Coronavirus : le Secours catholique se mobilise pour continuer d'agir auprès des plus fragiles

Coronavirus : le Secours catholique se mobilise pour continuer d'agir auprès des plus fragiles

Publié le 23/03/2020
France
 

La crise sanitaire actuelle, et le confinement qui en résulte, touchent de plein fouet les personnes les plus fragiles de notre société. Pour les hommes et les femmes à la rue, les personnes isolées, âgées ou handicapées ou encore les familles aux très faibles ressources, l’urgence est aussi – et d’abord – alimentaire et sociale.

Pour continuer à leur venir en aide, le Secours Catholique reste mobilisé. Un peu partout sur le territoire, les équipes bénévoles s’organisent pour poursuivre leur accompagnement sous de nouvelles formes, dans le respect des consignes sanitaires.

« Les gens souffrent, n’ont plus à manger, ne peuvent plus recharger leur portable pour appeler le 115. Ils manquent de tout », témoignait la présidente du Secours Catholique, Véronique Fayet, dimanche 21 mars sur France Inter, à propos des conditions de vie sur les campements et bidonvilles, en pleine épidémie de Coronavirus, alors que la plupart des acteurs associatifs ont dû suspendre ou réduire l'aide alimentaire et l’accueil des personnes sans abri.

Dès l’annonce du confinement, le Secours Catholique a appelé les pouvoirs publics à porter une attention particulière aux plus vulnérables, pour qui la crise sanitaire se double d’une urgence alimentaire et sociale, et à prendre des mesures fortes pour leur venir en aide.
 

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Sur le terrain, le Secours Catholique a décidé, dans un premier temps, de fermer ses lieux d’accueil, afin de ne pas mettre en danger les bénévoles et les personnes qu’ils accompagnent. Dans le même temps, une réflexion a été entamée au sein de l'association pour adapter sa façon d’agir et d’être présente auprès des plus fragiles.

Chèques services sur tout le territoire

Une première action d’envergure a été lancée sur l’ensemble du territoire, avec le déblocage de chèques services à hauteur de 2,5 millions d’euros, pour lequel un appel au don est lancé.

Donnés aux personnes à la rue ou hébergées, ou distribués dans les boîtes aux lettres, à domicile, par des bénévoles, ils vont permettre aux ménages ciblés, dont certains sont privés de toute ressource, de subvenir à leurs besoins en faisant des achats en supermarché. Pour certaines familles, par exemple, cela leur permettra de compenser l’absence de cantine scolaire gratuite.

aide alimentaire d'urgence

Progressivement, des accueils de jour et des permanences locales rouvrent de façon ponctuelle afin d'assurer une aide alimentaire d’urgence par la confection de colis, dans le respect des consignes sanitaires (distances entre les personnes, gestes barrières...)

À Toulouse, le Secours Catholique, l'une des rares associations encore en capacité d'agir, assure la distribution de paniers repas et plusieurs tournées de rue hebdomadaires, afin d’aller à la rencontre des personnes à la rue.

À Paris, l’Apame, un groupe d’entraide alimentaire pour des mamans hébergées à l’hôtel, adapte son fonctionnement pour rester en contact avec les mères confinées et leur permettre de se nourrir.
 

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chaînes téléphoniques et réseaux sociaux

D’autres types d’actions, souvent inventives, sont en cours de réflexion ou d’ores et déjà à l’oeuvre dans différentes régions pour maintenir le lien avec les personnes en difficulté, isolées physiquement ou moralement, et accompagnées toute l’année par les bénévoles.
 

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Des permanences téléphoniques sont instaurées pour rester à l'écoute des situations de détresse et des besoins. Des chaînes téléphoniques fraternelles sont créées pour prendre des nouvelles des familles, des personnes isolées ou âgées et leur soutenir le moral. Des groupes se montent, via les réseaux sociaux numériques WhatsApp et Facebook, afin de partager des conseils sur les gestes barrières, d’informer sur la situation sanitaire, de rassurer.

Des équipes bénévoles mettent en place des moyens pour poursuivre les cours d’apprentissage du français pour les personnes migrantes par visio-conférence ou échanges sur WhatsApp, l'accompagnement à la scolarité à distance des enfants de familles modestes. Elles prévoient aussi la distribution du matériel scolaire et des jeux aux enfants vivant à l’hôtel.
 

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Clarisse Briot
Crédits photos : ©Gaël Kerbaol / Secours Catholique
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