Serge, sinistré : « Tout est dans la boue. »
« Je vis dans cette maison depuis les années 1980, à quelques centaines de mètres d’une digue de la Garonne. Ce n’est pas ma première inondation mais celle-ci était très violente. Je regardais la télévision quand le courant a sauté. Je suis allé dans l’arrière-cuisine pour vérifier le compteur et l’eau était déjà très haut. Devant la véranda, le courant était si puissant que les vitres ont cédé sous la pression. Même une bétonnière a été déplacée sur plusieurs mètres dans le jardin. Alors que l’eau atteignait 1m80 en début de matinée, j’ai été secouru par un canot des pompiers.
Une amie m’a hébergé pendant plusieurs jours puis mon assurance m’a permis de louer un mobil-home pour 600 euros par mois. Je n’y reste que pour dormir et me préparer à manger mais ce n’est pas idéal. Surtout que je me déplace péniblement avec ma canne.
Revenir ici me donne le cafard
Avant, je vivais dans ma maison de 120m2, aujourd’hui j’ai l’impression d’être en cage. Ici, j’avais installé mon atelier de réparation automobile, un bureau pour mon activité de magnétiseur, une serre avec des animaux et une chambre froide où j’entreposais la viande que je chassais. J’organisais de grands banquets pour 50 personnes. J’ai tout perdu : les meubles, deux tracteurs et une voiture. Dans la maison, l’eau stagne encore dans la baignoire et les tiroirs. L’humidité imbibe toutes les pièces et tout est dans la boue. Mais l’assurance me dit de ne rien toucher avant la venue des experts pour estimer l’ampleur des travaux. J’attends surtout qu’ils viennent m’aider à évacuer tous les déchets, car tout seul, je ne peux rien faire. J’avais mis le terrain en vente quatre mois avant l’inondation. Vu l’ampleur des dégâts, je ne le vendrai pas. Revenir ici me donne le cafard et je suis sous anti-dépresseurs. Sans ces cachets, je ne sais pas ce que je ferais. »