Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté

Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté

Publié le 18/11/2019
Monde
 
Inondations ou à l’inverse sécheresses – voire les deux alternativement –, montée des eaux et salinisation des terres, catastrophes naturelles accrues : les changements climatiques affectent en premier lieu les populations pauvres des pays en voie de développement.
Petits paysans et pêcheurs voient leurs rendements diminuer et souffrent de la faim ou de la soif. Désespérés, ils se disputent les ressources naturelles, ce qui est source de conflits. Conséquence : des millions de personnes migrent pour les villes où elles croupissent dans la misère.
Si rien n’est fait, plus de 100 millions de personnes supplémentaires tomberont sous le seuil de pauvreté d’ici 2030, estime la Banque mondiale. Dans quelle mesure les changements climatiques non seulement créent-ils mais aussi amplifient-ils la pauvreté dans le monde ? Comment dès lors lutter contre les dérèglements climatiques tout en éradiquant la pauvreté ?


IL n’en croit toujours pas ses yeux. De sa vie d’homme de 59 ans, Yves n’avait jamais vu la rivière en bas de chez lui à sec en plein mois de mai, traditionnelle saison des pluies. La faute aux changements climatiques qui touchent fortement son pays, Haïti. « Nous vivons des temps terribles comparés à mon enfance », explique ce paysan de la région des Palmes. Yves a des difficultés à se nourrir et a dû renoncer à financer des études pour son fils de 28 ans.

Un peu plus au nord, sur la côte haïtienne, à Leogane, c’est le manque de poissons qui inquiète Charles, pêcheur. En cause, la hausse de la température de l’eau, sans doute. Mais aussi la disparition des mangroves, ces espaces boisés naturels où se reproduisent les poissons et qui ont souffert de la pollution et de la coupe du bois. En Haïti comme dans les autres pays dits “du Sud”, ce sont les plus pauvres, ceux dont la vie dépend des ressources naturelles et des récoltes, donc du cycle des saisons, qui sont les plus affectés par les dérèglements climatiques.

 

 
Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté
Dans la région de Léogane, à Haïti, Charles, pêcheur, se plaint de la disparition des mangroves.
 

 

Ouragans, inondations, sécheresses : tous ces accidents climatiques sont en effet de plus en plus fréquents et totalement imprévisibles. Ainsi en Inde, dans la région de l’Assam, les pluies sont devenues capricieuses et les moussons sont déréglées. « Il peut y avoir deux jours de pluies intenses et le lendemain un soleil qui tape. Les paysans n’arrivent plus à programmer leurs travaux et cela baisse leur rendement », déplore Netaji Basumatary de l’ONG IGSSS, partenaire du Secours Catholique.
 

Lire aussi notre article « En France, les changements climatiques, vecteurs de fracture sociale »


Même constat au Sénégal où, l’année passée, une sécheresse de 45 jours en pleine saison des pluies a détruit les cultures de mil et d’arachide dans le sud du pays. Dans cette région côtière, la montée de la mer est aussi un problème : « Le sel pollue les nappes phréatiques et dégrade les forêts et les cultures, notamment maraîchères », observe Gilbert Sene, de Caritas Kaolack. Conséquence : la baisse des rendements agricoles a un effet direct sur l’alimentation des populations.

Une menace pour les cultures, mais pas seulement

En raison des changements climatiques, le Programme de Nations Unies pour le développement (Pnud) estime que 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim en 2080. Les paysans voient par ailleurs leurs revenus tirés de la vente des produits agricoles diminuer à vue d’œil. Et la raréfaction des denrées provoque une hausse des prix. Difficile, dans ce cas, de vivre dignement. 

Par ailleurs, en cas d’événements climatiques extrêmes, les cultures ne sont pas les seules touchées. Les ouragans peuvent détruire les infrastructures et endommager le matériel agricole. C’est le cas au Bangladesh où « les pluies diluviennes entraînent des crues soudaines dans la région des Chittagong Hill Tracts. Les rivières débordent, emportent les maisons et ravagent les cultures », s’alarme Rupna Das, de Caritas Bangladesh.

Haïti aussi voit des ouragans de plus en plus fréquents et violents. En 2016, l’ouragan Matthew a tué le mari de Paulette ; vents et boue ont emporté tout son bétail, sa maison et une partie de son terrain. Il faut dire que la déforestation – la couverture forestière d’Haïti est réduite à moins de 2 % de son territoire – accroît l’érosion des sols, et les pluies intensifiées par les changements climatiques détériorent encore leur qualité.

 

 
Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté
Dans le village de Mbowène Soulèye, au Sénégal, des femmes sont formées à l'agroécologie par Caritas Kaolack.
 

 

« Les changements climatiques ont plusieurs effets massifs sur la pauvreté à l’échelle de la planète », analyse Henri Waisman, chercheur à l’Iddri et co-auteur du rapport du Giec 2018. « Aux impacts sur la subsistance des gens, avec la baisse des rendements et les effets liés à la multiplication des catastrophes, il faut ajouter les impacts sur l’accès à l’eau et sur la santé, qui vont aussi renforcer la pauvreté », estime-t-il.

Selon l’“Atlas mondial de la désertification” de la Commission européenne, les deux tiers de la population mondiale risquent d’être confrontés à un stress hydrique d’ici dix ans. Au Brésil, dans la zone semi-aride, « les sécheresses sont plus fortes qu’auparavant. Les habitants meurent de faim et de soif. Les Brésiliens de cette zone doivent marcher 36 jours par an pour aller chercher de l’eau », explique Valquivia Lima, de l’association Asa.
 

 La santé mentale des Haïtiens est affectée.

Dr Jean-Arioste Sylvain.

L’Organisation mondiale de la santé prévoit 250 000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050 en raison du stress thermique, de la malnutrition, de la diarrhée et du paludisme, la chaleur favorisant la prolifération des moustiques.

En Haïti, le Dr Jean-Arioste Sylvain, du centre de santé de Delatte, constate également une déprime ambiante : « La santé mentale des Haïtiens est affectée, c’est un souci quotidien de ne pas trouver de quoi manger et un choc de ne pas voir les pluies tomber. »
 

Lire, voir et écouter notre reportage : « Haïti, à l'heure des changements climatiques »


C’est aussi la conclusion du rapport “Santé mentale et changement climatique” de l’association américaine de psychologie et de l’ONG Eco America : les dérèglements climatiques créent des désordres psychologiques. Les catastrophes, notamment, peuvent créer des stress post-traumatiques. Or les personnes les plus pauvres n’ont souvent pas les moyens de se soigner et subissent de plein fouet les problèmes de santé.

 

 
Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté
Dans l'État de Pernambuco, zone semi-aride du nord est du Brésil, l'association Asa coordonne un programme de construction de citernes de stockage des eaux pluviales.
 

 

Les pénuries d’eau : ce phénomène accroît les problèmes de santé et nourrit également les conflits. « Les ressources naturelles comme l’eau ou les pâturages se raréfiant, les agriculteurs sédentaires et les éleveurs nomades se disputent de plus en plus. Les changements climatiques alimentent les guerres civiles », analyse Marc Dufumier, professeur agronome honoraire à AgroParisTech.

À titre d’exemple, en Somalie, la sécheresse de 2017 a tué au moins 40 % du bétail, provoquant les razzias d’éleveurs en quête d’un nouveau cheptel, ce qui cause des conflits. Mohammed Abdi Sahal est éleveur dans la région de Luuq, dans le sud-ouest de la Somalie : « Les gens se battent pour l’eau qui se fait rare, et j’ai vu des violences entre des clans autrefois pacifiques. J’observe aussi que les jeunes, désespérés et affamés, rejoignent plus facilement les rangs du groupe terroriste Al Shabab. Ils y voient une solution de survie. »

D’après les travaux des chercheurs américains Burke et Hsiang, à chaque demi-degré d’augmentation de la température, ce sont 10 à 20 % de risques de conflit armé supplémentaires. 

Partir ou mourir

« La seule solution est de partir et de parcourir des centaines de kilomètres, sans rien, à la recherche d’un lieu de vie », témoigne Sahara Muhamed Hudle, Somalienne de la région de Luuq. Chaque année, pas moins de 25 millions de personnes quittent leur habitat en raison des changements climatiques. Ce chiffre pourrait s’élever à 143 millions de personnes en 2050, soit 3 % de la population du globe, d’après la Banque mondiale.

« La migration va devenir le visage humain du changement climatique », écrit Kristalina Georgieva, directrice générale. Ces migrants se déplacent essentiellement à l’intérieur des frontières nationales, et souvent, les ruraux abandonnent leurs campagnes pour se rendre dans des zones urbaines, où les conditions de vie sont déplorables.

Au Bangladesh, Caritas considère que 350 000 personnes quittent chaque année les régions rurales et côtières pour Dhaka, la capitale : « Elles se retrouvent dans des bidonvilles, dans la misère. Les maladies prolifèrent. Les personnes ont des difficultés à trouver un travail et tombent facilement dans des réseaux de drogue pour pouvoir survivre », déclare Sebastian Rozario, de Caritas Bangladesh.
 

La migration va devenir le visage humain du changement climatique.

Kristalina Georgieva, Banque mondiale

« Les villes explosent, et avec la misère les gens vont partir pour d’autres pays, c’est évident », estime de son côté l’abbé Alphonse Seck, président de Caritas Sénégal. « Les changements climatiques font que rien ne pourra arrêter la migration. »

Par ailleurs, nombre de grandes villes, notamment en Asie, sont situées sur la côte et sont donc menacées par la montée des eaux. D’ici vingt-cinq ans, 20 % du territoire bangladeshi devrait être submergé. Au total on estime que 1,2 milliard de personnes en subiront l’impact dans le monde d’ici 2060. Là aussi, ce sont les plus pauvres qui sont touchés en premier lieu car ils n’ont pas de filets de sécurité.

 

 
Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté
Un bidonville de Dhaka, au Bangladesh.
 

 

Pauvres des villes ou pauvres des campagnes, tous sont fragilisés. « Et pour eux, c’est une double peine : non seulement ils sont les plus impactés, mais de plus ils ont moins de capacités d’adaptation, par exemple pour construire une digue et contenir la mer», analyse Henri Waisman, de l’Iddri.

« Nous risquons de voir un scénario d’apartheid climatique où les riches paient pour échapper aux canicules, à la faim et aux conflits, tandis que le reste du monde est abandonné à ses souffrances », a averti en juin Philip Alston, le rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains.
 

Nous risquons de voir un scénario d’apartheid climatique où les riches paient pour échapper aux canicules, à la faim et aux conflits.

Philip Alston, de l'ONU

« Il y a de fait une grande injustice », constate Sara Lickel, chargée de plaidoyer international au Secours Catholique. « Les plus pauvres sont les plus frappés par les dérèglements climatiques, alors qu’ils n’en sont pas responsables. » Selon l’ONG Oxfam, les 10 % d’habitants les plus riches de la planète rejettent la moitié du dioxyde de carbone émis dans le monde, tandis que la moitié la plus pauvre est responsable de seulement 1/10e de ces émissions.

Alors comment répondre à cette injustice en associant la lutte contre la pauvreté et la lutte contre les changements climatiques ? Le Giec lui-même le reconnaît pour la première fois dans son rapport 2018 : il faut des politiques d’adaptation aux changements climatiques qui prennent en compte l’éradication de la pauvreté et la réduction des inégalités. « On ne peut pas lutter contre les changements climatiques sans lutter contre la pauvreté et vice-versa », déclare Sara Lickel, du Secours Catholique. « Il faut limiter le réchauffement à 1,5 °C : c’est une question de survie pour des millions de personnes. » 
 

Lire notre entretien avec Valérie Masson-Delmotte, climatologue et co-présidente du groupe de travail n° 1 du Giec

Pour cela, une seule solution : transformer les systèmes actuels. « Il faut un changement radical de nos modes de consommation et de nos systèmes de production, pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre (GES) », estime Adriana Opromolla, chargée de plaidoyer à Caritas Internationalis.

Actuellement, le circuit de production du champ à l’assiette (des pesticides en passant par le transport et l’emballage) émet un tiers des GES. Les partenaires du Secours Catholique dans les pays dits “du Sud” appellent donc à une transition des systèmes alimentaires actuels vers un système agroécologique, qui se fonde sur une utilisation optimale des ressources naturelles et sur des savoirs traditionnels.
 

Il faudrait changer les règles du libre-échange. Car avec l’écart actuel de productivité entre le Nord et le Sud, il est illusoire d’aider les paysanneries du Sud à s’adapter aux changements climatiques.

Marc Dufumier, agronome

Des projets sont ainsi menés à travers le monde. À titre d’exemple, Concert’action en Haïti invite les paysans à semer des espèces qui ont peu de besoins en eau (comme les grenadines ou les poivrons) et à faire de l’agroforesterie – planter des arbres dans les cultures – afin de retenir le carbone dans l’humus des sols. La combinaison élevage/cultures peut aider aussi à fertiliser les sols grâce aux excréments du bétail.

« L’agroécologie est une solution technique pour produire davantage tout en atténuant les changements climatiques », approuve Marc Dufumier, agronome. « Mais il faudrait parallèlement changer les règles du libre-échange. Car avec l’écart actuel de productivité de 1 à 200 entre le Nord et le Sud, il est illusoire d’aider les paysanneries du Sud à s’adapter aux changements climatiques. » Seul un recours encadré aux circuits courts permettra de garantir la sécurité alimentaire face aux changements climatiques.

 

 
Les changements climatiques, catalyseurs de pauvreté
Dans l’Etat de l’Orissa, l’un des plus pauvres de l’Inde, l'ONG MASS lutte contre la pauvreté des paysans en commençant par les former aux techniques de l'agroécologie.
 

 

Autre idée soutenue par le réseau Clara : sécuriser les droits fonciers des peuples autochtones pour préserver des puits de carbone dans les forêts tropicales. À cause de l’agrobusiness, actuellement, 18 % de l’Amazonie, pourtant le poumon vert de la planète, a déjà disparu. Or « les peuples autochtones protègent l’environnement et vivent en harmonie avec la nature, ce qui permet la régénération des milieux », rappelle Luis Ventura Fernandez, du Repam.
 

Lire notre reportage : « En Amazonie brésilienne, l'identité indigène à l'épreuve de la modernité »


Enfin, il faudrait sortir des énergies fossiles combustibles et aller vers 100 % d’énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie). Pour ce faire, le secteur financier doit être incité à se mettre au service de la transition écologique.

Dans son rapport “La finance aux citoyens”, le Secours Catholique propose de rendre les activités spéculatives moins attractives au profit d’investissements d’intérêt général dans la transition écologique. « On estime que 6 200 milliards de dollars par an sont nécessaires pour adapter et transformer nos systèmes de production et de consommation. C’est à mettre en perspective avec les 15 000 milliards de dollars d’encours mondial des produits dérivés en valeur brute », s’insurge Grégoire Niaudet, l’un des auteurs du rapport.

Aux côtés de Caritas Internationalis et du réseau Action climat, le Secours Catholique participe donc chaque année aux négociations climatiques de la Cop afin d’émettre des propositions visant à ne pas dépasser le 1,5 °C d’augmentation de la température tout en respectant les droits humains. Des propositions de solutions intégrales. Car, pour reprendre les mots du pape François, « il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ».

 

Chronologie : un long chemin de négociations climatiques

1979 :
Première conférence mondiale sur le climat à Genève. Les scientifiques expriment leur inquiétude sur les effets à long terme des émissions de CO2.

1988 :
Création du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) chargé du suivi scientifique des processus de réchauffement climatique.

1992 :
Sommet de la Terre à Rio. Naissance de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et de son organe de prise de décision, la Conférence des parties (Cop).

1995 :
Première Cop à Berlin.

1997 :
Adoption du Protocole de Kyoto qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2 % en moyenne d’ici 2012, par rapport au niveau de 1990. Entrée en vigueur en 2005 :  seuls 37 pays développés s’y sont engagés.

2009 :
Échec de la Cop 15 à Copenhague. Le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des GES et n’est juridiquement pas contraignant.

2015 :
Cop 21. L’Accord de Paris a pour objectif de contenir la hausse des températures bien en-deçà de 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, et de s’efforcer de la limiter à 1,5 °C.

2018 :
Cop 24 à Katowice. Les États adoptent le manuel d’application de l’Accord de Paris.

 

Que dit le rapport 2018 du Giec ?

Le réchauffement global atteindrait 1,5 °C, par rapport aux niveaux pré-industriels, entre 2030 et 2052. Et sans adoption des mesures additionnelles nécessaires, il serait de 3 °C d’ici 2100.
Or le Giec démontre que les risques d’événements extrêmes sont plus importants à 2 °C qu’à 1,5 °C. Par exemple, à 2 °C, la montée de la mer atteindra 10 cm de plus qu’à 1,5 °C en 2100, ce qui aura des impacts humains considérables sur les millions de personnes vivant sur les côtes.
De même, les impacts sur la biodiversité, les ressources en eau et en nourriture et la santé sont moins forts dans un monde à 1,5 °C. Ce qui évitera à plusieurs centaines de millions de personnes d’être exposées à la pauvreté.
Le Giec avertit par ailleurs que si les objectifs de réduction des GES ne sont pas revus à la hausse d’ici 2030, il sera trop tard pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.
 

Ré-solutions septembre 2019

Retrouvez cette enquête sur le changement climatique dans Ré-solutions, le nouveau magazine du Secours Catholique.
Lire la version numérique de Ré-solutions
Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photos : ©Élodie Perriot / Secours Catholique ; ©Xavier Schwebel / Secours Catholique ; ©Christophe Hargoues / Secours Catholique ; ©Gael Kerbaol / Secours Catholique
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