Au Bangladesh, sortir les individus de la trappe à pauvreté

Publié le 05/10/2020
Bangladesh
Au Bangladesh, sortir les individus de la trappe à pauvreté
 

Dans un pays où près de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour, l’ONG “BRAC” aide les plus pauvres à sortir de l’extrême pauvreté en leur allouant un capital et en les accompagnant.

Lorsque le mari de Joy est tombé malade, cette dernière s’est retrouvée sans revenus, à ne pouvoir cuisiner qu’un seul repas par jour à ses enfants. L’ONG “BRAC” (Bangladesh rural advancement committee) lui est venue en aide en lui offrant une formation d’entrepreneur pour ouvrir une épicerie, mais aussi un petit pécule financier, deux moutons et dix canards.

Joy a ainsi pu monter son épicerie. BRAC l’a accompagnée pendant deux ans, notamment en l’incitant à scolariser ses enfants. Au final Joy s’en est sortie. « Grâce à “BRAC”, j’ai triomphé sur la pauvreté », estime-t-elle. 

Comme elle, ce sont des milliers de personnes que “BRAC” aide à briser le piège de la pauvreté. « Nous accompagnons les individus pour qu’ils se dotent de moyens de subsistance durables et qu’ainsi, ils sortent de l’extrême pauvreté sans le risque d’y retomber plus tard. Nous renforçons leurs capacités à changer leurs vies, car les participants deviennent les agents de leur propre développement », explique Bobby Irven de “BRAC”. 

 

Nous investissons dans la dignité et le libre arbitre des participants.

Bobby Irven, de “BRAC”

L’accompagnement de l’ONG passe par quatre piliers : permettre aux personnes de satisfaire des besoins de base (avec un transfert monétaire ou l’allocation de quelques animaux, l’accès aux services de santé, l’assainissement de l’eau, le soutien à l’hygiène et l’accès à l’éducation pour les enfants), générer des revenus (“BRAC” soutient les individus dans des formations ou pour démarrer une petite entreprise), accéder à l’épargne (savoir mettre de côté et augmenter ses revenus) et gagner en autonomie (accroître la confiance des individus et leur intégration dans la communauté).

Cette approche complexe permet de sortir 9 personnes sur 10 de l’extrême pauvreté après deux ans d’accompagnement. « Même si l’allocation de transferts financiers joue un rôle important, un encadrement régulier est tout aussi essentiel. Nous investissons dans la dignité et le libre arbitre des participants », poursuit Bobby Irven. 

Coopératives de crédit

Réduire la pauvreté par l’autonomisation des pauvres : c’est aussi le pari de Caritas Bangladesh, partenaire du Secours Catholique. Cette dernière a installé des coopératives de crédit dans des villages des communautés Rishis et Rakhaines.

Chaque habitant cotise un euro par mois et l’argent est prêté à qui veut monter un projet. Les intérêts sont ensuite reversés à la coopérative qui les réinjecte dans les fonds de réserve pour financer des projets collectifs de santé ou d’éducation.

« Les pauvres sont habilités pour satisfaire leurs besoins de base avec leurs propres capacités. Les habitants s’approprient les coopératives : ils investissent de l’argent et reçoivent par exemple des fonds pour lancer une activité professionnelle », explique David Hembrom de Caritas Bangladesh. Au total une centaine de coopératives aident 10 000 habitants. 

 

Les coopératives favorisent l’autogestion et la confiance mutuelle entre les membres des communautés.

David Hembrom de Caritas Bangladesh

 « Les coopératives ne font pas qu’apporter de l’argent, elles favorisent l’autogestion et la confiance mutuelle entre les membres des communautés », poursuit David Hembrom. Pour “BRAC” comme pour Caritas Bangladesh, l’objectif est le même : sortir les individus de l’extrême pauvreté.

Ils ont du pain sur la planche en cette période de crise du coronavirus car au Bangladesh comme ailleurs, les taux de pauvreté augmentent. D’ici la fin de l’année 100 millions de personnes supplémentaires tomberont dans l’extrême pauvreté d’après la Banque mondiale.

Cécile Leclerc-Laurent
© Élodie Perriot / Secours Catholique - Caritas France
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