Pourquoi le taux de pauvreté ne suffit-il pas à décrire précisément les différentes formes de pauvreté ?
Le Secours Catholique appelle à reconnaître la pauvreté au-delà des seuils et taux de pauvreté monétaires actuels. Il est indispensable de se doter d’un ensemble d’indicateurs capable de mesurer le phénomène le plus justement possible, articulant sa prévalence, son intensité et la diversité des situations qui la composent, mais aussi les besoins réels des ménages, à l’image des travaux du CNLE sur les budgets de référence. En complément, les enquêtes sur les budgets des ménages, qui permettent d’établir le poids des dépenses contraintes dans le budget des ménages ainsi que le reste à vivre, pourraient être réalisées de façon plus régulière, notamment en contexte de forte inflation. Cela permet de saisir des situations de pauvreté invisibles au seul seuil monétaire : un ménage peut se situer au-dessus du seuil de pauvreté tout en disposant d’un reste à vivre extrêmement faible, comme en témoigne la fréquence des impayés parmi les ménages les moins pauvres rencontrés par l’association .
L’étude de l’évolution de ce panel d’indicateurs devrait ainsi constituer la première étape d’une politique effective de lutte contre la pauvreté, permettant aux responsables politiques de se doter d’objectifs précis, chiffrés et évaluables dans le temps.
De plus, la diversité des situations décrites dans le rapport, des ménages sans ressources aux ménages aux budgets structurellement contraints par des charges fixes croissantes, appelle des réponses différenciées, articulant des interventions d’urgence (hébergement et mise à l’abri, accès aux droits, aide alimentaire) et des réformes structurelles de long terme (revalorisation des prestations sociales, lutte effective contre le non-recours aux minima sociaux, accès au logement stable).
Enfin, les situations de grande pauvreté et d’exclusion rencontrées par l’association rappellent l’urgence de renforcer les dispositifs de solidarité existants. Les minima sociaux, bien que jugés indispensables par la grande majorité des Français (82 %), demeurent aujourd’hui insuffisants pour garantir des conditions de vie dignes. Il est donc nécessaire de revaloriser significativement le RSA et d’élargir son accès à l’ensemble des 18-25 ans, aujourd’hui majoritairement privés de ce filet de sécurité. Cela permettrait d’assurer à toutes et à tous un socle de ressources minimum, véritable garantie contre l’extrême pauvreté.