Boko Haram : des centaines de milliers d’habitants tentent de survivre

Publié le 26/02/2016
Niger
 

Entretien avec Amir Jenane, chargé de projet aux Urgences internationales du Secours Catholique-Caritas France

Comment expliquer la présence du groupe terroriste Boko Haram aux confins de trois Etats : Nigeria, Tchad, Niger ?


Amir Jenane : C’est une zone où l’État est peu présent, voire absent, et qui est parfois difficile d’accès. Ainsi, la partie nord-est du Nigeria, peu développée (manque de routes, d’équipements sociaux…), est oubliée par les autorités fédérales.

« Point de fixation » du problème Boko Haram, sa population souffre depuis longtemps dans les domaines économique et social.

On compte ici environ 600 000 victimes du groupe terroriste (les villages sont attaqués et pillés); selon les Nations unies, il y aurait dans l’Etat du Borno, qui recouvre cette région, 1 600 000 déplacés internes. D’autres Nigérians, des ruraux, ont fui, eux, au Tchad et au Niger.

Au Niger, Caritas parle de « tragédie pour les personnes fuyant Boko Haram »…


Boko Haram mène des attaques au sud-est du Niger depuis 2014. Des centaines de milliers d’habitants ont dû quitter leurs villages et s’installer plus au nord dans des conditions très précaires (des femmes, des enfants et des personnes âgées ont laissé derrière eux leurs maigres moyens de subsistance).

C’est une tragédie car ces Nigériens sont bloqués dans une impasse : leur gouvernement n’a pas de solution politique à leur proposer !

Quelle est la « riposte » de Caritas Niger ?


Elle donne une aide financière à des familles très démunies (déplacées, réfugiées du Nigeria, Nigériens revenus chez eux, Nigériens hôtes) pour qu’elles puissent acheter des vivres et leur fournit couvertures, nattes, matériel de cuisine, kits d’hygiène (moustiquaires, savons, eau de Javel…).

Par ailleurs, 200 jeunes adultes de 19 à 35 ans, parfois tentés, faute de perspectives, de s’enrôler sous le drapeau de Boko Haram, ont bénéficié de formations « citoyennes » : gestion des conflits, dialogue islamo-chrétien, citoyenneté responsable. Au total, Caritas secourt 10 000 personnes.  

Yves Casalis
Crédits photos: ©MaxPPP
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