés dans le circuit des soins. En cas de complications, les bénévoles font marcher leur réseau de médecins et orientent les patients.

Sur les cent cinquante personnes qui visitent le Café sourire tous les jours, entre cinq et trente viennent consulter. Un chiffre en augmentation, preuve du besoin universel de se faire soigner.

 

A l'accueil de jour de Reims

A l'accueil de jour de Reims
Diaporama : au « Café sourire » de Reims
 

« Tout le monde a droit à la santé »

Armelle Guillembet, responsable du département « De la rue au logement »


« C’est un fait : la précarité accroît fortement les problèmes de santé. Les parcours d’hébergement instables et indignes conduisent à des cas de malnutrition sévère ou à des problèmes d’hygiène qui favorisent les maladies infectieuses, comme la gale ou la tuberculose.
 
On constate souvent des polypathologies pour les personnes qui vivent à la rue et il est évident que la rue dégrade leur santé psychique. C’est un stress traumatique énorme de dormir dehors ! Et pour toutes les personnes sans logement stable, l’impossibilité de se projeter dans l’avenir est un facteur de stress, ce qui a des impacts sur la santé, c’est-à-dire pas seulement sur le bien-être physique, mais aussi sur celui psychique et social des personnes.
 
Tout le monde a le droit d’être bien avec sa tête et son corps, c’est une question de dignité et ça permet à chacun d’être en interaction avec les autres, d’avoir une place dans la société. Or, on constate que les personnes à la rue ou mal logées n’ont pas toujours accès aux soins.
 
Malgré leur droit à l’assurance maladie (PUMa - protection universelle maladie) et à la CMU complémentaire, ou à l’aide médicale de l'État (AME), elles se voient souvent refuser l’accès aux cabinets médicaux généralistes ou spécialistes. Le Défenseur des droits a réalisé des études et exprimé plusieurs fois son exaspération devant ces dénis de droit.
 
C’est pourquoi, au Secours Catholique, nos bénévoles jouent le rôle de médiateurs, notamment pour accompagner les gens chez le médecin ou à l’hôpital, mais aussi pour les aider à obtenir leur droit à la CMU complémentaire auprès des organismes de protection sociale compétents, particulièrement les caisses primaires d’assurance maladie. »
Cécile Lerclerc-Laurent
Crédits photos : © Steven Wassenaar / Secours Catholique
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