Emploi : rechercher du travail en équipes

Publié le 17/12/2013
Lyon
 

À Lyon, une équipe de bénévoles accompagne chaque année une cinquantaine de personnes dans leur recherche d’emploi. Conseils, écoute et partage sont les maîtres-mots de cet atelier créé il y a 20 ans. Une des premières “équipes emploi” du Secours Catholique, qui en compte aujourd’hui 40, mises à l’honneur à l’occasion de la sortie du rapport statistique 2013.

Comme tous les lundis à 14 heures, les tasses sont remplies d’un café fumant et des biscuits circulent autour de la grande table. Maryse, Anne-Marie, Jacques, Gérard et Gilbert : l’équipe de bénévoles est au complet, prête à accueillir celles et ceux qui pousseront la porte cet après-midi.

« J’ai voulu un local ouvert sur ce quartier très cosmopolite et plutôt populaire », explique Maryse en montrant la façade vitrée. Cette ancienne animatrice de formation professionnelle a monté il y a vingt ans cet atelier emploi qui a lieu chaque semaine dans le 3e arrondissement de Lyon – le plus grand, avec à lui seul 100 000 habitants. « Les gens viennent de tous les horizons, observe Jacques. Certains sont proches de la retraite, d’autres n’ont encore jamais travaillé. »

Faire avec

Tous ont en commun la volonté d’être accompagnés dans leurs démarches pour (re)trouver un emploi. Dans la salle, des ordinateurs et un téléphone sont en accès libre. « Notre action est très diverse, poursuit Jacques. On commence par clarifier ce que les gens peuvent faire, on les aide à rédiger leur CV et leur lettre de motivation, on les accompagne dans leurs démarches auprès de Pôle emploi ou des employeurs. »

Il ne s’agit pas d’assistanat. L’objectif est toujours de “faire avec” et non “à la place de”. « Aide-toi, le ciel t’aidera », résume Maryse.

Mounir, 38 ans, a tout perdu après la faillite de sa petite société de transport à Paris. En quête d’un nouveau départ, cet ancien chauffeur-livreur est arrivé il y a quelques mois à Lyon, un peu par hasard et sans un sou en poche. Ses premières nuits, il les a passées dans sa voiture… Jusqu’à ce qu’il pousse la porte du Secours Catholique.

« J’ai trouvé ici une aide matérielle, mais surtout des gens chaleureux, souriants, qui donnent confiance  », relate-t-il. Avant de l’accompagner dans sa recherche d’emploi, c’est un logement que les bénévoles l’aident à trouver. Très vite, grâce au chèque de caution du Secours Catholique, Mounir trouve un studio à louer dans une résidence sociale.

Depuis, il vient tous les jours au local, donne un coup de main chaque fois qu’il le peut, et espère signer bientôt un CDD de huit mois comme agent d’accueil – de quoi remettre le pied à l’étrier et les finances à flot en attendant de trouver un poste plus adapté à ses compétences.

Redonner confiance

« Souvent, on se rend compte que les gens, comme Mounir, qui viennent nous voir pour une aide à l’emploi ont en réalité besoin d’un soutien plus global. On les oriente donc vers d’autres ateliers », explique Maryse. Alphabétisation, informatique, aide matérielle… À chaque jour son atelier, et à chaque personne selon ses besoins.

À 60 ans, Bernadette est encore loin de la retraite. Cette ancienne secrétaire aide-comptable licenciée pour motif économique en 2004 a, depuis neuf ans, un parcours en pointillé, entre contrats aidés et périodes de chômage. « Mieux vaut travailler que rester chez soi, mais le problème est que ces contrats ne débouchent jamais sur un CDI, témoigne-t-elle. Alors, à chaque fois je reviens ici. On me donne des conseils auxquels je n’aurais pas pensé, parce que je n’ai pas le recul suffisant. J’ai créé des liens avec toute l’équipe. »

« Et ce qui est formidable, c’est que Bernadette nous aide », intervient Maryse. « Je tape parfois un CV, j’aide les gens à naviguer sur Internet… et je décoince l’imprimante ! », confirme en souriant l’intéressée.

Redonner confiance, mettre en valeur ceux qui ont bien souvent perdu l’estime d’eux-mêmes, c’est l’élément-clé de la relation entre bénévoles et personnes accompagnées. Et quand le découragement malgré tout apparaît, les bénévoles sont là pour écouter, réconforter, remotiver. « Quand je ne vais pas bien, je vais pleurer dans un bureau auprès d’Anne-Marie, confie Bernadette. Après, je suis de nouveau prête à affronter. »

 

Marina Bellot
© Gaël Kerbaol/Secours Catholique
Jeune homme réparant un ordinateur
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