Précarité énergétique : les propositions du Secours Catholique

Publié le 03/04/2013
France
 

Le 29 mars dernier, le Secours Catholique a fait part à la ministre de l’Écologie de ses propositions pour lutter contre la précarité énergétique, dans le cadre du débat sur la transition énergétique initié par les pouvoirs publics.

Un débat sur la transition énergétique vient d’être lancé par les pouvoirs publics. La précarité énergétique était le premier thème abordé lors d’une audition le 29 mars à laquelle participaient Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et des membres du Conseil du débat sur la transition énergétique. Le Secours Catholique et d’autres associations engagées dans la lutte contre cette précarité étaient invités à s’exprimer sur leurs constats et propositions.

François Boulot, chargé de mission Précarité énergétique, y a porté la parole du Secours Catholique en s’appuyant sur les nombreuses informations que lui remontent les délégations.

Les familles reçues dans les accueils font partie des plus pauvres : leur revenu moyen est de 785 euros par mois. Face à l’impossibilité de régler leurs factures énergétiques, ces familles subissent bien souvent des privations partielles voire totales de chauffage et des coupures. Certes, des aides financières publiques existent : des tarifs sociaux pour les personnes en difficulté, sur une partie de leur consommation, ont été institués il y a quelques années pour l’électricité et le gaz. Mais la réduction de la facture qui en résulte est faible : environ une dizaine d’euros par mois. Par ailleurs, il n’existe aucune aide pour les autres formes d’énergie : fuel, bois, etc.

Les aides principales pour résorber les dettes proviennent des Fonds de solidarité pour le logement (FSL). Les conditions de ressources et les montants de l’aide sont fixés par un règlement intérieur écrit par chaque conseil général ; il en résulte des différences très importantes entre départements. Ces aides financières ne suffisent plus, et de plus en plus les associations de solidarité sont sollicitées : le montant des aides accordées par le Secours Catholique pour l’énergie a augmenté de 91 % depuis 2004.

De ces constats le Secours Catholique déduit un certain nombre de propositions :

- Une part significative des aides devrait être consacrée à des actions de prévention, notamment concernant l’isolation thermique. Pour le programme « Habiter mieux » d’aide aux propriétaires pauvres à réhabiliter leur logement, le Secours demande une hausse des montants d’aides. Actuellement, le reste à financer rend inaccessible le dispositif pour les plus pauvres. La ministre en a convenu et a précisé que son objectif est de réduire à zéro ce reste.

- L’augmentation de la réduction de facture apportée par les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz (en faisant par exemple davantage jouer la solidarité des autres clients) et une généralisation de l’aide aux autres énergies : fuel et bois. Delphine Batho a indiqué qu’elle voulait porter cette réduction de facture à 200 €.

- La période de protection des coupures devrait être mieux utilisée pour trouver une solution à endettement. Le décret de 2008, qui demande aux énergéticiens d’informer les services sociaux de la menace de coupure chez les personnes en difficulté, semble peu appliqué ; il conviendrait de savoir pourquoi et d’y remédier.

- L’encadrement par l’État des conditions de ressources et du montant des aides FSL, pour que les différences d’aides entre personnes de différents départements ne dépendent que de la diversité de leur situation et non de leur appartenance à un département riche ou pauvre, généreux ou non.

À l’issue de l’audition des associations, François Boulot a précisé que le Secours Catholique, s’appuyant sur sa connaissance des situations des personnes en difficulté, était prêt à approfondir ses propositions avec les services des pouvoirs publics.

© Lionel Charrier - Myop / SC
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