Dans le Tarn, sortir les personnes âgées de leur isolement
« On va commencer par une devinette. Quelle lettre se lance dans tous les sens ? », interroge Françoise. Autour de la grande table, les propositions vont bon train. « Le " o" », répond l’un. « Le "l" », suggère une autre. « On va avoir droit à tout l’alphabet », plaisante Françoise. Une femme aux cheveux ondulés et au chemisier fleuri lève la main : « Le "d", comme un dé ». « Bravo Odile ! Écrivez bien tous la bonne réponse sur votre feuille », lance l’animatrice.
Dans le réfectoire d’une maison de retraite, à Rabastens, dans le Tarn, une douzaine de résidents participent à un atelier d’expression écrite animé par une équipe de bénévoles du Secours Catholique. Pour passer un moment convivial autour de l’écriture, Françoise, l’une des bénévoles, a apporté des feuilles blanches, des trousses remplies de stylos et de feutres ainsi que des magazines de mots fléchés. S’ensuivent toute l’après-midi jeux de mots, charades et textes à trous « Ça fait du bien aux mains », se réjouit Odile, 80 ans. « Et à la tête ! Ça nous occupe », abonde Hélène, 69 ans, qui a quitté la solitude de son studio pour une place en Ehpad il y a un an. « Ça entretient l’intelligence », renchérit Rose, 83 ans, qui attend un coup de fil de sa fille. « Elle vit trop loin pour me rendre visite ». À défaut de revoir ses proches, la femme en fauteuil leur envoie des lettres. « J’écris dans un journal intime mes souvenirs aussi. Même si ma mémoire me trahit parfois ».
On leur offre de la compagnie.
Dans les deux maisons de retraite de la ville, l’équipe du Secours Catholique organise également des ateliers de lecture, de confection de tricot et de composition florale. « On essaie de soulager leur solitude », explique Evelyne, une bénévole, sensibilisée dès son plus jeune au problème de l’isolement des seniors. « Chaque premier de l’an, avec ma grand-mère, on allait rendre visite aux personnes âgées qui vivaient seules et on leur remettait un paquet surprise. C’était une manière de leur dire qu’elles n’étaient pas abandonnées ».
Vers 16h, à la fin de l'atelier, l'équipe de bénévoles se rend au chevet des résidents de l'Ehpad alités dont l’état de santé ne leur permet pas de prendre part aux activités manuelles et collectives. « On leur offre de la compagnie. On se sait attendu, confie Evelyne. On les suit jusque dans leurs derniers instants ».