Baromètre 2026 de la fraternité : relever le défi de la défiance

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Pour la huitième année consécutive le Labo de la fraternité publie en partenariat avec le Secours Catholique son baromètre de la fraternité. Une édition 2026 qui pointe une société de plus en plus marquée par la fragilisation du lien social, la défiance et une relation plus tendue à l'altérité, mais qui ne se détourne pas de l’idéal de fraternité.
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l'analyse du Secours Catholique

« SANS LA CONFIANCE, RIEN NE PEUT SE FAIRE. RIEN NE CHANGERA ». « LA CONFIANCE, C’EST LA BASE DE TOUT, MAIS ELLE SE CONSTRUIT ».

Ces mots issu du texte « La confiance, clef de toutes relations »1, écrit avec des personnes ayant l’expérience de la précarité résonnent particulièrement à la lecture de ce baromètre. On y découvre notamment que seuls 1% des français accordent leur confiance à la plupart de leurs concitoyens! Une claque ! Dès lors, comment faire corps quand le poison de la défiance plonge notre société en plein doute sur ses valeurs et sur sa capacité même à se parler et à se mettre d’accord ?  

« LA PREMIÈRE CHOSE, C’EST DE NOUS RENCONTRER POUR NOUS CONNAÎTRE » 

Une des clés pour cette rencontre est d’avoir des lieux de fraternité. Et l’un des facteurs mis en avant par les français dans ce baromètre pour que la fraternité s’exprime dans un lieu est qu’il y ait une diversité de personnes qui s’y retrouvent. Cela pourrait sembler aisé si l’on considère comme 84% des français que la France est un pays de diversité…

Mais c’est aujourd’hui un sacré défi dans la mesure où la diversité est le plus souvent vue comme générant des problèmes (73%). En outre, créer des espaces de dialogue et de rencontre où les plus pauvres sont présents et acteurs peut sembler être une vraie gageure et conforte donc notre rôle pour le permettre. En effet, à la lecture du Focus sur les lieux de fraternité, les plus pauvres ont plus de mal que les autres à identifier et trouver des espaces dans leur vie quotidienne où la fraternité s’exprime (ex : moins 30 points par rapport aux plus aisés concernant les lieux de culture, de sports ou encore d’associations). 

Nous sommes pourtant témoins, au Secours Catholique, qu’il est possible de relever ces défis en créant des oasis de dignité et de fraternité où la diversité est une richesse.  En étant témoins que la confiance peut s’installer dans ces espaces, nous sommes convaincus qu’à une échelle plus large, une société où l’on réveille la confiance est possible.  

« DANS NOS GROUPES, LE RESPECT DE L’AUTRE EST TRÈS IMPORTANT » 

Une fois réveillée, cette confiance doit être préservée. Le respect est « la base qui protège cette confiance. Respecter l’autre, c’est reconnaître sa valeur, ses limites, ses choix sans vouloir le changer ou le juger2 ». Cette notion de respect est d’ailleurs plébiscitée dans le baromètre comme valeur la plus importante à transmettre pour construire une société plus fraternelle et elle est un ciment au sein des groupes qui se retrouvent au Secours Catholique : « On ne méprise personne, on accepte l’autre tel qu’il est, même si on n’est pas instruit, même si on ne sait pas bien parler, on a tous la même valeur […] ».  

« LA CONFIANCE, ELLE SE CONSTRUIT EN FAISANT DES CHOSES ENSEMBLE ». 

C’est également en agissant ensemble que l’on tisse ces liens de confiance et que l’on bâtit la fraternité. Le baromètre offre tout de même quelques notes d’optimisme en ce sens. En effet, 74% des français se disent prêts à échanger et agir davantage avec des personnes différentes, et le fait de coopérer et d’agir ensemble est ainsi facilement associé avec la notion de fraternité (placé en 3e position, derrière l’entraide entre les citoyens puis le respect et la reconnaissance de l’autre).  

 « CETTE CONFIANCE, NOUS DONNE LA FORCE D’ALLER ENSEMBLE VERS LES AUTRES, VERS LES PAUVRES ET VERS LES RICHES, DE LES INVITER ET D’ESPÉRER UN MONDE MEILLEUR SANS EXCLUSION » 

L’édition 2026 du baromètre nous éclaire d’une nouvelle donnée. 64% des français en moyenne estiment avoir l’énergie pour aller vers les autres. Ce chiffre baisse à mesure que le niveau de vie diminue. Or c’est bien cette confiance qui « donne la force d’aller vers les autres » pour bâtir la fraternité. En réveillant la confiance, et en créant les conditions pour qu’elle soit partagée avec toutes et tous, nous réveillons également notre capacité à créer des liens, notre capacité collective à agir, inventer et proposer des solutions pour rendre nos territoires et notre monde plus justes et fraternels. Pour 2026 et 2027, en plus de ses actions avec les plus pauvres et à partir des enseignements qu’il en tire, le Secours Catholique souhaite ainsi être un « (R)éveilleur de confiance ». Ce réveil doit aussi être celui de l’État que nous appelons de nos vœux à prendre à bras le corps l’éradication de la misère comme réponse à l’objectif de cohésion sociale qui doit être une boussole pour son action. 

1 La confiance, clef de toute relation -  Texte écrit par le groupe « Place et Parole des Pauvres » de l’Université de la Solidarité et de la Diaconie – Réseau Saint Laurent - Secours Catholique – avec la participation d’Antoine, Brigitte, Claudine, Corinne, Jeannine, Josette, Linda, Maryvonne, Mireille, Nicole et Nicole, Olivier, Patrick, Pierre, Pierrette et Sébastien. 

2 La confiance pour moi – Michel-Ange Pastor, bénévole du SCCF ayant l’expérience de la précarité – juillet 2025  

 

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