Soutien scolaire : faire grandir et progresser
Un matin pluvieux, dans un quartier excentré d’Aix-en-Provence. Les premières familles déposent leur enfant. Une petite signature sur la feuille de présence, un dernier salut au parent et les élèves, sac à dos sur les épaules, se dirigent seul vers leur binôme. « Comment s’est passé ta semaine ? », demande Annie à Kilyanne, 9 ans, qui s’installe à ses côtés. Elle lui propose de commencer par revoir la leçon de conjugaison au futur des verbes du premier groupe. « On essaie de travailler là où ça coince, explique l’ancienne maîtresse. J’essaie de lui faire profiter de mon expérience ». Avant d’accompagner Kilyanne, Annie avait suivi pendant deux ans la sœur du jeune garçon qui avait à l’époque de grandes lacunes en écriture et en lecture. « Elle a réussi à décrocher le brevet des collèges. Elle poursuit ses études en CAP », se réjouit la bénévole.
Dans un bureau voisin, Mira, 7 ans, et Sabine, 68 ans, enchaînent les mots fléchés, les devinettes et les textes à trou. Un programme concocté par la jeune retraitée qui a elle-même compilé différents exercices pour aider l’élève de CE1 à progresser en compréhension écrite. La petite fille bute sur un mot. « Ça veut dire quoi écuyère ? » « C’est une femme qui monte à cheval », répond la bénévole, qui a rejoint l’équipe il y a deux ans. Elle confie : « c’est un bonheur de voir les enfants faire des progrès, élargir leur vocabulaire. On se sent vraiment utile ».
Aider les élèves à se sentir en confiance
Dans la salle principale, l’ambiance est tout aussi studieuse. « Le français n’est pas ma langue maternelle et, en classe, on est 23. Il y a beaucoup de bruit. Ici, c’est calme », confie Shaïma. La petite fille de 8 ans retrouve pour la troisième fois Marie-Jo. « On ne se connait pas encore bien mais ça se passe plutôt bien », dit-elle d’une voix douce. Sur leur bureau, un dictionnaire, une pile de livres et un cahier de texte ouvert sur une longue liste de devoirs. « Tu mets combien de temps à les faire en général ? », s’enquiert la bénévole. « 1h », murmure la petite fille. « Ce n’est pas normal, déplore l’ancienne libraire. En principe, les enfants ne devraient pas avoir autant de devoirs à faire à la maison. On les aide à avancer mais nous ne sommes pas que là pour offrir une aide aux devoirs. Notre rôle est de les aider à assimiler des notions mal acquises, à avoir le goût de la lecture, à se sentir en confiance ».
En début d’après-midi, c’est au tour des élèves du second degré de prendre place dans le local du Secours Catholique. Avec l’aide d’un bénévole, chaque adolescent étudie la matière qui lui pose le plus de difficultés. Cette après-midi-là, Hibet est particulièrement stressée. « Il y a un examen de mathématiques demain », souffle la jeune fille en première STMG. Pierre, un ingénieur à la retraite, à ses côtés depuis trois ans, tente de la rassurer : « tes notes se sont améliorées ». « C’est vrai, reconnaît l’adolescente de 16 ans. À la maison, j’ai du mal à travailler, il me faut un cadre pour avancer ».
À la table d’en face, Nour lit un passage de L’Île aux trésors. « Tu peux m’expliquer ce que tu viens de lire ? Tu es forte pour ça », l’encourage Pierre, un bénévole. L’élève de 12 ans a vu ses notes bondir ces derniers mois. « Je suis passée de 7 à 12/20 en mathématiques et en français je dépasse la moyenne maintenant », dit-elle sous le regard complice de son binôme. Parfois, « il suffit d’un petit coup de pouce pour créer un déblocage », conclut l’ex-fonctionnaire en souriant.