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Chaque jour des milliers de bénévoles agissent aux côtés de celles et ceux qui connaissent des situations de fragilité, matérielles ou morales. Au coeur de leur engagement : le lien fraternel qu'ils et elles tissent avec les personnes rencontrées. Illustration avec Chantal, Damien, Marie-Jo, Nicolas, Jean-Eudes, Philippe, Isabelle et d'autres, impliqués dans trois actions essentielles du Secours Catholique aujourd’hui : l’accueil des personnes sans abri, l’accompagnement à la scolarité et la convivialité des “Fraternibus”.
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femme bénévole et femme accueillie à la halte solidarité de Montpellier
Heure ou date
Montpellier
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« Du pain frais, un bonjour, un sourire », c’est la recette de l’accueil selon Chantal, bénévole à la Halte solidarité de Montpellier, au poste “petit-déjeuner”. Ce matin, en plus de la demi-baguette, du beurre et de la confiture, des clémentines agrémentent les assiettes. Dès l’ouverture du portail, 40 personnes se sont présentées. Elles seront 200 durant la matinée, dont 25 femmes. Après une nuit passée dehors, beaucoup ont besoin de se restaurer, se doucher, se reposer.

Halte solidarité: reportage complet

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homme accueilli et bénévole à la halte solidarité de Montpellier
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Accueilli, Damien, 49 ans, est aussi bénévole à la Halte. Avant l’ouverture, il débarrasse la cour des feuilles mortes et des pollens. « J’aime que ce soit propre, c’est primordial. » Ce matin, il donne aussi un coup de main aux douches. Entre deux usagers, il manie raclette et désinfectant. Actuellement il dort sous une tente en périphérie de la ville, qu’il rejoint par le tram. Damien a “plongé” il y a cinq ans et quitté son emploi administratif après vingt-sept ans de service. « Aider ici me permet d’être actif, d’avoir le respect de moi-même et de me tenir éloigné des addictions », explique-t-il.

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enfant et bénévole en accompagnement scolaire à Aix-en-Provence
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Aix-en-Provence
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Dans un calme studieux, Marie-Jo aide Shaima à réviser une leçon sur les accents. « Il y a évaluation demain », murmure l’élève de CE1. Depuis septembre, le duo se retrouve une fois par semaine dans une grande salle du Secours Catholique à Aix-en-Provence, qu’il partage avec d’autres binômes bénévole-enfant. « On veut leur permettre de maîtriser des notions mal assimilées et de prendre confiance en eux », explique Marie-Jo, ancienne libraire et issue d’une famille ouvrière. « C’est l’école qui m’a permis d’exercer un métier que j’ai aimé. Je veux rendre cela possible à d’autres enfants. »

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femme accueillie et homme bénévole à la halte solidarité de Montpellier
Heure ou date
Montpellier
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Dans la cour de la Halte, Philippe a un mot pour chacun et chacune. Isabelle, accueillie, qui dit avoir été chef d’entreprise et s’être « retrouvée au 36e dessous », interagit avec le bénévole comme si elle le connaissait depuis toujours. Philippe a dix ans d’engagement derrière lui. « Quand je suis arrivé ici la première fois, j’ai fait “waouh” ! Ça m’a plu tout de suite. » Le retraité le constate : « Les personnes ont besoin de voir qu’on les voit, qu’elles existent. Il suffit d’un geste de la main, d’un regard : elles ne sont plus transparentes. Et moi aussi j’y trouve mon compte : je me sens utile et reconnu. »

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une bénévole et une accueillie à la halte solidarité de Montpellier
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Hébergée de temps à autre chez son fils, Aïcha, la soixantaine, est venue prendre une douche. « Je passe ma matinée à discuter avec tout le monde », dit-elle. À ses côtés, Joëlle, bénévole, ne cherche pas autre chose : « J’aime les gens ! Parler avec eux. Je pratique l’humour aussi. » S’engager a été sa bouée de sauvetage contre une solitude sévère, alors elle tient à faire savoir autour d’elle combien sont importantes la participation de tous et l’émancipation des plus fragiles. « On est tous égaux ! »
 

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enfants et bénévole de l'accompagnement scolaire à Aix-en-Provence
Heure ou date
Aix-en-Provence
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La première session terminée, d’autres enfants remplacent les premiers, qui quittent le local du Secours Catholique aixois. Haytem, Yousra et Daniah, eux, restent. Le trio s’installe dans une petite salle qui abrite l’atelier d’expression orale, co-fondé par Nicole. « C’est un temps d’apprentissage plus libre, qui les encourage à prendre la parole et à enrichir leur vocabulaire », précise cette ancienne orthophoniste en distribuant un texte sur les mythes et les croyances. Chacun à leur tour, les enfants en lisent un passage. « Alors qu’est-ce que vous avez compris ? » demande la bénévole. 

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Un jeune bénévole et l'élève qu'il accompagne
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C’est au tour des élèves du second degré d’occuper une partie du local et de travailler, avec l’aide d’un bénévole, la matière scolaire qui leur pose des difficultés. Derrière Annie, enseignante, et Pierre, ingénieur à la retraite, il y a le discret Nicolas. Le lycéen de 16 ans, « à l’aise en maths », a rejoint l’équipe des bénévoles en septembre, inspiré par l’engagement de son frère aîné au sein de l’association. « Je m’en sentais capable et j’avais envie de donner de mon temps », confie l’adolescent qui accompagne Alia, une élève de sixième.

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participants autour du Fraternibus
Heure ou date
Vannes
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Il est 14 h passées, au square de la Bourdonnay, situé juste derrière la gare de Vannes. Comme chaque jeudi depuis bientôt cinq ans, Jean-Eudes, bénévole au Secours Catholique, a garé le “Fraternibus” au cœur de ce quartier populaire. Avec Irena et Basile, également bénévoles, il a disposé quelques tables et déplié des chaises. Basile a préparé le café et des biscuits. Peu à peu, les habitués arrivent. Certains habitent le quartier, à l’image de Michel, Timothée ou Jean-Philippe. D’autres, comme Françoise ou Katell, viennent de plus loin par simple envie de voir du monde et d’échanger.

 Fraternibus : reportage complet 

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usagers du Fraternibus en train de discuter
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« Pour éviter aux personnes d’aller chercher l’aide ou le lien dont elles ont besoin, c’est nous qui nous déplaçons, explique Basile. Cela permet de toucher des personnes qui n’osent pas pousser la porte des associations, qui n’imaginent pas qu’on puisse s’intéresser à leurs problèmes. » Parmi celles et ceux qui partagent ce moment de convivialité, beaucoup vivent isolés. Ce n’est plus le cas de Michel, pourtant présent chaque semaine. « Quand je suis arrivé en France, je me suis trouvé très seul », raconte ce réfugié congolais. « Au Secours Catholique, j’ai trouvé des amis. Aujourd’hui, c’est à mon tour d’accueillir. »

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bénévole du cours de FLE écrivant sur un tableau blanc
Heure ou date
Montpellier
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Après un “point” sur la matinée entre bénévoles, la Halte suspend son activité d’accueil de jour jusqu’au lendemain. Mais de 13h30 à 15 h, certains bénévoles reprennent du service : Isabelle, Philippe, Florence, Marielle et Dorota assurent des cours de français langue étrangère pour des groupes de différents niveaux et nationalités. Isabelle et Philippe animent un atelier de conversation. La consigne ce jour-là : rédiger des phrases sur le thème de l’hygiène dentaire à partir de mots-clés énoncés ensemble. Shpetim, albanais, se lance : « Je n’ai pas d’infection aux dents car je ne mange pas beaucoup de sucre. »

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usagers du Fraternibus
Heure ou date
Vannes
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Il est bientôt temps de ranger. « À la semaine prochaine ! » lance Françoise en regagnant sa voiture. Jean-Eudes commence à débarrasser la table. Michel lui donne un coup de main. Il est attendu par Jean-Philippe, son voisin. Les deux hommes sont arrivés et repartent ensemble. « On nous appelle “Les inséparables” », plaisantent-ils. Timothée se prépare elle aussi à rentrer chez elle. Elle n’a pas dit grand-chose aujourd’hui, mais elle aime venir juste pour écouter. Régulièrement, Michel passe chez elle pour s’assurer que tout va bien. Ce qui réjouit Jean-Eudes : « Le but ultime de notre action est que les personnes se rencontrent en dehors du Fraternibus. »
 

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« Au cœur de l’engagement, il y a la rencontre »

Par Matthieu Fontaine, chargé d’animation bénévolat

Le Secours Catholique est historiquement une association de bénévoles : ils sont aujourd’hui près de 60 000, dans plus de 2 600 équipes et 72 délégations. 71 % d’entre eux sont des femmes, dont l’âge moyen est de 64 ans. Les retraités qui autrefois donnaient tout leur temps à l’association sont désormais moins disponibles, car très sollicités par leur vie familiale. En parallèle, l’engagement des moins de 35 ans progresse. À l’aune de ces évolutions, le bénévolat a été décrété priorité nationale unique afin de proposer un cadre plus ouvert à l’engagement sous toutes ses formes : celui des personnes ayant l’expérience de la précarité – qui est une grande richesse – ou encore le bénévolat ponctuel et celui des jeunes.

Au cœur de l’engagement au Secours Catholique, il y a la rencontre. Nos bénévoles ne sont pas des “soldats” qui agissent, mais des personnes qui s’engagent pour la rencontre fraternelle avec l’autre. C’est une spécificité de notre association. Celle-ci est par ailleurs à l’avant-garde dans la prise en compte du bien-être des bénévoles : par son offre de formations notamment, et désormais par une proposition de soutien psychologique permanent dans une démarche globale de “prendre soin”. Cela afin d’assurer l’épanouissement de chacun dans son bénévolat.

Crédits
Nom(s)
Clarisse Briot, Djamila Ould Khettab, Benjamin Sèze
Fonction(s)
Journalistes
Nom(s)
Vincent Boisot, Christophe Hargoues, Anthony Micallef
Fonction(s)
Photographes
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