Comment des personnes se retrouvent-elles progressivement éloignées de l’emploi ?
L’éloignement du marché de l’emploi ne se résume pas au chômage : il recouvre une diversité de situations et résulte souvent d’un processus progressif marqué par l’accumulation de difficultés. Dans un marché du travail de plus en plus précaire (contrats courts, temps partiels, faible rémunération et précarisation du CDI et du statut de travailleur indépendant), le travail ne constitue plus systématiquement une protection contre la pauvreté. La maladie, notamment, peut durablement éloigner de l’emploi et fragiliser les conditions de vie. Face à ces réalités, les politiques d’activation et de sanction montrent leurs limites et vont à l’encontre d’une dynamique juste d’insertion sociale.
En conséquence, le Secours Catholique demande aux pouvoirs publics de changer de paradigme en sortant d’une logique de suspicion, de contrôle et de défiance pour aller vers une logique de confiance afin de garantir l’effectivité des droits. Pour ce faire, il est indispensable de supprimer l’obligation des quinze heures d’activité hebdomadaires pour les allocataires du RSA dans le cadre de la loi dite de « Plein-Emploi » et d’abroger le décret du 30 mai 2025 relatif aux sanctions.
Les dispositifs d’accompagnement doivent être réhumanisés et de qualité pour répondre de manière efficace et globale aux besoins des personnes en situation de pauvreté ou d’exclusion. Cet accompagnement doit être notamment renforcé lors des transitions (déménagement, séparation, etc.) et les démarches de reconnaissance de handicap et d’inaptitude au travail pour raisons de santé doivent être allégées afin de sécuriser les parcours de vie.
Le Secours Catholique demande aux pouvoirs publics de revenir sur les dernières réformes de l’assurance chômage qui ont limité l’accès à une indemnisation chômage, appauvri les chômeurs, renforcé les conditionnalités et exclu certaines catégories, contribuant ainsi au basculement de personnes sans emploi vers l’inactivité.
Enfin, la perception du RSA ne peut pas être considéré uniquement comme une étape temporaire destinée à favoriser le retour à l’emploi. Cette vision ne tient pas suffisamment compte de la diversité des situations et des parcours des personnes en situation de précarité. Pour certains, le RSA permet de surmonter une période difficile, de construire un projet professionnel ou de retrouver progressivement un emploi. Mais pour d’autres, il constitue une ressource, bien que trop faible, indispensable sur le long terme, notamment lorsqu’un retour à l’emploi est difficile ou impossible en raison de problèmes de santé, d’un handicap ou de responsabilités d’aidant auprès d’un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Le Secours Catholique défend ainsi une approche qui prenne davantage en compte la réalité et la diversité des situations de pauvreté. Il demande notamment que le RSA soit revalorisé à hauteur de 50 % du revenu médian et indexé sur le Smic, accessible aux jeunes de 18 à 25 ans sans l’obligation d’avoir un enfant à charge et que les aidants sans emploi puissent bénéficier de droits similaires à ceux des aidants salariés.