Élections italiennes : la Caritas s’alarme des effets de la crise

Publié le 25/02/2013
Italie
 

Du 24 au 25 février, les Italiens choisissent leur prochain Parlement. Dans ce pays en pleine crise économique, la Caritas Italie note une forte augmentation des demandes d’aides face à la pauvreté.

Silvio Berlusconi, Mario Monti, Beppe Grillo, Antonio Ingroia et Pier Luigi Bersani : ces cinq hommes politiques italiens sont actuellement en lice pour devenir chef du gouvernement de leur pays. En effet, les 24 et 25 février, les électeurs de la péninsule décident lequel d’entre eux recevra la mission de sortir le pays d’une des plus grandes crises économiques de son histoire.

Troisième puissance économique de la zone euro, l’Italie est entrée en récession en 2011 après avoir été touchée de plein fouet par la crise économique. Malgré la mise en place de plans de rigueur successifs ces deux dernières années, la dette du pays représente toujours plus de 120% du PIB, comme c’était le cas au début des années 2000.

D’après un rapport de Caritas Europa publié le 14 février dernier, les dernières mesures prises pour la réduire ont entrainé « de larges coupes budgétaires, notamment dans les financements des politiques sociales (politiques publiques pour les jeunes, les familles, l’hébergement, les enfants et les adolescents) sous le gouvernement Berlusconi, et d’autres programmes furent annulés (comme ceux mis en place pour l’inclusion des immigrants et les services à l’enfance) ».

Parallèlement, des déductions de taxes ont été proposées à certaines familles, celles ayant des enfants de moins de trois ans et celles payant un crédit sur leur maison. « Pourtant, la Caritas Italie a relevé que cela ne prend pas en compte les familles n’ayant pas des revenus assez élevés pour déclarer des impôts », ajoute le rapport.

Au sein des 300 centres de conseil de la Caritas Italie, celle-ci note une forte hausse de fréquentation : en 2011, 54,1% de personnes accueillies en plus qu’en 2007. « La Caritas Italie répond, en partenariat avec les églises locales, et parfois les autorités locales ainsi que plusieurs acteurs de la société civile, par différents programmes : des microcrédits ou de petits prêts pour des familles et des petites entreprises ; des dons et des bourses ; de nombreux projets innovants pour aider les personnes accueillies et les familles à retrouver des ressources pour vivre. »

D’ailleurs, tous les projets ont augmenté de façon importante : « 70,7% en plus depuis 2010. Sauf les microcrédits car il devenait de plus en plus difficile aux bénéficiaires de rembourser » commente le rapport.

Les "nouveaux pauvres" que croisent les bénévoles des centres d’accueil de la Caritas Italie sont majoritairement des personnes amenées à la précarité par la crise : « Des adultes de 40-50 ans qui perdent leur travail après avoir eu un emploi stable toute leur vie ; de jeunes adultes qui accumulent les contrats à durée déterminée et qui, face à cette précarité professionnelle, ne peuvent envisager de projets au long cours ; des entrepreneurs avec d’importantes dettes, sur le point d’être en faillite ; des immigrants intégrés qui avaient trouvé du travail après un accompagnement de la Caritas mais sont de nouveau au chômage ; et des personnes âgées qui cherchent à aider leurs enfants et petits-enfants, s’arrangeant comme ils peuvent. »

Si la Caritas Italie s’investit pour les aider à accéder aux besoins de première nécessité, elle estime qu’elle « ne peut pas et ne doit pas être appelée à remplacer les institutions ».

C’est pourquoi le directeur de la Caritas Italie, Francesco Soddu, demande aux futurs gouvernants de son pays de prendre en compte quelques priorités importantes à ses yeux : « un système de protection sociale axé sur la famille comme sujet exposé aux risques d’exclusion, mais aussi comme agent permettant l’inclusion ; des politiques d’accompagnement envers les enfants et les jeunes sur le plan éducatif, social et de l’emploi, pour réduire les inégalités et leur offrir des opportunités d’avenir ; des stratégies d’inclusion des immigrés et de leur famille ; un engagement renouvelé et coordonné envers les zones pauvres et marginales de notre pays. »

 

Sophie Lebrun
© Milan Marinković Sevarski/Caritas Europa
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