Christian, bénévole : « Mon projet est d’améliorer la place des personnes dans la société »
« Retraité du secteur médico-social – anciennement directeur d’un établissement pour personnes handicapées ici, à La Réunion – je cherchais à faire du bénévolat et j’ai trouvé au Secours Catholique une équipe dynamique et intéressante.
On m’a proposé d’animer des ateliers sociolinguistiques à la Kaz Fraternelle, deux fois par semaine. Cela consiste à accueillir toute personne qui souhaite progresser dans sa communication orale et écrite en français. Plus particulièrement, mon projet est d’améliorer la place et le rôle des personnes dans la société. Je travaille sur leurs compétences et également sur leur image, afin qu’elles prennent conscience de leurs richesses et qu’elles apprennent à les mettre en avant. Outre les cours que je dispense, j’essaie donc d’identifier les différents besoins des apprenants, pour y répondre directement ou bien les orienter vers les autres ressources proposées par la Kaz Fraternelle, notamment en termes d’accompagnement aux démarches administratives.
Ma spécialité à moi étant l’inclusion des personnes handicapées, j’essaie aussi de mettre à profit mes compétences dans ce domaine. Dans mon atelier, trois personnes sont reconnues travailleurs handicapés. Par conséquent, je les accompagne dans leur recherche d’un job, soit directement dans le milieu ordinaire, soit dans des établissements spécialisés. C’est le cas de Guillaume.
C’est une belle réussite pour lui, et pour moi une fierté d’avoir pu participer à sa progression.
Cela a été un accompagnement long. Guillaume est quelqu’un d’attachant, si bien que j’ai d’abord créé avec lui un lien assez fort, ainsi qu’avec sa famille. Guillaume n’accorde pas beaucoup d’importance aux cours en tant que tels, il est surtout là pour vivre des choses avec les gens, prendre du plaisir, enrichir ses relations. Il s’évade facilement du cours. Mais petit à petit, on a pu construire ensemble un vrai programme d’insertion, en lui faisant effectuer plusieurs stages. Il a ainsi réussi à faire sa place au sein d’un Esat (Établissement ou service d’aide par le travail), dans un atelier de composants électroniques. Il envisage maintenant un changement d’atelier, et son établissement est en train de travailler à son insertion complète dans une entreprise de droit commun, dans le secteur du nettoyage.
Ce recrutement lui permet d’avoir une garantie de ressources équivalente au Smic. Ce qui n’était pas le cas avant : avec son allocation aux adultes handicapés (AAH), il avait du mal à joindre les deux bouts. Cet emploi est un gros, gros soulagement pour sa mère, pour qui l’inquiétude, comme pour tous les parents d’enfants handicapés, est pour l’après, quand ils ne seront plus là. Guillaume fait maintenant partie d’une association – Frédéric Levavasseur, très connue ici à La Réunion : il a désormais la certitude d’avoir son parcours géré tout au long de sa vie. C’est une belle réussite pour lui, et pour moi une fierté d’avoir pu participer à sa progression. »