Philippines : vivre malgré tout

Publié le 08/01/2014
Philippines
Philippines : vivre malgré tout
 

Deux mois après le passage du typhon Haiyan, qui a fait plus de 6 000 morts, un deuxième appel va être lancé par le réseau Caritas pour venir en aide aux victimes, après une première phase d’urgence. L’occasion de faire le point sur l’avancée de la reconstruction.

Dans les rues des villages dévastés, une incroyable agitation est palpable : ici des bûcherons abattent des cocotiers, là des ouvriers achèvent de poser un toit. Et toujours, en fond sonore, des bulldozers qui ramassent les derniers décombres.

Des étals de marché proposent des fruits et des légumes. Des stations-service et des restaurants ont rouvert. Sur les côtes, des bateaux sont remis sur pied. Les enfants retournent peu à peu en classe, dans des écoles encore temporaires. Les aéroports de Cebu et de Tacloban ne sont plus engorgés et des vols commerciaux desservent désormais la quasi-totalité des villes. La vie reprend peu à peu ses marques.

« Agir avec la population »

À Sagkahan, dans le port de Tacloban, Emiliana Aranza, une veuve de 67 ans, tient une petite échoppe devant le cabanon provisoire qu’elle a construit grâce à l’un des milliers de kits distribués par Caritas sur place, quelques jours après le passage du typhon. « Nous avons perdu notre maison et le gouvernement nous interdit de la reconstruire là où elle était car c’est trop près du rivage », explique-t-elle.

Le gouvernement philippin recommande en effet de ne pas s’installer à moins de 40 mètres de la mer. Plus d’un million de maisons sont à reconstruire. L’occasion de bâtir des édifices loin des eaux et mieux à même de résister aux tempêtes et aux séismes.

« Afin de prévenir les catastrophes futures, nous organisons des actions de réduction des risques comme par exemple la formation des populations à de tels phénomènes météorologiques, ou encore la création de systèmes d’alerte pour anticiper l’évacuation des habitants. Nous ne voulons pas agir pour la population, mais avec la population », explique Sean Callahan, chef opérationnel de Catholic Relief Services (Caritas États-Unis).

La récolte de riz sauvée

Ainsi, 15 000 survivants bénéficient actuellement du programme « Cash for Work » de Caritas et aident à la reconstruction en échange d’un revenu. Beaucoup ont en effet perdu leur moyen de subsistance dans un pays où un tiers de la richesse provient de l’agriculture.

Sur les îles de Leyte et Samar, principalement touchées, 50 % de la récolte de noix de coco a été détruite, et il faudra cinq ans avant de voir pousser de nouveaux arbres. Les riziculteurs sont quelque peu épargnés. Un millier d’entre eux ont reçu des sacs de semence juste à temps pour les semis. De quoi sauver la prochaine récolte et assurer de la nourriture à leur famille pendant un an. Voire même de quoi tirer un petit pécule en revendant le surplus.

 

Concepcion Alvarez
© Catholic Relief Services
Caritas Jerusalem en soutien à Gaza
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