Au Cambodge, résister à l'accaparement foncier
Une concession minière dans la province de Mondulkiri dans l'est du pays, des plantations de palmiers à huile à Koh Kong dans l'ouest, ou encore des infrastructures portuaires et touristiques à Kampot dans le sud : aux quatre coins du Cambodge, dans les zones rurales, les communautés vulnérables se voient confisquer leurs terres au nom du développement économique.
« Le gouvernement les concède à des investisseurs étrangers, parfois sur fond de corruption, sans respecter les normes internationales sur les droits humains et environnementaux, explique Margaux Ginestet, chargée de partenariat international au Secours Catholique. Concrètement il ne prend pas en compte le fait que des populations vivent ici et il les privent de leurs sources de revenus comme la pêche ou l’agriculture. »
STT, partenaire spécialisé dans la défense des droits fonciers des communautés au Cambodge, agit donc sur place, main dans la main avec d'autres associations, en vue de rendre visibles ces communautés. Le projet s'inscrit dans le programme CoRé (Communautés résilientes) du Secours Catholique, un programme qui vise une transition écologique juste dans le monde.
Ces communautés jouent un rôle important dans la protection des ressources naturelles.
Car les accaparements de terre au Cambodge ont à la fois un impact humain et environnemental. « À Mondulkiri, la communauté autochtone Bunong vit sur ces terres depuis des générations avec des pratiques agricoles traditionnelles, analyse Tola Khun, chargé de plaidoyer à STT. Les projets miniers en cours polluent leur eau, ce qui nuit à leur santé. Cela pousse les habitants à partir et risque de mettre à mal leur identité autochtone. Ces communautés jouent pourtant un rôle important dans la protection des ressources naturelles. »
L'association sensibilise les populations (plus de 1500 familles) dans les trois provinces concernées à leurs droits fonciers via des formations juridiques. « Nous travaillons avec les communautés afin qu'elles soient en mesure de faire valoir elles-mêmes leurs droits, poursuit Tola Khun. La mise en place de cartes communautaires les aide à prouver qu'elles habitent ici depuis des générations et à demander des titres fonciers. »
Une autre organisation partenaire met à disposition des avocats afin qu’ils aident les communautés à demander leurs titres devant les tribunaux. STT veille aussi à apporter un soutien psychologique « afin de soutenir les communautés et de les encourager » selon le chargé de plaidoyer de l'association. STT sait que le travail est long. Même si c’est un peu David contre Goliath, il permet de donner de la visibilité aux communautés minoritaires et de les aider à faire entendre leur propre voix.
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