Palestine.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

 

En 2014, le Secours Catholique-Caritas France a soutenu en Afrique du Nord et au Moyen-Orient 46 projets de développement et opérations d’urgence, mis en œuvre avec 26 partenaires locaux, dans 11 pays. Une tâche particulièrement difficile alors que le conflit israélo-palestinien se poursuit et que la question migratoire se pose avec de plus en plus d’acuité.

 

Les migrants, une question prioritaire

Priorité de l’association dans cette grande « région », les migrants et les réfugiés. De l’Algérie au Maroc et à la Mauritanie, en passant par Israël, c’est leur accès à la santé, à la formation professionnelle et à l’éducation qui constitue l’enjeu essentiel.

Face à la situation difficile des migrants subsahariens au Maroc, l’Eglise catholique se mobilise à travers l’action de trois centres d'accueil, à Rabat, Tanger et Casablanca. Forte de son expertise sur la thématique et de la reconnaissance acquise auprès des différents acteurs concernés, elle agit auprès des institutions marocaines afin que les droits des migrants subsahariens au Maroc soient enfin reconnus et respectés.

En Algérie, la Caritas accompagne des exilés originaires d'Afrique subsaharienne, souvent très démunis, qui sont de passage dans le pays ou qui veulent s’y installer. Elle leur ouvre des portes, leur permettant de bénéficier de soins médicaux et de formations qualifiantes. Elle leur propose des activités sportives et culturelles. Les migrants coaniment, aux côtés du personnel de Caritas, les projets dont ils sont destinataires. Ils participent ainsi autant à améliorer leurs compétences qu'à favoriser leur intégration dans la société algérienne.

Aux côtés du personnel de Caritas, les migrants coaniment les projets dont ils sont destinataires.

En Israël, l’association Physicians for human rights (PHR) basée à Tel Aviv soutient des migrants et demandeurs d’asile, venant notamment d’Erythrée,  du Soudan ou des Philippines, souvent installés en Israël depuis de nombreuses années mais restant sans statut légal. La clinique gratuite de l’association leur propose des soins, les accompagne pour une prise en charge médicale et leur fournit une aide juridique et légale pour faire valoir leurs droits, notamment liés à la santé.

Avec l’association Hotline for Refugees and Migrants, elle mène également des actions auprès du grand public israélien pour changer sa vision des personnes migrantes, et agit auprès des autorités locales pour que ces personnes obtiennent enfin des papiers pour pouvoir vivre légalement dans le pays.

 

Les jeunes, force de changement

Deuxième priorité de l'association : les jeunes. Dans leurs pays en butte à des difficultés économiques et sociales considérables, ils souffrent souvent de l’isolement social, d’un chômage massif, de la déscolarisation, de structures universitaires insuffisantes…

Le Secours Catholique-Caritas France est engagé aux côtés de ses partenaires dans des actions visant à faire de ces citoyens une force de changement au sein des sociétés et à favoriser leur épanouissement social, culturel et professionnel.

En Cisjordanie, l’École palestinienne du cirque, soutenue par le Secours Catholique, impulse un projet d’éveil aux arts du cirque. Objectif : encourager la créativité et la liberté d’expression des enfants et des adolescents en difficulté.

Ces cours de cirque permettent à près de 200 jeunes par an, de 10 à 25 ans de renforcer leurs compétences sociales, physiques et créatives. Une classe est même ouverte pour des enfants souffrant de handicap. En touchant des publics d’origines sociales et géographiques très différentes, l’école a pour ambition de faire évoluer les mentalités palestiniennes en promouvant l’inclusion sociale et l’égalité entre les garçons et les filles.

 

La culture du « vivre ensemble »

Troisième priorité : le « vivre ensemble ». Dans ces régions, des groupes ethniques, religieux et linguistiques ont parfois du mal à cohabiter en raison, notamment, des luttes politiques, de la question du contrôle des ressources naturelles, de l’inégale répartition du pouvoir et des richesses.

C’est pourquoi le Secours Catholique et ses partenaires locaux luttent pour la mise en place de la culture pacifique du « vivre ensemble ». De même, ils se battent pour la place des femmes dans la société. Elles sont encore fréquemment considérées comme des sous-citoyennes.

Caritas Egypte soutient en zones rurales rurales des femmes dépourvues de documents d’identité, analphabètes, sans formation professionnelle, contraintes à des mariages précoces. Avec l’appui du Secours Catholique, elle leur permet de jouer un rôle actif dans la vie économique et sociale de leur communauté. À présent, des femmes animent plusieurs centres de développement communautaire dans le pays.

Au Maroc, les Églises catholique et protestante ont créé en 2012 l’Institut oecuménique de Théologie Al Mowafaqa. C’est un lieu de formation, de réflexion et de promotion du dialogue interculturel et interreligieux.

Il comprend un pôle universitaire (théologie et sciences des religions) et un pôle culturel destiné à promouvoir la rencontre des cultures. Des formations sont assurées sous forme de sessions intensives avec des professeurs venus d’Europe et d’Afrique, et, pour le domaine de l’islam, des universitaires marocains.

 
Moyen-Orient et Afrique du Nord
L'institut Al Mowafaqa

inauguré à Rabat

 

Interpellation des pouvoirs publics

Le Secours Catholique s’engage en France, au sein de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, pour plus de justice en Palestine et en Israël : il s’agit, au-delà de tout parti pris, d’une question de justice, de respect des droits de l’Homme et des principes humanitaires.
 
En ce sens, le Secours Catholique soutient et accompagne les initiatives non-violentes des sociétés civiles israélienne et palestinienne pour répondre à cette politique d’occupation et d’oppression, démontrant ainsi qu’une autre voie est possible pour répondre à l’injustice.

C’est ainsi qu’il est engagé depuis 2015 dans la campagne Made in Illegality, qui demande à l’État français l’arrêt total des relations économiques et commerciales avec les colonies israéliennes dans les Territoires Palestiniens occupés. Il s’agit simplement pour l’État français de se mettre en conformité avec son propre discours de dénonciation de la politique de colonisation, qui est illégale au regard du droit international.

Crédits photos : ©François Ramel / Secours Catholique