Alep : l’aide aux élèves et étudiants est également essentielle

Publié le 01/10/2014
Syrie
 

Pour Charlène de Vargas, chargée de projets Urgences internationales au Secours Catholique/Caritas France, « il faut soutenir l’accès à l’éducation » dans la grande ville du nord-ouest de la Syrie dont la population a doublé avec l’afflux 2,5 millions de déplacés.

Le Secours Catholique a financé en 2013/14 le projet d’aide de Caritas Syrie auprès de 2 257 écoliers, lycéens et étudiants. Pourquoi ?

C’est le gouvernorat d’Alep qui compte le plus de personnes déplacées (1 250 000). La deuxième ville syrienne, coupée en deux entre forces pro-Assad et rebelles, est une des plus meurtries. Elle a terriblement souffert durant ces trois dernières années.

Les habitants ont de moins en moins les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école ou de les inscrire en faculté - les revenus de beaucoup de familles fondent-, des professeurs ont fui, et l’insécurité est omniprésente ! À l’échelle du pays, selon Caritas Syrie, 2,2 millions d’enfants sur 4,8 millions en âge d’aller à l’école n’y vont plus (chiffres de mai 2014). À Alep, 9 enfants sur 10 sont dans ce cas !

Tout de même, donner la priorité à l’éducation dans une ville ravagée par la guerre depuis deux ans, où de nombreux besoins vitaux doivent être couverts régulièrement (alimentaires, médicaux, eau potable…), c’est étonnant !

Il est important, surtout en temps de guerre, de soutenir l’accès à l’éducation car c’est un secteur très peu couvert en période d’urgence. S’engager sur l’éducation, c’est ici un moyen de prévenir le travail des enfants, leur exploitation, voire leur enrôlement dans des milices armées. C’est aussi déjà penser à la reconstruction du pays et de la société et aider une génération, qualifiée de “perdue”, à continuer à regarder vers l’avenir.

Concrètement, que prévoit le projet ?

Les élèves et étudiants ont reçu une aide financière pour payer leur inscription, les fournitures scolaires et le transport, de plus en plus cher avec les pénuries d’essence. En 2014/15, les bénéficiaires seront plus nombreux ; et 400 collégiens et lycéens pourront également mieux préparer le brevet et le bac grâce à des cours du soir.

Yves Casalis
Crédits photos: ©Patrick Delapierre/Secours Catholique
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