La migration humaine : une histoire de courage et de résilience à soutenir
La migration humaine est souvent présentée comme une problématique mondiale récente. Pourtant, se déplacer pour vivre ailleurs fait partie de l’histoire de l’humanité depuis ses origines. Les personnes ont quitté leur lieu de vie pour travailler, étudier, rejoindre leurs proches, fuir un conflit ou chercher un avenir meilleur. Aujourd’hui encore, ces différentes raisons poussent des millions de personnes à se déplacer.
En France, environ 5,1 millions de personnes étrangères vivent aujourd’hui sur le territoire, dont près de 400 000 seraient en situation irrégulière. Parmi les personnes étrangères accueillies par le Secours Catholique, 60 % n’ont pas le droit de travailler. Derrière ces chiffres, ce sont des parcours et des histoires différentes.
L'odyssée de notre espèce : une histoire façonnée par le mouvement
Depuis ses origines, Homo sapiens est une espèce en mouvement. Les migrations ont permis aux humains de peupler de nouveaux territoires, de rencontrer d’autres populations et de s’adapter à des environnements très différents. Comme pour l’ensemble du vivant, il n’y a pas de vie sans déplacements.
Notre histoire migratoire remonte à plusieurs centaines de milliers d’années. Les fossiles découverts à Djebel Irhoud (au Maroc) sont datés d’environ 300 000 ans. Ils sont les plus anciens restes connus attribués à l'homme moderne connu.
Il y a près de 60 000 ans, un petit groupe de quelques milliers d’humains a quitté l’Afrique. Leurs descendants sont aujourd’hui à l’origine de la quasi-totalité des populations non africaines. Au cours de leurs déplacements, ces groupes ont rencontré d’autres humains, notamment les Néandertaliens et les Dénisoviens. Ces échanges ont donné lieu à des métissages dont notre ADN conserve encore la trace.
En changeant de territoire, les humains ont également dû s’adapter à de nouveaux environnements. Certaines migrations ont notamment favorisé l’adaptation de la peau à l’ensoleillement ou la capacité à respirer en haute altitude, comme au Tibet ou dans les Andes.
Les jalons temporels du peuplement mondial
Le peuplement du monde par Homo sapiens s’est fait progressivement. Il y a environ 60 000 ans, une première grande migration a marqué la sortie d’Afrique. Entre 50 000 et 43 000 ans, les migrants ont atteint l’Océanie et plusieurs régions d’Eurasie, notamment l’Europe et la Sibérie. Ils sont arrivés ensuite aux Amériques autour de 15 000 ans, le dernier grand territoire à être peuplé.
Déconstruire les préjugés : les vrais visages de la migration aujourd'hui
Des mots comme « invasion », « vague » ou « submersion » que nous retrouvons dans le débat public présentent les migrations comme un phénomène soudain et massif. Ces représentations ne correspondent pas à la réalité du fait migratoire et alimentent des préjugés infondés.
Il est important de savoir distinguer les situations de chacun. Un migrant quitte son pays pour différentes raisons, par exemple pour travailler, étudier ou rejoindre sa famille. Un réfugié fuit des persécutions ou des menaces graves et peut bénéficier d’une protection internationale. Le déplacé interne, quant à lui, quitte son lieu de vie mais reste dans son propre pays.
Les travaux du Musée d’Histoire Naturelle sur les origines de la migration et celles de demain, montrent que les raisons de se déplacer sont nombreuses. Les conflits, les écarts de revenus, les ressources disponibles, les inégalités sociales ou encore le changement climatique poussent des personnes à partir. Les migrations climatiques sont de plus en plus nombreuses face aux sécheresses, aux inondations ou à la montée des eaux.
Plutôt que de les réduire à une crise, les migrations humaines font partie de l’histoire de l’humanité et continuent de transformer nos sociétés. Elles sont source de rencontres, d’échanges et de diversité culturelle.
Accueillir, protéger, agir : nos engagements pour une solidarité vivante
Face à l’exil, à l’incertitude et à la précarité, accueillir chaque personne avec dignité et fraternité est la réponse juste. Partout en France, les bénévoles du Secours Catholique animent des lieux d’accueil et des permanences pour répondre aux besoins des personnes migrantes et les aider à faire valoir leurs droits.
Les ateliers de français langue étrangère (FLE) et de conversation proposés par le Secours Catholique sont essentiels pour aider les étrangers à sortir de la précarité. Face au durcissement des exigences linguistiques pour obtenir un titre de séjour, les bénévoles accompagnent les apprenants jusqu'à l'obtention de leur diplôme. Cet apprentissage est la clé de la stabilité, comme l'explique Oksana, réfugiée ukrainienne : « On a l'impression d'être constamment le nez dans les démarches administratives [...] on ne peut pas avoir de stabilité et préparer l'avenir dans ces conditions ». Gagner en autonomie grâce au français permet à chacun de s'ancrer et de trouver sereinement sa place dans la société.
À Calais, la Maison d'entraide et de ressources offre bien plus qu'un simple espace de répit. C'est un refuge où les personnes exilées peuvent laver leur linge, boire une boisson chaude, recharger leurs téléphones et bénéficier d'un accompagnement juridique précieux pour leurs demandes d'asile. Comme en témoigne Khadija, qui y trouve un peu de paix avec son fils avant de retourner dormir dans un campement : « C'est bien ici, je me repose ». Un sas d'humanité vital face à des conditions de survie indignes où, comme le rappelle douloureusement le jeune Amin, 12 ans, beaucoup ont le sentiment de ne pas être considérés « comme des êtres humains » dans l'attente d'une traversée.
À Paris, le CEDRE accueille de manière inconditionnelle les réfugiés et les accompagne dans leur parcours d’intégration. Chacun peut y venir, quelle que soit sa situation administrative, pour poser une question ou participer à une activité.
Pour être accompagné ou s’engager à nos côtés, chacun peut se rapprocher d’une antenne locale du Secours Catholique.
Depuis la Préhistoire, les humains se déplacent, se rencontrent et partagent leurs histoires, leurs cultures et leurs savoir-faire. Les migrations humaines continuent aujourd’hui de créer des liens entre des personnes venues d’horizons différents. Derrière chaque départ, il y a l’espoir de trouver ailleurs une vie plus sûre et plus sereine. En devenant bénévole ou en faisant un don au Secours Catholique, chacun peut contribuer à construire une société plus fraternelle.