Vacances : une occasion de changer d'air et de peau
C’est l’heure de l’apéro. Dans la salle de vie du gîte Volcaflore, une jolie bâtisse située au cœur du massif du Sancy, dans le parc régional des volcans d'Auvergne, l’atmosphère est festive. Assis devant le feu qui crépite, accoudés au comptoir du petit bar ou déjà installés autour de la table dressée pour le dîner, une douzaine de vacanciers récupèrent d’une journée de visites bien dense. Dans la cuisine attenante, quelques autres terminent de préparer le repas. Ce soir, il y a un concours de tartes aux pommes.
Dans le brouhaha, René, animateur au Secours Catholique, tente de se faire entendre. « Réfléchissez au programme de demain ! On décidera ensemble tout à l’heure ! » Dans un coin de la pièce, trône un paper board où sont affichées les différentes propositions : visite du Château-Dauphin à Pontgibaud ou du volcan de Lemptégy, balade/baignade au lac de Servières, montée au Puy des Goules… Concernant l’une des options, René précise : « Je vous préviens, il y a un petit chemin, mais c’est plat. » « Oh non, pas un petit chemin ! », réagit en riant Jacqueline, 63 ans, encore traumatisée par la promenade du jour : « On sait ce que c’est avec René. Quand il dit « un petit chemin avec peu de dénivelé », c’est tout l’inverse ! »
s'évader
À voir l’ambiance, les discussions plus ou moins animées, les blagues qui fusent… On imagine difficilement que ces personnes, pour la plupart, ne se connaissaient pas il y a trois jours. Toutes vivent dans différents villages et petites villes du Jura. Beaucoup sont isolées, à l’image d’Aurélie, 35 ans, qui depuis six ans et le décès de sa mère, vit seule de l’allocation aux adultes handicapée (AAH). La jeune femme s’est inscrite car « la vie de groupe (lui) faisait envie ». Philippe, 56 ans, lui aussi seul et allocataire de l’AAH, souhaitait pour sa part changer d’air. « Je ne quitte jamais Saint-Claude, la ville où je vis, je n’ai pas les moyens. Voir tout le temps les mêmes choses, la routine… C’est un peu déprimant. Parfois on a des pensées noires. Venir ici, c’était l’occasion de changer un peu de paysage. »
S’évader, voir du monde, c’est dans ce double objectif que le Secours Catholique du Jura a organisé ce séjour. « Il y avait l’idée de proposer des vacances à des personnes qui ne peuvent pas partir, soit pour des questions financières, soit à cause de problèmes de mobilité, explique René, à l’initiative du projet. Et, sachant que beaucoup d’entre elles subissent la solitude, on avait envie de leur proposer une aventure collective. »