Union européenne : haro sur les produits des colonies israéliennes

Publié le 14/08/2013
Israël, Palestine
 

L’Union européenne a décidé de ne plus soutenir économiquement les produits d’Israël provenant des colonies israéliennes. Une décision cohérente selon les défenseurs des droits de l’homme, tels que le Secours Catholique, comme l’expliquent Séverine Laville et Bernard Flichy, du pôle Moyen-Orient - Nord de l’Afrique de l’association.

Le 19 juillet dernier, à l’attention de ses 28 membres, l’Union européenne a publié des directives précises relatives à leurs relations avec l’État d’Israël. Désormais, tout financement émanant de l’Union ou de ses États membres pour une entité israélienne ne sera possible que si cette entité se situe à l’intérieur des « frontières » fixées lors des armistices de 1949. Cela se répercutera sur les nouveaux projets de coopération économique, financements, bourses, programmes de recherches…

Concrètement, cela invite à se souvenir de tous les territoires occupés par la force depuis 1949. Lors de la guerre de 1967, la Cisjordanie et ses colonies (auxquelles la bande de Gaza est assimilée), ainsi que les territoires unilatéralement annexés (comme Jérusalem-Est et le plateau du Golan) ne font pas partie d’Israël.

De nombreuses résolutions des Nations unies, ainsi que des déclarations européennes et françaises affirment depuis longtemps le caractère illégal de ces colonies et de ces annexions.

« Coup de tonnerre dans un ciel serein »

Que l’Union européenne rappelle à l’État d’Israël, plus habitué à mettre la communauté internationale devant le fait accompli, la prééminence du droit international, est un événement marquant, « comparable à un coup de tonnerre dans un ciel serein », selon le journal Haaretz. Le gouvernement israélien et son Premier ministre ont élevé des protestations véhémentes, à la mesure du caractère inattendu pour eux de cette décision.

Le Secours Catholique-Caritas France a toujours défendu le recours au droit international dans le règlement des conflits. Il le rappelle, avec d’autres organisations chrétiennes, dans Le Défi de la paix. Au nom de leur foi, des chrétiens s’engagent pour plus de justice en Palestine et en Israël, document publié au début de l’année 2013.

« Made in Israël »

S’appuyant sur cette décision, Catherine Ashton, commissaire aux Affaires étrangères de l’Union européenne, veut maintenant établir pour la fin de l’année 2013, des directives sur l’étiquetage des produits israéliens provenant des colonies.

En France, il est impossible de savoir si un produit étiqueté « Made in Israël » a été fabriqué ou non dans une colonie. De plus, les colonies bénéficient encore des relations économiques favorables entre l’Union européenne et Israël. Cette situation favorise la colonisation et son développement, et entrave le développement de la Palestine dont les terres sont progressivement réduites à la portion congrue. La situation économique est encore aggravée par les multiples restrictions à la liberté de circulation des hommes et des marchandises, conséquences de l’occupation.

En dehors de la Grande-Bretagne, du Danemark et de la Hollande (qui ont demandé un étiquetage différencié) ces produits sont vendus en Europe sans que l’on puisse en connaître l’origine.

Dans sa lettre, révélée par le journal israélien Haaretz, Catherine Ashton demande le soutien des autres membres de l’exécutif européen. Ces directives auront d’autant plus d’effet si elles sont soutenues par les opinions publiques et les autorités des différents pays membres.

Rendre obligatoire l’étiquetage différencié

Le Secours Catholique-Caritas France, en tant que membre de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, participe à la campagne de sensibilisation de l’opinion française et de ses élus sur la mise en danger de la Palestine en raison de l’existence et du développement des colonies israéliennes. Cette campagne appelle explicitement les citoyens à demander à leurs élus de rendre obligatoire l’étiquetage différencié. Il permettra aux consommateurs de faire leurs achats en toute connaissance de cause.

À terme, une interdiction des importations des produits des colonies serait légitime. Il serait aussi moral de ne pas soutenir cette atteinte aux droits humains fondamentaux des Palestiniens.

Séverine Laville et Bernard Flichy,
Pôle Moyen-Orient - Nord de l’Afrique du Secours Catholique

© Mahfouz Abu Turk/Apaimages/Maxppp
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