Ensemble pour rompre l’isolement des personnes âgées
La France subit un phénomène de vieillissement, avec une part de personnes âgées augmentant rapidement. Derrière cette transition démographique, vieillir, c’est aussi pouvoir participer pleinement à la société et entretenir des liens avec les autres. Pourtant, la solitude constatée chez beaucoup de nos aînés peut progressivement fragiliser ces relations et les éloigner de la vie sociale. Comment construire une société où chacun puisse trouver sa place, quel que soit son âge ? Face à cet enjeu, le Secours Catholique se mobilise pour rompre la solitude et recréer des liens.
La vulnérabilité fonctionnelle des personnes âgées
Les personnes âgées ne vivent pas toutes leur vieillissement de la même manière. On distingue généralement les jeunes seniors, de 60 à 74 ans, les personnes âgées de 75 à 84 ans et les plus de 85 ans. Mais devenir une personne âgée ne se résume pas à franchir un âge précis.
Le grand âge peut surtout se faire sentir lorsque la perte d’autonomie ou certaines difficultés rendent les gestes du quotidien plus compliqués. Dans ces périodes de fragilité, le lien avec les autres devient plus essentiel. C’est toute l’importance d’entourer et d’accompagner avec bienveillance nos aînés pour préserver la dignité de chacun et reconnaître leur place dans la société.
Les visages de l’isolement et de la précarité en chiffres
Un senior de plus de 75 ans sur quatre serait confronté à l’isolement en France, soit environ 1,5 million de personnes vivant une solitude subie. Les femmes âgées isolées sont particulièrement concernées. 23 % d’entre elles déclarent se sentir seules souvent ou quotidiennement. À l’entrée dans le grand âge, le veuvage peut également renforcer cette solitude. Près de 72 % des femmes âgées de 85 à 89 ans sont veuves.
À la solitude peuvent s’ajouter des situations de précarité. Le non-recours à l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) reste notamment très important, alors que cette aide peut soutenir les seniors disposant de faibles ressources.
Pour défendre l’accès aux droits, le Secours Catholique agit aussi par le plaidoyer. L’association a notamment obtenu le couplage de l’Aspa avec la Complémentaire santé solidaire, évitant ainsi une démarche supplémentaire aux personnes âgées démunies face au tout-numérique.
Les facteurs de rupture et l’engrenage de la solitude
La solitude peut s’installer progressivement ou de manière brutale après un événement qui bouleverse le quotidien. Le décès d’un conjoint, l’éloignement de la famille ou une perte d’autonomie réduisent les occasions de sortir, de rencontrer d’autres personnes et de maintenir le lien social.
Lorsque les ressources sont limitées, certaines personnes renoncent aux sorties, aux loisirs ou aux déplacements, jusqu’à se retrouver peu à peu invisibles aux yeux de la société.
Sans entourage pour échanger, être encouragé ou accompagné, certaines personnes peuvent progressivement négliger leur alimentation, leur hygiène ou leurs rendez-vous médicaux. Ces renoncements ne sont pas sans conséquence sur leur santé et leur bien-être.
À Saint-Symphorien-sur-Coise, des femmes âgées isolées en milieu rural se sont confiées à des bénévoles du Secours Catholique. À 80 ans, Marie vit seule avec une retraite de base de 733 euros, complétée de 200 euros pour avoir élevé quatre enfants. Aujourd’hui encore, l’isolement pèse sur son quotidien. « Je n’ai pas beaucoup de visites », confie-t-elle.
L’histoire de Thérèse, habitante d'un petit village, illustre parfaitement cette réalité. Veuve depuis le milieu des années 2000 et sans moyen de locomotion, elle s'est progressivement repliée sur elle-même. N'ayant jamais voyagé et vivant confinée dans une partie de sa maison, le monde extérieur est devenu une source d'angoisse. Aujourd'hui, même les rares sorties en ville proposées par son fils l'effraient : « Je n'ai pas l'habitude, ça me fait peur de sortir de Saint-Sym », confie-t-elle.
Dans les monts du Lyonnais, les « bulles pelaudes » réunissent des femmes âgées isolées autour de déjeuners et de temps de partage. Ces rencontres leur permettent de sortir de chez elles, de retrouver le plaisir d’être ensemble et de créer de nouvelles relations.
Rompre l’isolement par des actions de fraternité de proximité
Pour lutter contre l’isolement social, le Secours Catholique mise sur la proximité et la création de liens dans la durée. En binômes, des bénévoles rendent régulièrement visite aux seniors vivant seuls à leur domicile. Ils prennent le temps d’écouter, de partager un moment et d’apporter une aide dans le quotidien, lorsque cela est nécessaire.
À Rabastens, dans le Tarn, les bénévoles de l’association proposent aux résidents de l’EHPAD des ateliers manuels une fois par semaine. À l’EHPAD Les Alizés à La Réunion, les bénévoles animent aussi des ateliers de couture, de manucure et de coiffure. Ces activités créatives deviennent autant d’occasions pour les personnes âgées de prendre soin de soi, de discuter et de retrouver confiance.
Le Secours Catholique soutient des formes d’habitat plus solidaires. Les initiatives de maison solidaire d’André à Larajasse ou d’habitat partagé Gurekin dans le Sud-Ouest proposent des espaces privatifs associés à des lieux communs. Les personnes âgées bénéficiaires conservent ainsi leur indépendance tout en bénéficiant d’un cadre chaleureux et solidaire.
Rompre la solitude des personnes âgées, c’est construire une société où chacun a sa place et peut compter sur les autres. Vous pouvez, vous aussi agir, en rejoignant les bénévoles de proximité, en soutenant les actions du Secours Catholique par un don en ligne sécurisé ou en choisissant de transmettre votre solidarité par un legs. Chaque geste compte.