Fraternibus : « On rompt la solitude individuelle mais aussi l’isolement collectif »
Il est 14h passées, au square de la Bourdonnay, situé juste derrière la gare de Vannes. Comme chaque jeudi depuis bientôt cinq ans, Jean-Eudes, bénévole au Secours catholique, a garé le Fraternibus au cœur de ce quartier populaire. Rejoint par Irena et Basile, également bénévoles, il a disposé quelques tables et déplié des chaises. Basile a préparé le café et des biscuits.
Peu à peu, les habitués arrivent. Certains habitent le quartier, à l’image de Michel, Timothée ou Jean-Philippe. D’autres, comme Françoise ou Katell, viennent de plus loin par simple envie de voir du monde et de discuter. Parmi celles et ceux qui partagent ce moment de convivialité, beaucoup vivent isolés.
« Plutôt que les personnes doivent aller chercher l’aide ou le lien dont elles ont besoin, c’est nous qui nous déplaçons », explique Basile : « Cela permet de toucher des personnes qui n’osent pas pousser la porte des associations, qui n’imaginent pas qu’on puisse s’intéresser à leurs problèmes. »
Un manque cruel d’animation
Pourquoi ce quartier ? « Parce qu’il est relativement loin du cœur de ville et que contrairement à d’autres quartiers également populaires, il manque cruellement d’animation : pas de magasins, pas de maison de quartier, pas de centre social, décrit Jean-Eudes. En venant ici, on rompt la solitude individuelle mais aussi l’isolement collectif. On participe à la vie du quartier. »
Le Fraternibus est devenu un lieu d’accueil reconnu. « Des intervenants sociaux, comme le point relais santé, en profitent pour venir échanger avec nous et les personnes accueillies », indique Mireille Wilhem-Le Gallo, animatrice de réseaux au Secours catholique de Vannes.
Ce rendez-vous hebdomadaire est souvent une porte d’entrée dans l’association. Parmi les personnes habituées, certaines ont ainsi intégré d’autres activités, comme le théâtre ou les repas repas partagés, ou sont devenues bénévoles. « Des accompagnements, plus ou moins longs et compliqués, ont également pu être mis en place (aide à la recherche d’emploi, aide administrative, orientation vers des partenaires...) », précise Mireille.