Égypte : 50 millions d’électeurs choisissent leur président

Publié le 23/05/2012
Egypte
 

Les 23 et 24 mai, les Égyptiens votent pour remplacer l’ancien raïs Moubarak. Pays prioritaire du Secours Catholique jusqu’en 2013, l’Égypte, par ces élections, va départager les islamistes des tenants de la stabilité.

Au premier jour des élections présidentielles, les premières depuis la chute d’Hosni Moubarak, le vote se déroulait dans le calme et une ambiance bon enfant. Les files d’attente s’étaient formées avant même l’ouverture, à 8 heures locales, des 13 000 bureaux de vote du pays placés sous la protection d’un important dispositif policier et militaire.

Le vote pour le premier tour se poursuivra jeudi et les résultats doivent être connus en principe le 27 mai. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue au premier tour, un second tour est prévu les 16 et 17 juin.

Grand nombre d’indécis et liberté de choix

Il paraissait impossible aux observateurs nationaux et internationaux de pronostiquer l’issue de ce premier scrutin en raison du grand nombre d’indécis et de la liberté de choix inédite offerte cette fois-ci aux électeurs après des décennies d’élections jouées d’avance.

On pouvait toutefois tenter de dire à la veille de cet important scrutin que l’Égypte semble partagée entre la tentation islamiste et celle d’une normalisation incarnée par des personnalités issues de l’ancien régime. « Deux types de vote sont en concurrence : le vote islamiste et le vote pour la stabilité », a affirmé un commentateur politique, M. Kassem. « Toutes les combinaisons sont possibles pour le second tour. »

Les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le dernier Premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafiq, l’ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

À Chobra, un quartier populaire du Caire, de nombreux chrétiens coptes disaient voter pour Ahmad Chafiq. « Que Dieu nous protège si les islamistes arrivent au pouvoir et contrôlent à la fois le Parlement et le présidence », confiait l’un d’eux.

Ses pouvoirs sont loin d’être précis

Les islamistes comptent sur le succès déjà remporté aux législatives pour prendre la présidence. Le Parlement est en effet majoritairement composé de Frères musulmans et de fondamentalistes salafistes. S’il ne sort pas des rangs islamistes, le nouveau président n’aura pas les coudées franches. D’autant que ses pouvoirs sont loin d’être précis, car la Constitution en vigueur sous Moubarak a été suspendue et que la rédaction de la nouvelle Constitution est au point mort.

Tout cela sans compter l’armée, épine dorsale du système depuis la chute de la monarchie en 1952 et détentrice d’un patrimoine économique considérable. Le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Moubarak a appelé à voter en masse, promettant un scrutin « 100 % transparent », et s’engageant à remettre le pouvoir au nouveau président avant la fin de juin.

 

Avec AFP
© Ali Garboussi/Wostok Press/Maxppp
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