Dunkerque : un café et un sourire

Publié le 09/09/2014
Dunkerque
Dunkerque : un café et un sourire
 

Depuis le début de l’année, le Secours Catholique de Dunkerque organise une tournée de rue hebdomadaire. Tous les mercredis soir, les bénévoles vont à la rencontre des personnes sans-domicile fixe, leur offrant un café, une poignée de main, un sourire et de l’attention.

Christian arpente le quai du port de plaisance de Dunkerque. Il remonte la capuche de son K-Way bleu estampillé “Secours Catholique”, laissant dépasser ses cheveux poivre et sel, et scrute les recoins : ici, il trouve une couverture en boule au sol, là un tas de vêtements. Après une demi-heure passée à chercher sous une fine pluie froide, il retourne près du vieux camion avec lequel il est arrivé.

Le bénévole du Secours Catholique local pense être venu en vain, lorsqu’un homme portant une casquette rouge, à quelques centaines de mètres, lui fait de grands signes. « Il s’appelle Christian, comme moi, confie-t-il. Ça me fait toujours un drôle d’effet parce que je me dis que cela pourrait être moi. » Il sourit à l’homme au jeans un peu sale et à la veste tachée : « Tu veux un café ? Sans sucre, comme d’habitude ? Je savais bien que tu dormais par ici en ce moment. »

Depuis six mois, une dizaine de bénévoles et un animateur de la délégation de Dunkerque sillonnent la ville à la rencontre des personnes à la rue. Chaque mercredi, par groupes de trois, ils passent d’un quartier à l’autre durant toute la soirée. « J’ai la permission de minuit », plaisante Christian.

Rencontrer les personnes

Après avoir roulé un peu, Dominique et Philippe, ses collègues de tournée, descendent de la camionnette et se dirigent vers la caravane de Marie tandis que Christian gare le véhicule près d’un terrain vague. Assise sur un lit jonché de babioles et de tissus, la vieille dame accueille ses visiteurs en passant la main par la porte à moitié cassée, sans vitre. Ils restent devant la caravane : « Vous n’avez pas froid ? » s’inquiète-t-elle en les voyant en plein vent, avant même qu’ils ne lui proposent une boisson chaude.

Ces tournées de rue se fondent sur un principe simple et difficile à la fois : « Nous n’apportons pas de solutions, nous venons pour rencontrer ces personnes. Bien sûr, un café, une couverture sont dans le coffre pour ouvrir la conversation et favoriser l’échange, mais le cœur de notre action est de créer des liens », explique Philippe, animateur au Secours Catholique de Dunkerque. Il existe des centres d’accueil sur le secteur, mais les gens qui sont visités ces soirs-là ne souhaitent pas toujours y aller. « Souvent, ils sont attachés à leur liberté », témoigne Dominique.

Christian ajoute : « Ce n’est pas facile à accepter. Lors de notre premier débriefing, j’ai explosé : “Je ne comprends pas qu’on ne puisse pas faire plus !” J’ai compris petit à petit que ce n’était pas notre boulot, que d’autres sont là aussi auprès d’eux, et que notre spécificité rend nos visites différentes. » Toute l’équipe a été étonnée de découvrir des personnes « sympas, respectueuses, contentes qu’on leur dise bonjour, qu’on ne les ignore pas ». De petits gestes et « une conversation qui vient tout naturellement, souligne Dominique, c’est important pour eux, c’est ce qu’ils nous disent ».

Sophie Lebrun
Crédits photos: © Lionel Charrier - M.Y.O.P. / Secours Catholique
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