Sahel : le Niger sur un fil

Publié le 07/08/2012
Niger
Sahel : le Niger sur un fil
 

La crise alimentaire qui frappe 18 millions de personnes dans six pays du Sahel depuis le début de l’année devrait voir ses effets les plus ravageurs s’estomper dans les mois qui viennent avec la promesse des récoltes à venir. Pour autant la situation demeure très précaire. Exemple au Niger.

Chargée de mission au département des Urgences internationales du Secours Catholique, Camille Fauvet s’est rendue au Niger du 22 juillet au 1er août. Objectif principal : suivre les activités mises en place depuis l’appel d’urgence lancé en avril par la Caritas Niger. Objectif secondaire : évaluer la situation et les éventuels besoins auprès des réfugiés maliens, dans l’ouest du pays.

Renforcer les disponibilités alimentaires

Sur le premier point, le programme d’urgence en réponse à la crise alimentaire a bien été mis en place. À Loga, Maradi et Kirtachi, les distributions gratuites de vivres ont été programmées sur les mois de juillet et août, réputés comme les plus difficiles car ils correspondent à la période de soudure. Elles bénéficient à 15 000 ménages, soit 105 000 personnes. Cette opération contribue à couvrir les besoins de 2% de la population actuellement en insécurité alimentaire au Niger (5,4 millions de personnes). Autres aspects de ce programme d’urgence de “renforcement des disponibilités alimentaires” : les opérations de “cash/food for work” (argent/nourriture contre travail), qui concernent environ 8000 ménages, ainsi que la vente d’aliments à prix modérés (13 500 ménages).

Enfin, le programme d’aide mis en place par le Secours Catholique pour soutenir son partenaire nigérien compte également un dispositif de renforcement de la production agricole, avec mise en place de foires aux semences pour 14 300 ménages, destinées à éviter la spéculation et à assurer la bonne qualité des semences. Par ailleurs la distribution d’aliments pour bétail pour environ 3000 ménages, permet d’éviter la perte du bétail, considéré le plus souvent comme le patrimoine du ménage.

L’ensemble de ce programme, d’un montant de 300 000 euros, se termine fin août . Son volet “soutien nutritionnel” pour les enfants de moins de cinq ans en situation de malnutrition grave ou sévère se poursuit quant à lui jusqu’à fin septembre.

Lourdes incertitudes pour l’avenir

« En théorie, les choses devraient rentrer dans l’ordre dès les prochaines récoltes attendues en septembre », estime Camille Fauvet. Mais de lourdes incertitudes pèsent sur l’avenir de ces populations, a-t-elle pu constater au cours de sa mission. « Les problèmes de liquidité d’argent sont très aigus. Certains ménages se sont déjà endettés en ayant vendu sur pied une partie des prochaines récoltes. Sans compter avec les éventuelles pluies torrentielles ou invasion de criquets pélerins qui viendraient ruiner ces récoltes. »

Par ailleurs, le conflit malien qui s’éternise, contrairement aux prévisions largement répandues, risque de provoquer un afflux de réfugiés supplémentaires dans l’ouest du Niger. En mission d’exploration jusqu’au camp d’Ayorou, Camille Fauvet note que si le nombre actuel de réfugiés n’atteint pas 6000, les problèmes d’accès à l’eau potable sont déjà importants dans cette région désertique, où peu d’ONG sont présentes. Une aide plus importante du Secours Catholique pour prendre en compte cette problématique est à l’étude.

 

 

Catherine Rebuffel
Crédit : CI/Flickr
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