Dans quelles mesures les difficultés d’accès à un logement stable et digne contribuent-elles à la pauvreté ?

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Le mal-logement est à la fois un marqueur et un facteur de pauvreté : l’absence de logement stable peut faire basculer les personnes dans une précarité extrême, tandis que la pauvreté rend l’accès et le maintien dans un logement plus difficiles. Les situations d’hébergement précaire progressent et touchent particulièrement les ménages étrangers, les familles et les personnes les plus vulnérables. Même lorsqu’un logement stable est assuré, le coût du logement et des charges pèse de plus en plus lourd sur des budgets déjà très contraints et peut conduire à l’endettement. Le logement joue ainsi un rôle central dans les trajectoires de pauvreté et peut alimenter une véritable dynamique de précarisation entre difficultés économiques et précarité résidentielle. 

Pour stopper la triste escalade du sans-abrisme et du mal-logement dont il est témoin depuis une décennie, le Secours Catholique demande d’une part de relancer la production de logements sociaux en adoptant une loi sanctuarisant la production d’au moins 150 000 logements par an, dont 60 000 très sociaux, en lançant un troisième plan quinquennal « Logement d’abord » pour faciliter l’accès rapide au logement des personnes sans domicile et en renforçant et faisant appliquer l’article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) afin de favoriser la mixité sociale sur l’ensemble du territoire français. 

Le Secours Catholique demande aux pouvoirs publics de mettre fin au sans-abrisme en réhaussant immédiatement les capacités d’hébergement de 50 000 nouvelles places, en lançant une commission d’enquête parlementaire sur les pratiques de priorisation des demandes d’hébergement d’urgence et de fin de prise en charge. L’instauration d’un vaste plan d’humanisation des structures d’hébergement pour garantir des conditions d’accueil dignes et le développement d’accueils de jour et d’autres services de veille sociale favoriseraient l’accès des personnes sans domicile à des biens et services essentiels. 

De plus, la lutte contre la cherté du logement doit être enclenchée en rendant le dispositif d’encadrement des loyers obligatoire dans l’ensemble des marchés immobiliers en tension, en permettant aux territoires volontaires d’expérimenter l’encadrement des prix du foncier, en soutenant le développement des offices fonciers solidaires (OFS) et en accélérant l’accession sociale à la propriété. 

Enfin, afin d’éviter que les charges liées au logement soient un facteur de précarisation des ménages aux ressources les plus modestes, il est essentiel de revoir les dispositifs de soutien à ces ménages. Le Secours Catholique demande une revalorisation du chèque énergie jusqu’à 700 euros afin qu’il couvre une part réellement significative des dépenses énergétiques, un élargissement de son accès aux 30 % des ménages les plus modestes et la garantie de son attribution effective à tous les ménages éligibles, y compris en colocation ou en situation de logement atypique. Au-delà de ces mesures d’urgence, il est essentiel d’agir sur les facteurs structurels de la précarité induite par le logement en accélérant la rénovation des passoires thermiques pour arriver à l’objectif de 700 000 rénovations globales et performantes par an, en levant les freins pour les propriétaires très modestes et modestes (diminution du reste à charge, augmentation de l’avance des aides).