Crise : les nouveaux visages de l'engagement

Publié le 17/06/2020
France
Crise : les nouveaux visages de l'engagement
Léa, étudiante, bénévole à Caen.
 

Ils ont 20, 39, 52 ans. Ils habitent à Avignon, Rosny-sous-Bois ou Caen. Ils sont étudiants, fonctionnaire, infirmier ou réceptionniste. Ils ont voulu se rendre utiles durant le confinement et sont devenus bénévoles au Secours Catholique. Portrait de ces nouveaux engagés.

Habitant Rosny-sous-Bois, en région parisienne, Natalia, 39 ans, s’est retrouvée au chômage partiel avec le confinement. « J’avais du temps et j’avais envie de faire des choses », témoigne la jeune femme d’origine chilienne.

Alors, elle a frappé à la porte du Secours Catholique et aidé à l’accueil de jour de l’association qui proposait durant le confinement un accès à des douches et à des machines à laver pour les personnes à la rue. Réceptionniste dans un hôtel, Natalia s’est tout naturellement retrouvée réceptionniste à l’accueil, à renseigner les coordonnées des personnes et à leur distribuer des chèques services.

À Maintenon, dans l’Eure-et-Loir, Antoine, lui, a répondu à un appel au bénévolat lancé sur les réseaux sociaux afin d’aller faire des courses pour des personnes âgées fragiles et isolées et les leur porter à domicile. Le jeune homme de 25 ans était alors en télétravail, ce qui lui a permis d’avoir un emploi du temps plus flexible que d’ordinaire. « J’avais envie d’être sur le front et d’aider les gens », confie-t-il.

 
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Baptiste, 31 ans, infirmier en santé mentale.
 

À Caen aussi, Léa a répondu à un appel au bénévolat cette fois pour faire du porte-à-porte dans des quartiers défavorisés, aller à la rencontre des gens et voir s’ils avaient besoin d’elle pendant le confinement. « Ça m’a permis de prendre conscience du fossé qui subsiste entre habitants de la ville et de découvrir une précarité que j’ignorais », avoue la jeune fille de 20 ans, étudiante en notariat.

À Avignon, Baptiste, 31 ans, s’est quant à lui investi dans des tournées de rue à la rencontre des sans-abri. Infirmier en santé mentale, lui n’a pas arrêté de travailler durant le confinement mais il a tout de même réussi à se dégager du temps pour « approcher la précarité sociale autrement que dans mon travail. Au Secours Catholique je reçois beaucoup de mercis et c’est valorisant », note-t-il.

 
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Nolan, 20 ans, étudiant et pompier volontaire.
 

Temps soudainement libéré par le confinement, besoin ou envie de ne pas rester inactif ou seul chez soi, opportunité offerte de s'ouvrir à la solidarité, les raisons qui motivent l'engagement de ces nouveaux volontaires sont multiples.

Nolan, 20 ans, s’est rendu disponible pour des tournées de rue à Avignon. Cet étudiant en BTS n’avait plus de cours alors il s’est lancé dans du bénévolat : « Savoir que je suis utile sans attendre en retour, c’est gratifiant », explique celui qui est par ailleurs pompier volontaire.

Toujours dans la Cité des papes, Corinne, 52 ans, fonctionnaire municipale, a répondu à un mail de la maire lui proposant de s’engager dans des associations le temps du confinement. Elle s’est alors rendue trois à quatre fois par semaine dans un accueil de jour pour personnes à la rue.

« Les sans-abri étaient les grands oubliés du confinement », témoigne-t-elle. « Ils ont eu besoin de nous et cela m’a apporté également  car ça m’a permis de rencontrer du monde alors que j’étais coincée chez moi avec le confinement. »

 
Crise : les nouveaux visages de l'engagement
Fabienne, fraîchement retraitée.
 

Fabienne, quant à elle, venait tout juste de prendre sa retraite début avril quand elle s’est lancée dans du bénévolat à Avignon. Elle a alors distribué des chèques services aux familles en difficulté.

« J’ai l’impression d’être au bon endroit au bon moment. La vie c’est être dans l’échange avec l’autre, et ça n’est pas parce que je suis retraitée que je suis en retraite de la vie »,  explique-t-elle.

« Ça ouvre l’esprit de rencontrer des personnes en précarité », renchérit Natalia, à Rosny-sous-Bois. « D’habitude c’est moi qui suis écouté car je suis sous curatelle », se confie encore Pascal à Argentan. « Pour une fois c’est moi qui me suis mis à l’écoute des autres », témoigne le quarantenaire qui a aussi réalisé du porte-à-porte durant le confinement.

 
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Pascal, volontaire à Argentan.
 

Arrivés en pleine crise sociale, ces nouveaux bénévoles vont-ils pouvoir rester malgré la reprise de leur travail ? Tous l’espèrent. À Avignon, Corinne se rend toujours à l’accueil de jour quand elle peut, un lundi sur deux : l’infirmier Baptiste aussi trouve logique de continuer et s’adapte selon son emploi du temps.

À Caen, Léa a aidé à mettre en place un atelier de couture de confection de masques et pense continuer, même à la reprise de ses cours en septembre. Quant à Fabienne, elle aimerait monter des ateliers d’écriture à Avignon.

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Cécile Leclerc-Laurent
© Christophe Hargoues / Secours Catholique, © Xavier Schwebel / Secours Catholique
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