Écoute et chaînes téléphoniques : être là, tout simplement

Écoute et chaînes téléphoniques : être là, tout simplement

Publié le 03/04/2020
Gard, Ille-et-Vilaine, Lot-et-Garonne, Marne
 

Aux quatre coins de France, les bénévoles du Secours Catholique qui ne peuvent plus tenir leurs permanences d’accueil ou rendre visite à des personnes en précarité font preuve d'inventivité pour maintenir le lien. Ici ou là, des chaînes téléphoniques se sont mises en place pour continuer à écouter les personnes les plus isolées.

 

À Reims, des appels fraternels

« On a l’impression d’être abandonné. Je pourrais facilement péter un plomb vu que je vis en foyer, via le 115, témoigne Henriette, d’origine ivoirienne. Heureusement le Secours Catholique m’appelle régulièrement, ça me remonte le moral et ça me fait du bien de savoir qu’on pense à moi. »

À Reims, dans la Marne, la permanence d’accueil du Secours Catholique située dans le quartier populaire de Croix-Rouge a dû fermer ses portes avec la crise sanitaire. D’emblée les bénévoles ont pris leur téléphone pour appeler les personnes qu’ils accompagnent.

dix appels par jour

« Je passe dix appels par jour en moyenne. C’est important de rester présent, ça aide les personnes à attendre avec patience. » explique Francis, bénévole. « Beaucoup de gens sont seuls, certains sont très fragiles avec des vies fracassées. On a pris spontanément des nouvelles des uns et des autres », renchérit Jocelyne, une autre bénévole qui a elle-même reçu des coups de fil amicaux lorsqu’elle a été malade du coronavirus.

« Ça fait du bien d’entendre une voix » ; « le Secours Catholique ne nous abandonne pas, c’est comme une famille »... sont des paroles que les bénévoles entendent souvent au bout du fil.

 

À Agen, une hotline téléphonique

« Un petit coup de fil, c’est déjà beaucoup » : c’est par ce leitmotiv que la délégation du Périgord - Agenais (Dordogne et Lot-et-Garonne) a lancé l’opération « Confinés mais pas isolés ». Les personnes qui le souhaitent peuvent appeler une permanence téléphonique : des bénévoles les rappellent et des binômes se créent ensuite.

Ainsi, Noëlle a appelé car, dit-elle, « j’avais besoin de parler : je suis coincée chez moi et mes enfants sont loin ». Mady l’a recontactée et une relation s’est nouée entre les deux femmes au fil des jours.

« Le téléphone est un moyen d’échange pour des personnes isolées qui ont besoin d’être écoutées, explique Agnès, animatrice au Secours Catholique. Et une personne écoutée se sent valorisée et vivante. » Le Secours Catholique a rendu public son numéro d’appel via la presse et les centres communaux d’action sociale.

 

À Alès, rompre la solitude des anciens

Traditionnellement, à Alès, dans le Gard, des bénévoles rendent visite à une vingtaine de personnes âgées en ville ou dans les villages alentour. Celles-ci souffrent d’isolement et d’un manque de mobilité.

« Le confinement est particulièrement difficile à vivre pour les personnes âgées isolées, estime Marie-Martine, bénévole. On a décidé de maintenir le lien en les appelant une fois par semaine ou en leur envoyant des cartes postales, notamment à celles qui souffrent de démence. »

Marie-Martine pense spécialement aux personnes en Ehpad, confinées dans leur chambre, tout lien rompu avec l’extérieur : « On tâche de rester présent. Celles qu’on appelle nous disent que ça leur fait du bien de nous parler. » 

 

À Redon, un service d’anges gardiens

À Redon, en Ille-et-Vilaine, la paroisse, le Secours Catholique et des aumôneries ont mis en place un service d’"anges gardiens" pour apporter du réconfort et de l'écoute aux personnes isolées.

Une trentaine de personnes - des personnes âgées et des mères seules - ont ainsi demandé à être appelées deux à trois fois par semaine par des bénévoles. Plusieurs, parmi celles jointes par Mireille, ont confié être angoissées par le fait de ne plus rencontrer personne.

« Les personnes en face sont fragiles et en ont besoin de parler, constate la bénévole. L’idée est de prendre des nouvelles régulièrement. Comme des anges gardiens, nous veillons sur elles et nous prenons soin d’elles. »

 

Lire aussi « Coronavirus : agir en temps de crise »

Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photos : ©Steven Wassenaar / Secours Catholique
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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