Solidarité : la personne accueillie au centre des actions du Secours Catholique

Publié le 02/01/2015
Solidarité : la personne accueillie au centre des actions du Secours Catholique
 

Dans le contexte de crise économique, face à la montée des replis identitaires et des antagonismes, plus que jamais, le Secours Catholique favorise la participation du plus grand nombre. Pour construire l’avenir de notre société, non pas dans le rejet de celui qui est différent, mais dans l’accueil et la rencontre des plus exclus. Chaque jour, les bénévoles du Secours Catholique accueillent les plus fragiles et les aident à se remettre debout. Familles, migrants, détenus... la précarité passe les générations, les familles monoparentales sont majoritaires et les enfants sont particulièrement touchés.

Les difficultés des familles sont au cœur des préoccupations du Secours Catholique. Ainsi, la délégation du Pas-de-Calais a ouvert en mars 2013 une Maison de la famille à Auchel. Dans ce lieu de fraternité, les parents parlent de leurs joies mais aussi de leurs difficultés à assurer l’épanouissement de leurs enfants. Ces moments privilégiés valorisent le lien essentiel de parentalité.

Aux familles qu’elles accueillent, les délégations du Secours Catholique proposent d’accompagner les enfants qui ont besoin d’un soutien scolaire. Des bénévoles assurent un suivi au domicile de l’enfant et ensemble revoient les apprentissages travaillés à l’école. Créant une relation, ils redonnent confiance à l’enfant et soutiennent les parents dans leur tâche éducative. Toutes les générations s’impliquent à faire vivre cette fraternité. Cette action en faveur des plus marginalisés ne fait pas de bruit, mais rend notre société plus humaine.

Des maux moins visibles

Les personnes qui prennent contact avec le Secours Catholique pour solliciter une aide matérielle connaissent d’autres maux moins visibles comme la solitude, la mauvaise estime de soi ou encore la perte de désirs. L’attribution d’un secours ponctuel qui permet de régler une facture énergétique ou une mensualité de loyer donne aux équipes l’occasion d’échanger avec ces laissés-pour-compte, de les écouter, pour qu’ils reprennent confiance, pour qu’ils retrouvent espoir et goût à la vie.

Les bénévoles parlent de ces temps d’échanges comme d’un enrichissement réciproque. En Champagne Sud, une quinzaine de bénévoles et de personnes en difficulté du Secours Catholique se sont mis en marche sur les chemins de la via Fancigena, en Haute-Marne. Ils ont partagé une expérience de vie collective, de solidarité, des moments d’amitié durant lesquels chacun a trouvé sa place, a quitté ses habitudes, ses soucis, sa vie difficile et a repris confiance.

Partager ses compétences

Le Secours Catholique favorise la solidarité pour que les personnes en situation de pauvreté s’entraident et deviennent elles-mêmes actrices de fraternité. C’est le cas dans des ateliers créatifs, des groupes de réflexions ou encore au sein d’équipes de recherche d’emploi. En Alsace, des bénéficiaires d’épiceries sociales réalisent des travaux pour l’équipement de structures d’accueil.

Dans les jardins solidaires, là encore se construit la solidarité : par l’effort collectif, le partage et l’entraide. À Mondoubleau, dans le Loir-et-Cher, le travail commence sur le carré de terre mis à disposition par la mairie. Ici, ce sont quatre mamans en très grande difficulté qui participent au jardinage potager. Tout est mis en commun, les semences, les outils, la culture se fait ensemble. Les récoltes sont partagées, il y a des radis, des topinambours, des citrouilles, des noix… Les pommes de terre sont les premières à être mises en terre. La culture des fleurs ajoutera un petit plus à cet exemple de partage, d’entraide et de bien commun. Et aujourd’hui, un atelier cuisine de soupe est né grâce aux potimarrons cultivés et cuisinés ensemble.

Frères auprès des exclus

Le Secours Catholique est engagé auprès des détenus pour maintenir avec eux des liens d’humanité. L’association a initié un service de correspondance régulière qui met en relation, bénévoles et détenus très isolés. “Écrire au-delà des murs” apporte un réconfort moral. « Cela me réchauffe le cœur quand je découvre une lettre dans mon casier », témoigne l’un de ces détenus.

Auprès des migrants aussi, la solidarité. Comme en Savoie, à Aix-les-Bains, à Albertville et à Chambéry où soixante personnes adultes sont accompagnées chaque semaine, dans leur apprentissage du français. La pratique de la langue est une condition essentielle à l’intégration.

Une chaîne de fraternité

Par ces activités, chacun prend conscience de sa valeur, de sa capacité à agir. Une chaîne de solidarité qui relie donateurs, bénévoles, permanents et personnes aidées s’anime ainsi pour que vive l’aventure qui dépasse l’aide matérielle : en plaçant la personne malade, fragile ou exclue au cœur de nos préoccupations, pour qu’elle se sente utile et aimée, dans un idéal de justice et de fraternité.

Vivre ensemble est possible. Ne pas laisser l’isolé seul sur son chemin, intégrer l’exclu, favoriser la rencontre dans l’amitié, cultiver un jardin avec les talents de tous : une réelle pédagogie de la fraternité pour ensemble, bâtisseurs d’humanité, grandir.

Marie-Hélène Content
Crédits photos : © Jean-Luc PERREARD
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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