Pour un revenu minimum sans contreparties

Pour un revenu minimum sans contreparties

Publié le 01/10/2020
France
 

Le Secours Catholique et l'association grenobloise Aequitaz publient "Sans contreparties", un rapport qui plaide pour la mise en place d'un revenu minimum garanti inconditionnel.  Pour un filet de sécurité qui joue pleinement son rôle. 

Encourager le retour à une activité professionnelle, en contrepartie du revenu minimum, l’idée séduit dans l’opinion. Elle guide nos politiques sociales depuis 30 ans. Mais a-t-on mesuré la portée d’une telle logique ? Dans un pays riche comme la France, a-t-on vraiment conscience de condamner des foyers à vivre sans aucun soutien de la collectivité, parce qu’ils n’entrent pas dans les cases prévues pour eux ? La pauvreté est-elle un crime, qu’il faille une forme de tribunal pour juger du mérite des uns et des autres à être aidé ? 

Ces questions constituent le socle de la réfléxion menée depuis de longs mois par le Secours Catholique et l'association grenobloise Aequitaz. Elles sont nées des nombreux témoignages recueillis par les deux associations auprès de personnes allocataires du RSA. Ces dernières racontent l’obligation de se justifier en permanence, l’insécurité que fait peser sur elles le risque de voir leur seule ressource réduite ou suspendue pour un justificatif manquant, un rendez-vous raté. Elles racontent le stress constant, les sentiments d'humiliation, d'injustice et enfin l'abysse dans laquelle les plonge la perte brutale du RSA. 

Germe alors une conviction au sein des deux associations, confortée par la crise du Covid-19 et le confinement : pour jouer pleinement son rôle de filet de sécurité, le revenu minimum ne peut être un outil incitatif pour le retour à l'emploi. Il fallait documenter le sujet, en comprendre l’histoire, en saisir les arguments. C'est la genèse du rapport publié jeudi 1er octobre par le Secours Catholique et Aequitaz : « Sans contreparties - Pour un revenu minimum garanti ».

 

Sans contreparties - Pour un revenu minimum garanti

« Ce rapport ne fera pas l’unanimité », considèrent le Secours Catholique et l'association Aequitaz, qui en sont les auteurs. Car les deux associations mesurent combien des années de discours rendant les pauvres responsables de leur situation ont pu légitimer dans l’opinion l'idée qu’on leur demande toujours plus de preuves de leur volonté de s’en sortir en échange d’une « aide sociale ». Ce travail d'enquête et de réflexion, avec des personnes allocataires du RSA, prend à contrepied cette logique de contrepartie qui régit nos politiques publiques depuis 30 ans.
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Crédits photos : ©Sébastien Le Clézio / Secours Catholique ; ©Xavier Schwebel / Secours Catholique
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