Daniel : « J’ai tellement été mis de côté »

Thématique(s)
Hauts-de-Seine
Chapô
Daniel, 75 ans, puise dans son engagement la force d’affronter les épreuves de sa vie.
Paragraphes de contenu
Texte
Daniel sur un banc dans un square
Au Secours Catholique, Daniel est à la fois accompagné et engagé.

« Mon parcours a basculé il y a vingt ans, quand ma compagne m’a fait hospitaliser en psychiatrie, à Noël. Par le passé, j’avais déjà connu un épisode dépressif, mais c’était la première fois que j’étais interné sous contrainte. Quand je suis sorti, ma compagne était partie avec nos trois enfants et avait vidé l’appartement et nos comptes bancaires. Je suis entré en conflit avec mon employeur. J’étais alors informaticien dans une très grande entreprise. Pendant trois ans, j’ai perçu mon salaire, puis plus rien. J’ai vécu sur mes économies jusqu’en 2011. N’ayant plus aucune ressource, j’ai alors dû frapper à la porte des associations. Je me suis rendu à un accueil de jour du Secours Catholique, pour bénéficier de petits-déjeuners et prendre des douches. 

N'aie pas peur. Tu peux parler.

Petit à petit, j’ai commencé à rendre des services, puis j’ai pris part à un groupe local d’action citoyenne, qui militait pour que la situation des plus précaires soit mieux prise en compte par les institutions. J’avais l'intuition de la nécessité que ces personnes soient impliquées dans les décisions. À ce titre, j’ai été invité en 2019 à rejoindre le CAN, une instance nationale du Secours Catholique qui apporte sa contribution aux orientations de l’association. Là, on m’a dit : « N’aie pas peur, tu peux parler. »

Matériellement, c’était difficile : malgré mes efforts pour retrouver du travail, notamment en passant le concours de professeur de mathématiques, je n’ai plus pu payer mon loyer. J’ai dormi dans le garage d’un particulier, jusqu’à ce que je perçoive finalement une pension de retraite, en 2022. En 2023, alors que je me déplaçais à pied, j’ai été renversé par un camion. Je me remets doucement. Mon implication au Secours Catholique me permet de montrer qu’en dépit de mes échecs, je suis capable. J’ai tellement été mis de côté, qu’être applaudi en plusieurs occasions m’a redonné confiance. Aujourd’hui, cet engagement est une béquille dans ma vie. »

Crédits
Nom(s)
Propos recueillis par Clarisse Briot
Nom(s)
Elodie Perriot
Fonction(s)
Photographe
Pour rester informé(e)
je m'abonne à la newsletter