Mamans confinées à l'hôtel : des bénévoles maintiennent le lien

Publié le 23/03/2020
Paris, Aubervilliers
Mamans confinées à l'hôtel : des bénévoles maintiennent le lien
Une maman fréquentant l'APAME (photo prise lors d'un reportage antérieur à la crise sanitaire).
 

Crise sanitaire oblige, des femmes hébergées par le 115 sont confinées avec leurs enfants dans leurs chambres d’hôtel. La plupart sont isolées et sans ressources et comptent encore sur le soutien du Secours Catholique.

« Je ne suis pas encore sortie depuis le début du confinement car j’ai peur qu’Angelo, mon fils de trois ans, touche à tout et attrape le virus », confie Justine, d’origine camerounaise, qui vit dans une chambre de 7 m², dans un hôtel à Aubervilliers. « C’est comme la prison ici. »

Heureusement, il y a les contacts numériques avec les bénévoles de l’Apame (Aide par l’alimentaire pour les mères et leurs enfants) du Secours Catholique de Paris et les autres familles : les groupes WhatsApp pour discuter, partager leur stress et leur inquiétude et, depuis le début du confinement, des appels vidéo tous les deux soirs.

« On se donne des nouvelles, on fait aussi un peu de gymnastique et on répète ensemble des gestes barrières : se laver les mains, tousser dans son coude etc. », note Alice Mayoud, bénévole. Une maman a ainsi pu demander ouvertement ce que signifiait un mètre de distance. « C’est comme un grand pas », lui a expliqué Alice. 

le colis est venu à elles

Au total, neuf mamans sont ainsi accompagnées. La plupart vivent seules avec leurs enfants, sans ressources. Difficile, dans ces conditions, de se trouver à manger. Habituellement, ces femmes viennent le samedi chercher un colis alimentaire dans les locaux du Secours Catholique de Paris. Samedi dernier, le colis leur a été apporté.

Alice et Fatima, deux bénévoles, ont rendu visite à chaque famille à l’hôtel, tout en respectant les règles strictes de sécurité sanitaire : pas de contact direct, le port d’un masque et de gants, avec l’autorisation de sortie pour « assistance aux plus vulnérables ».

« C’était difficile, certaines ont pleuré et je ne pouvais pas les consoler en les prenant dans mes bras. Elles ont peur de tomber malade et de devoir laisser leurs enfants seuls », confie Alice. 

 

Je me croyais seule avec les enfants, mais voir Alice, la bénévole, m’a donné du courage.

Hélène, recluse dans sa chambre de 7m2 avec ses deux garçons

Outre la distribution de denrées alimentaires – « certaines n’avaient plus rien à manger » –, le Secours Catholique a donné aux mamans des savons, des gants, des affiches expliquant les gestes barrières et aussi des autorisations de sortie car beaucoup ne savent ni lire ni écrire.

« Depuis, on se lave souvent les mains avec les enfants, le tout en musique, comme la conseillait Alice. On s’est filmé, ils adorent », raconte Hélène, d’origine congolaise, maman de deux garçons.

Aucune autre association n'avait jusqu’ici rendu visite aux mamans. « Je me croyais seule avec les enfants, mais voir Alice samedi, m’a donné du courage », confie Hélène.

« J’ai surtout peur que l’une d’entre elles tombe malade. Comment joindre un médecin ? Qui pour s’occuper des enfants ? Elles n’ont, pour certaines, même pas de Doliprane chez elle », s’inquiète Alice. Une chose est sûre : l’Apame ne compte pas abandonner ces mamans.
 

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Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photos : ©Steven Wassenaar / Secours Catholique
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