Exclusion : le Secours Catholique reçu à Matignon

Publié le 19/02/2015
France
 

Deux ans après le lancement du Plan de lutte contre la pauvreté, la rencontre du 19 février à l’hôtel Matignon, entre les associations constituant le collectif Alerte et les membres du gouvernement Valls directement concernés par ce plan, faisait figure de point d’étape.

Rappelant le contexte de fracture sociale mais aussi celui de volonté d’unité nationale, Manuel Valls avait souhaité cette rencontre pour préparer la deuxième phase du Plan de lutte contre l’exclusion. A ses côtés, les ministres des Affaires sociales (Marisol Touraine), du travail (François Rebsamen), du logement (Sylvia Pinel), ainsi que Ségolène Neuville, secrétaire d’État à la lutte contre l’exclusion.

La principale demande du collectif portait sur une plus forte territorialisation du plan. Les associations ont souligné le manque de déclinaison territoriale du plan et le manque d’implication de certaines collectivités - notamment les départements -, la politique sociale étant en grande partie dévolue aux conseils généraux. Sur ce point, le Premier ministre a annoncé que François Chérèque, auteur du rapport sur le bilan de la mise en œuvre du Plan, serait invité à intervenir à une prochaine réunion des préfets.

Non recours aux droits

Claire Escaffre, vice-présidente du Secours Catholique, a mis en avant deux points que l’association juge prioritaires : la question du non recours aux prestations sociales et le projet de fusion RSA-activité et Prime pour l’emploi (PPE). « Le non recours aux prestations sociales en faveur des plus pauvres est un frein puissant à l’efficacité des politiques de solidarité  », a-t-elle rappelé tout en reconnaissant que l’élaboration d’un « dossier simplifié » - que le Secours Catholique appelle de ses vœux - exigera du temps et beaucoup de travail.

Sur le projet de fusion RSA-activité et Prime pour l’emploi, demandé par les associations et que le gouvernement devrait mettre en place en 2016, Claire Escaffre n’a pas caché les inquiétudes existant sur sa mise en œuvre. Prévue à budget constant, alors qu’elle vise à faire reculer le nombre de non recours (66% des personnes qui pourraient y prétendre ne réclament pas le bénéfice du RSA-activité), cette réforme risque de ne pas pouvoir être appliquée si on ne peut pas la financer. Mme Escaffre a clairement souhaité que cette nouvelle prime (Prime activité) soit simplifiée, soit plus facile d’accès que le RSA-activité, et qu’elle soit individuelle afin de jouer son rôle d’incitation au retour à l’emploi et de soutien aux travailleurs les plus modestes.

Le 3 mars prochain, le Premier ministre présentera sa feuille de route au Comité national de lutte contre l’exclusion.

 

Jacques Duffaut
Crédits photos: ©Jacques Duffaut/Secours Catholique
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