Passoire thermique : « La rénovation m’a libérée »

« Je suis installée dans cette maison depuis sept ans. Après un divorce, je devais me reloger d’urgence pour avoir la garde de mes trois enfants. J’avais peu de moyens et je n’avais pas droit à un logement social car nous étions propriétaires avec mon ex-mari, notre maison n’étant pas encore vendue. J’ai donc acheté cette bâtisse mal isolée et sans chauffage à part une cheminée, mais qui était à un prix abordable.
La cheminée s’est avérée inutilisable. Des amis m’ont fourni des petits radiateurs d’appoint. Mais rapidement, le manque d’isolation a été problématique. L’hiver, nous avions des factures d’électricité énormes et pourtant il faisait froid. Mes enfants étaient en combinaisons de ski. La toiture fuyait. Dès qu’il pleuvait, je devais mettre des bassines et nettoyer.
C’est une assistante sociale qui m’a parlé du Réseau Éco Habitat et de la possibilité de me faire aider financièrement et accompagner pour rénover mon logement. Au départ, j’étais réticente. Je voulais réussir à m’en sortir par moi-même. Mais à cause notamment des dépenses énergétiques, je n’arrivais pas à mettre de l’argent de côté pour réaliser des travaux. J’ai fini par accepter.
J’ai perçu l’effet bénéfique sur la scolarité de mes enfants.
Le chantier a eu lieu en 2022 : isolation du toit et des murs et pose de radiateurs performants. Les bienfaits ont été bien au-delà du confort et des économies d’énergie. Ne plus subir le froid, ne plus craindre la pluie, m’a tout bonnement libéré l’esprit. J’ai pu développer mon activité économique d’illustratrice dans l’édition, j’ai même créé une association culturelle… Autant d’initiatives inimaginables avant la rénovation. Je n’étais pas disponible mentalement.
J’ai aussi perçu l’effet bénéfique sur la scolarité de mes enfants. C’est certain, cela a joué sur leur bien-être et leur capacité de concentration. L’image qui me vient à l’esprit est que, plutôt que de nous donner du poisson, on nous a offert une canne à pêche. »