Myanmar : une crise humanitaire toujours criante

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Une crise oubliée : c'est ainsi que l'on peut qualifier la crise humanitaire en cours au Myanmar (Birmanie) en proie à une guerre civile depuis début 2021. Alors que 3,7 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, ce sont plus de 16 millions qui ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence. Le Secours Catholique continue de soutenir son partenaire historique, Caritas Myanmar.
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© Caritas Myanmar
© Caritas Myanmar

Plus de 100 000 morts : tel est le bilan dressé début juillet par ACLED  après cinq ans de guerre civile au Myanmar (Birmanie). D’après cette ONG américaine spécialisée dans le suivi des conflits armés, plus de 1200 groupes armés distincts sont désormais impliqués. Le conflit s'est propagé à tout le pays, « l'armée prenant pour cible des écoles, des cliniques, des prisons » via des attaques aériennes. 

Depuis que la Chine a apporté son soutien à la junte birmane l'an dernier, la situation semble tourner en faveur de l’armée. Le chef des putschistes est devenu président en début d'année à l'issue d'un processus électoral controversé qui a fait plus de 700 morts selon le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme. Ces derniers mois, toujours selon ACLED, « l’armée birmane a multiplié les arrestations, les destructions et les pillages de biens, ainsi que les attaques ciblées contre des civils, tout en poursuivant ses bombardements aveugles. »

Le conflit a tout détruit 

Le bilan humanitaire de cette crise est catastrophique avec, selon l’ONU, plus de 3,7 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays (sans compter ceux qui ont fui dans les pays voisins comme la Malaisie ou la Thaïlande), et une personne sur cinq en situation d'insécurité alimentaire. « Le conflit a tout détruit : les populations n’ont plus ni agriculture, source de revenus, ni transport, ni santé, ni éducation, explique le directeur du partenaire du Secours Catholique sur place. Chaque Birman est concerné d'une manière ou d'une autre par la guerre. Et les habitants qui bougent sont confrontés au risque de traite des êtres humains. »

Même si certains déplacés commencent à regagner leurs foyers, le fait que le conflit évolue en permanence - et avec lui les bombardements - crée de nouveaux mouvements de population. S'ajoutent à cette guerre civile les catastrophes naturelles comme les inondations et les cyclones, accrus par les changements climatiques, ainsi que le séisme du 28 août 2025. Mesurée à 7,7 de magnitude, il a impacté plus de 5 millions de personnes dans le centre du pays. La Caritas birmane soutenue par le Secours Catholique a alors apporté une aide aux sinistrés via la mise en place d'abris et de latrines temporaires, d’accès à l’eau et à l'assainissement, et la distribution de nourriture et d'articles ménagers. Aujourd’hui, elle soutient encore les habitants afin qu’ils puissent relancer leurs activités économiques et reconstruire leurs maisons.

Penser l’avenir

Au-delà de l'aide humanitaire d'urgence, Caritas Myanmar pense aussi au développement. « Nous veillons à sauver des vies en réponse aux crises, mais aussi à réfléchir à l'avenir en assurant des moyens de subsistance aux populations, » explique le partenaire local. C'est pourquoi le Secours Catholique soutient trois autres projets de l’ONG : l'un sur la cohésion des déplacés et des populations hôtes dans l'Etat de Kayah (peu accessible aux autres ONGs) en s'appuyant sur la mise en place de l'agroécologie ; l'autre sur la défense des droits fonciers permettant d'assurer des moyens de subsistance dans les États de Kayah, Kayin et Shan du Sud ; et le troisième enfin sur le retour des déplacés dans leurs villages d'origine dans l'Etat Kachin, théâtre de précédents conflits avant le début de la guerre civile il y a cinq ans.

Au total la Caritas birmane est venue en aide à plus d’un million de personnes au fil des années. Le plus grand défi pour ses équipes consiste à intervenir dans toutes les régions du pays, aussi diverses que reculées soient-elles, malgré la guerre. « Il faut assurer la sécurité de nos salariés et bénévoles qui passent d'une zone à l'autre, et rester neutre », indique un représentant du partenaire local. 

L’ONG a par ailleurs souffert de la baisse des financements internationaux de l'aide au développement malgré une crise humanitaire grandissante. Le Secours Catholique continue ainsi de soutenir ce partenaire historique dont le but est « d’accompagner les personnes qui souffrent de cette crise prolongée et des catastrophes naturelles ».

Crédits
Nom(s)
Cécile Leclerc-Laurent
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