Le long chemin vers l’égalité des droits des femmes
Le combat des femmes pour obtenir les mêmes droits et la même reconnaissance que les hommes a parcouru un long chemin. Droit de vote, accès au travail, égalité salariale, liberté de disposer de son corps ou lutte contre les violences, chaque avancée est le résultat de luttes sociales et de revendications politiques menées de longue date. Ces droits restent pourtant fragiles dans notre société et ne sont jamais totalement acquis. Chaque année, la journée du 8 mars vient rappeler l’importance de poursuivre ce combat. Loin d’être une fête commerciale, cette journée internationale est un temps fort de mobilisation, de sensibilisation et d’action pour défendre l’égalité entre les femmes et les hommes.
Ces victoires qui ont transformé le droit des femmes
Les femmes ont longtemps été privées de nombreux droits fondamentaux. En 1804, le Code civil napoléonien déclare l’incapacité juridique de la femme mariée. Elle dépend alors de l’autorité de son père puis de celle de son mari, sans réelle autonomie dans sa vie quotidienne, financière ou professionnelle. Les femmes ne peuvent alors ni gérer librement leurs biens, ni travailler sans autorisation, ni participer à la vie politique.
Au fil de l’histoire, les luttes féministes et les mobilisations sociales vont profondément transformer cette situation. En 1944, les Françaises obtiennent enfin le droit de vote et deviennent pleinement citoyennes.
Et les avancées se multiplient : droit d’ouvrir un compte bancaire et de travailler sans l’accord du mari en 1965, légalisation de la contraception en 1967, ou encore reconnaissance du principe « à travail égal, salaire égal » en 1972.
Peu à peu, les femmes accèdent à davantage d’indépendance économique, de liberté, d’émancipation et de reconnaissance dans la société. Ces victoires ont marqué des étapes essentielles vers une égalité plus réelle entre les femmes et les hommes dans le pays.
Les droits des femmes face aux grands défis économiques et sociaux contemporains
L’égalité réelle des droits des femmes reste encore loin d’être atteinte, en particulier dans le monde du travail. C’est un sujet que Marie-Pierre Rixain a abordé dans un entretien avec le Secours Catholique. « Il faut que les entreprises considèrent leurs salariées avant tout comme des personnes à part entière et non pas seulement comme des collaboratrices… il n’empêche qu’il y a bien un coût de la maternité pour les femmes employées. Il y a également un coût pour celles qui ne le sont pas à cause d’un soupçon de maternité ».
Les stéréotypes de genre continuent d’influencer profondément l’organisation du travail. En France, les femmes gagnent en moyenne près de 25 % de moins que les hommes (tous revenus confondus). Même à poste et compétences égaux, l’écart salarial reste d’environ 8 %.
L’enquête sur la précarité des femmes du Secours Catholique met en lumière un système inégalitaire où les femmes se retrouvent les plus vulnérables. « Même si le niveau de diplôme des étudiantes s’améliore, les femmes continuent d’être reléguées en bas de l’échelle. D’après l’Insee, 63 % des postes non qualifiés sont occupés par des femmes. » Les femmes sont surreprésentées dans les métiers du soin, de l’aide à la personne ou de l’éducation. Des professions souvent peu reconnues, mal rémunérées et mentalement éprouvantes.
Au-delà de la sphère professionnelle, les femmes restent encore majoritairement responsables des tâches domestiques, de l’éducation des enfants ou de l’accompagnement des proches dépendants. 78 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. Beaucoup réduisent leur temps de travail ou interrompent leur carrière.
Cette réalité touche particulièrement les familles monoparentales. En France, 1 million de mères célibataires vivent sous le seuil de pauvreté. Sans soutien suffisant, certaines cumulent difficultés financières, isolement social et épuisement psychologique.
L’égalité des droits passe aussi par la santé sexuelle et reproductive. L’accès à la contraception, au droit à l’IVG, à l’éducation sexuelle et aux soins adaptés est une condition essentielle pour permettre aux femmes de disposer librement de leur corps et de leurs choix de vie. Ces droits restent fragilisés dans plusieurs régions du monde et font encore l’objet de remises en question.
Les stéréotypes sexistes persistent et continuent d’alimenter ces inégalités. Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes alertait récemment : « notre dernier rapport sur le sexisme montre à quel point la société est encore profondément très sexiste ».
Les droits des femmes passent par la protection des victimes de violences
Les violences sexistes et sexuelles restent aujourd’hui l’un des plus grands obstacles à l’égalité entre les femmes et les hommes. Les chiffres en France sont alarmants. 118 féminicides ont été recensés en 2023. Près de 90 000 femmes sont victimes de viols ou de tentatives de viol chaque année.
Moins de 20 % des victimes de violences conjugales osent porter plainte et le taux de condamnation reste inférieur à 1 %. Ce sont la peur, la dépendance financière, l’isolement ou encore la honte qui empêchent encore de nombreuses femmes de libérer la parole.
Dans la rue, les femmes sans domicile subissent davantage de violences physiques et sexuelles que les hommes. Selon le Sénat, toutes les femmes ayant vécu au moins un an dans la rue ont subi un viol.
Face à cette réalité, des structures associatives et des réseaux locaux se mobilisent pour offrir des espaces de protection et d’accompagnement.
Les centres d’information sur les droits des femmes et des familles accompagnent gratuitement les victimes en les informant sur leurs droits et en les aidant dans leurs démarches.
En Aunis Atlantique, le centre intercommunal d’action sociale (CIAS) accueille des femmes victimes de violences conjugales (avec ou sans dépôt de plainte) et leurs enfants, dans des hébergements d’urgence.
Le Secours Catholique a ouvert des espaces sécurisés et exclusivement réservés aux femmes. À Marseille, l’accueil Sainte-Joséphine permet aux femmes sans abri ou en grande précarité de se retrouver dans un lieu où elles se sentent enfin en sécurité. Certaines femmes n’osaient plus fréquenter les accueils mixtes par peur ou malaise face à la présence d’hommes. « Et celles qui venaient malgré tout finissaient souvent par renoncer à se doucher, gênées par les regards masculins » explique une de nos bénévoles du Secours Catholique.
Les femmes victimes de violence peuvent également s’appuyer sur l’écoute bienveillante et l’aide des équipes du Secours Catholique. En Charente-Maritime, les victimes sont accompagnées au cas par cas afin de retrouver progressivement stabilité et autonomie. « Hébergement d’urgence, soutien psychologique, coup de pouce financier via une aide alimentaire ou une prise en charge de frais d’essence, covoiturage, aide au retour à l’emploi, invitation à des groupes de parole ou des activités de détente pour rompre l’isolement ».
Dans le monde, les violences faites aux femmes restent massives, notamment dans les zones marquées par les conflits. Selon l’OMS, 1 femme sur 3 dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie.
Une étude menée par les partenaires du Secours Catholique au Rwanda et dans l’est de la République démocratique du Congo montre que 1 femme sur 2 y subit des violences physiques et que 3 sur 4 sont victimes de violences psychologiques.
Comme l’explique Juliette Durand-Delga, du pôle Afrique du Secours Catholique, « lors des conflits, la population intègre que la communication passe par la violence ». Même après les guerres, ces violences continuent au sein des foyers.
La précarité des femmes rend également plus difficile le départ d’un conjoint violent. « Elle contraint aussi la femme à rester avec son mari par manque de ressources financières. » rappelle Suheir Farraj, directrice de l’association Tam en Palestine.
L’engagement du Secours Catholique : accompagner chaque femme dans sa dignité
Le combat pour les droits des femmes reste plus que jamais d’actualité. Le thème de la journée internationale du droit des femmes 2026, « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », rappelle que l’égalité n’est jamais définitivement acquise et que les droits des femmes doivent être protégés face aux violences, aux discriminations et à la précarité.
Chaque jour, le Secours Catholique accompagne des femmes confrontées aux violences, à la pauvreté ou à l’isolement. Grâce à l’écoute, au soutien psychologique, à l’aide d’urgence et à l’accompagnement social, l’association agit pour défendre leur dignité, leur autonomie et leurs droits.
Chacun peut agir à son niveau. Partager des informations, soutenir une femme en difficulté, devenir bénévole ou faire un don sont autant de façons de s’engager et de soutenir nos actions. Rejoindre le Secours Catholique, c’est participer à la construction d’une société plus juste, plus solidaire et plus égalitaire pour toutes les femmes.