Oussama : « 80% des Syriens dépendent encore de l’aide humanitaire »
Plus d’un an et demi après le renversement du régime de Bachar al-Assad, la vie quotidienne des habitants de la Syrie est difficile et les choses les plus basiques sont pratiquement inaccessibles, explique Oussama Chourbagi, directeur de l’association humanitaire syrienne MARS, qui cite la restauration des systèmes éducatif et sanitaire comme « chantiers prioritaires ». Après plus de 14 ans d’une guerre qui a fait environ 700 000 morts et détruit une très grande partie des infrastructures, la tâche est monstrueuse : il faut reconstruire des maisons, remettre des écoles et des hôpitaux en état, rétablir l’électricité et répondre aux pénuries de nourriture et de médicaments, énumère ainsi Oussama Chourbagi.
Paix sociale fragile
Durant la guerre, la population syrienne s’est considérablement appauvrie. Aujourd’hui, près de 90 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et 15 millions d’entre eux dépendent de l’aide alimentaire pour survivre, selon les Nations Unies. Dans ce contexte, un grand nombre d’enfants sont contraints de renoncer à aller à l’école pour travailler, le plus souvent dans des conditions pénibles, afin de subvenir aux besoins de leur famille, souligne Oussama Chourbagi. « Ils sont ainsi privés de leur droit à l’éducation », regrette-t-il.
Pour endiguer l’extrême pauvreté en Syrie, le partenaire du Secours Catholique appelle à une levée totale des sanctions et à des investissements internationaux pour relancer l’économie du pays. Autre défi de taille : consolider la paix dans cette mosaïque ethnique et religieuse. Il faut également agir pour aider plus de 1,5 million de réfugiés, de retour dans leur pays depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, à se réinsérer socialement et économiquement.