Dialoguer avec l’autre à partir de sa foi

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À Orléans, le Secours Catholique réunit une fois par mois un groupe de croyants de différentes confessions pour dialoguer autour d’un thème à partir de la foi de chacun.
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groupe intercroyant d'Orléans
Le groupe inter-croyants se réunit un vendredi après-midi par mois, autour de Sylvain, animateur.

Ce vendredi après-midi, ils et elles sont une dizaine autour de la table : des catholiques, un protestant, trois musulmanes, une orthodoxe. « On s’exprime non comme représentant de sa religion, mais comme croyant », rappelle Sylvain, animateur de la séance, avant d’annoncer le thème choisi : la transmission. « Comment a-t-on reçu la foi et comment pense-t-on la transmettre, y compris pour celles et ceux qui n’ont pas d’enfant ?, demande-t-il aux participants. Chacun répond comme il peut. Qui veut démarrer ? ». 

Bernard, 87 ans, se lance : « C’est le fruit d’une recherche personnelle en avançant en âge, et d’un questionnement continu aujourd’hui encore ». Puis la parole circule, chacun racontant ses débuts dans la foi, et ses tentatives pour la transmettre. « J’ai remarqué que c’est quand la transmission se fait par amour qu’elle imprègne le mieux. Je transmets donc d’abord en aimant la personne », confie Rana, 35 ans, musulmane, enseignante et mère de deux enfants. « Je n’ai pas d’enfant mais des filleuls, témoigne Isabelle, 67 ans. Ils vivent loin de moi, alors je n’ai pas pu les accompagner dans la foi, aussi par discrétion à l’égard de leurs parents ». « Dans la relation à l’autre, qu’on le veuille ou non, il y a quelque chose qui se transmet », relève Sylvain.

Quand on reste chacun de son côté, la haine et les conflits commencent.

Le ton des échanges est posé, l’écoute manifeste. « Ce n’est pas un espace de débat théologique mais de rencontre à partir de l’expression de soi et de sa foi, précise Sylvain, qui anime ce temps depuis 2023. Il s’agit de vivre cette rencontre dans l’altérité, en mettant celle-ci au centre, et de ne pas être dans les préjugés. » « On se sent très libre dans ce groupe, apprécie Catherine. Il y a une recherche d’authenticité dans ce que l’on partage ». 

Asli, 47 ans, anciennement professeure de géographie en Turquie, aime rencontrer dans ce groupe des personnes différentes pour « réfléchir ensemble ». Rana, engagée avec cette dernière dans une association culturelle turque qui favorise le dialogue interreligieux, abonde : « On apprend à se connaître pour mieux vivre ensemble, car quand on reste chacun de son côté, la haine et les conflits commencent. » Zhelia, également turque, y nourrit sa « grande curiosité » pour la foi des autres. « Et puis j’aime mes amis ici », dit-elle en souriant à l’adresse d’Isabelle avec laquelle elle discute prières et péchés. « Quelle que soit l’expression de sa foi, souligne cette dernière, l’autre a quelque chose à me révéler de Dieu ». 

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Crédits
Nom(s)
Clarisse Briot
Fonction(s)
Journaliste
Nom(s)
Mathieu Génon
Fonction(s)
Photographe
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