« Je ne pourrais avancer sans la foi »

Publié le 20/07/2020
Var
« Je ne pourrais avancer sans la foi »
 

Les membres du groupe “Place et parole des personnes en précarité de la Provence verte”, avec leurs convictions spirituelles diverses, font une place majeure dans leurs rencontres à la Parole de Dieu et à la prière.

Dans ce territoire rural du Var, au sein du groupe “Place et parole des personnes en précarité de la Provence verte”, on vit la fraternité et l'échange des bonnes ou mauvaises nouvelles de vies difficiles.

Forte chez certains ou objet de quête pour d'autres, la foi demeure un ciment pour le groupe qui consacre, lors de chaque réunion, une place majeure au partage d’Évangile et à la prière. 

« La spiritualité est la base de tout mon engagement. Je ne pourrais avancer sans la foi », témoigne volontiers Christine, qui raconte sa conversion dans un sanctuaire lors d'une rencontre organisée par le Secours Catholique. Christine, qui aime les textes d’Évangile du Bon Samaritain, apprécie la figure de sainte Bernadette.

 

Ma spiritualité, effacée par ma vie à la rue, demeure au fond de moi, comme enfouie. 

 

« Dans sa pauvreté, elle est restée humble, je me retrouve en elle, confie-t-elle. Et comme moi, elle était asthmatique. » Habituée de Lourdes, Christine est fière d'avoir pu présenter une vidéo du groupe au conseil paroissial et elle compte bien le faire pour la Journée mondiale des pauvres. 

« Dans le groupe, il y a des croyants et des non-croyants », observe Bernard. Ma spiritualité, effacée par ma vie à la rue, demeure au fond de moi, comme enfouie. » Grand lecteur, il est touché par les textes de saint François d'Assise ou par Le Royaume d'Emmanuel Carrère.

« J'ai perdu la foi et je ne l'ai pas retrouvée. J'essaie, je suis allée à Lourdes », explique pour sa part Valérie, qui hésite à prendre la parole lors des partages bibliques. « J'attends un message, une parole, un déclic. » 

 

J'ai compris que c'était de cette nourriture que j'avais besoin. Et que je voulais l’apporter aux autres.

 

Monique a un temps tourné le dos à l’Église. « Mais j'ai toujours cru au Créateur. Lorsque je suis tombée malade, lorsque j'ai connu la révolte devant mon incapacité, j'ai parlé à Dieu », témoigne-t-elle. À Lourdes avec le réseau Saint-Laurent, elle est touchée par le partage de la Parole de Dieu.

« J'ai compris que c'était de cette nourriture que j'avais besoin. Et que je voulais l’apporter aux autres, dit-elle. Depuis ma participation au pèlerinage Fratello à Rome en 2016, je ne peux plus taire ma foi, moi qui étais auparavant invisible dans la paroisse, qui n'osais prendre la parole. »

Monique est aujourd'hui membre de l'équipe d'animation spirituelle de la diaconie du Var. « Plus on approfondit la parole du Seigneur, plus on s'interroge », reconnaît-elle, et elle prône plus que jamais la rencontre avec autrui. Elle invite ses amis à « combattre les préjugés et changer de regard envers les riches ».

Elle a découvert les danses d'Israël, un mode d'expression spirituelle qui passe par le corps. Et ses initiations en la matière sont très demandées par les groupes du réseau Saint-Laurent.

Philippe Clanché
© Christophe Hargoues / Secours Catholique
Procession de Lourdes
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