Heureux au milieu des animaux

Publié le 29/08/2016
Sarthe
 

Au zoo de Pescheray de l’ACSC (l’Association des Cités du Secours Catholique), une vingtaine de personnes en situation de handicap s’occupent des animaux. Un travail qui développe leurs compétences et favorise leur épanouissement personnel.

 
Heureux au milieu des animaux
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S'épanouir avec les animaux

 

Un petit cochon d’inde dans la main, Philippe, la cinquantaine, a le sourire jusqu’aux oreilles : « J’aime bien m’occuper des animaux, ça me fait plaisir, je les caresse tous les jours. »

Comme Philippe, ils sont 17 à s’occuper des 120 espèces animales d’Europe et des DOM TOM qui vivent sur les plus de 100 hectares du zoo de Pescheray.

Ici – et c’est unique en France – tous les travailleurs sont en situation de handicap (déficience intellectuelle ou troubles psychiques). Car la Cité de Pescheray comporte un ESAT, un établissement et service d’aide par le travail, qui propose une activité à un total de 70 personnes en situation de handicap : dans le zoo, mais aussi dans le restaurant, dans le maraîchage et dans les espaces verts et forêts.

Les travailleurs arrivés ici ont auparavant été orientés par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

« Ludo, où en es-tu ? » interroge Régis, l’un des trois moniteurs encadrants du zoo, dans son talkie walkie. « Là, je suis chez les tapirs. » répond le jeune homme.

Ludo, une pelle dans une main, une brosse dans l’autre, nettoie l’enclos de Nicolas et Akka, les deux tapirs. « J’aime m’occuper des tapirs, mais aussi des bisons, en fait de tous les animaux ! J’aime le contact avec eux et j’adore mon métier. On cure, on nettoie, on donne à manger. Et mon but est aussi de faire attention aux animaux, de voir s’ils n’ont pas de blessure. » raconte-t-il. 

 

Se sentir responsable

« Nos travailleurs se sentent bien auprès des animaux, témoigne Armelle Lagarde, responsable du parc. Ils s’épanouissent ici. Et les animaux ne les jugent pas. »

« Les travailleurs se sentent utiles et responsables, car on leur répète régulièrement que s’ils ne viennent pas, personne ne viendra s’occuper des animaux. Ces derniers comptent sur eux pour avoir un enclos propre et à manger, poursuit Carine, moniteur encadrante. Et quand les visiteurs du zoo leur posent des questions, les travailleurs se sentent fiers de présenter leurs animaux. »

Ce jour-là, Guillaume est responsable de l’animation nourrissage des ours à 15H. De nature timide, le jeune homme annonce à un public attentif qu’il va lancer aux carnivores 16 kilos de fruits et légumes ainsi que plusieurs poulets. Les enfants sont ravis de voir les ours attraper la nourriture au vol.

Une fois le public parti, Guillaume se confie : « Les animaux me fascinent. J’aime bien étudier leur comportement. Parfois, je leur parle, je leur fais des confidences, ils sont devenus mes amis. »

 

 

« Pouvoir dire « je travaille » est valorisant. »

Entretien avec Karine Challange, directrice de la Cité de Pescheray

 

Certaines personnes en situation de handicap ne peuvent pas travailler en milieu ordinaire, les ESAT ont donc le mérite de leur permettre d’avoir un travail adapté à leurs capacités et à leurs difficultés. Par exemple, chez nous, on travaille beaucoup avec les pictogrammes pour ceux qui ont des difficultés de lecture.

Avoir un travail permet à la personne handicapée d’avoir une vie la plus normale possible. Ça lui permet d’avoir un revenu, un logement et ainsi de mieux s’intégrer dans la société. Le fait de pouvoir dire « je travaille » change le regard des personnes sur elles-mêmes.

Ici, on leur dit : « vous êtes capables, on a besoin de vous ! » et ça les valorise ! Le travail amène à un épanouissement personnel.

Et chez nous, l’intégration dans la société passe aussi par l’interaction avec le public, que ça soit au zoo, au restaurant ou lors de la vente de fruits et légumes. C’est parfois compliqué pour ceux qui ont des troubles de la relation, mais ça leur apprend à être en contact avec d’autres personnes.

À la Cité de Pescheray, on a non seulement un ESAT mais aussi trois services d’hébergement qui permettent des degrés d’autonomie différents : un foyer d’hébergement avec des salles collectives mais aussi des logements individuels, un foyer semi-autonome et un service d’accompagnement à la vie sociale.

Ainsi, on travaille sur des projets de vie personnalisés avec chacun. L’idée est qu’à terme, les personnes en situation de handicap puissent vivre sans avoir besoin de nous. Plus elles avancent, et plus notre encadrement se fait discret.

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Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photos: ©Steven Wassenaar / Secours Catholique
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