Élections 2012 : Le Secours Catholique en campagne pour les droits fondamentaux

Publié le 01/02/2012
France
 

La campagne électorale qui s’ouvre, présidentielle et législative, est l’occasion pour le Secours Catholique de prendre position sur des sujets où les inégalités et les injustices sont criantes. C’est pourquoi l’association lance une campagne d’affichage, de spots radio, et de mobilisation de ses délégations, avec les personnes accueillies, pour faire remonter auprès des candidats les préoccupations les plus urgentes à prendre en compte.

Le Secours Catholique a lancé le 31 janvier sa campagne d’interpellation des candidats à la présidentielle, et de l’opinion publique, sur des préoccupations majeures en résonnance avec la devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité. À cette occasion une table ronde s’est tenue au palais Brongniart, qui a longtemps hébergé la Bourse de Paris, lieu emblématique puisque la crise financière mondiale de 2008 a entraîné la crise économique que tous les pays, et la France en particulier, subissent depuis lors. Étaient présents autour de cette table deux personnes accueillies par le Secours Catholique, Oumar Camar et Alain Kabeya, aux côtés de François Soulage, président national du Secours Catholique, ainsi que Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Chantal Richard, de la CFDT, et Étienne Pinte, député UMP et président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).

Le logement d’abord

La thématique de l’accès au logement pour les plus précaires, jeunes, étudiants, sans emploi ou travailleurs pauvres a été largement abordée. Patrick Doutreligne a rappelé qu’il y a 800 000 logements manquants et 3,5 millions de personnes mal logées ou pas logées du tout. Étienne Pinte a rappelé que « l’équilibre d’une société repose sur quatre piliers : le logement, la formation, l’entrée dans la vie active et la santé. L’État régalien est là pour rétablir l’équilibre à chaque fois qu’il est rompu. »

Démocratie contre doxocratie

Pour Patrick Doutreligne, il faut garder en tête la différence essentielle entre démocratie et doxocratie, cette dernière étant « le pouvoir de ceux qui sont censés connaître l’opinion ». « Attention à ne pas revendiquer un droit pour les pauvres, car ce serait alors faire un “pauvre droit”, alors que ce qu’il faut c’est l’accès aux droits », a-t-il rappelé. Étienne Pinte a rebondit sur cette question, se félicitant de ce que, pour la première fois, on envisage de faire participer directement des citoyens à l’élaboration des politiques qui les concerne. Ce sera le cas avec la création d’un « collège » au sein du CNLE.

Changer le regard

Alseny, salarié du Secours Catholique à la délégation du Val-de-Marne a insisté sur la nécessité de changer le regard sur le pauvre, l’étranger, le sans papier, qui n’est pas sans droit pourtant. « C’est un message que porte le Secours Catholique depuis des années », a renchéri François Soulage. Étienne Pinte a demandé à cet égard qu’un demandeur d’asile puisse recevoir une réponse au bout de six mois et non pas deux ans et demi, comme c’est souvent le cas. Il a attiré l’attention sur le cas des enfants bulgares et roumains, qu’on scolarise mais dont les parents n’ont pas le droit de travailler. Hugo Tiffou, de Médecins du monde, a dénoncé la récente décision de la France de prolonger jusqu’en 2013 les mesures transitoires d’intégration à l’Union européenne qui visent ces deux pays, alors que l’Italie par exemple y a mis fin.

Hausse des minima sociaux

Enfin, les intervenants sont tombés d’accord sur la nécessité de revaloriser le RSA de 25 %, d’en faire bénéficier les 18-25 ans, et de rehausser le montant de l’aide personnalisée au logement. La question du quotient familial a également été abordée. Étienne Pinte a estimé nécessaire de moduler le quotient en fonction des revenus du foyer.

500 000 logements sur cinq ans

Bernard Schricke, directeur de l’action France au Secours Catholique a redit les grands axes de revendications de l’association : pour une proportion de 25 % de logements sociaux dans les communes (20 % actuellement avec la loi SRU), pour un plan sur cinq ans de 500 000 logements supplémentaires par an, dont 150 000 logements sociaux, pour une simplification de l’accès aux droits sociaux et un changement de regard sur leurs bénéficiaires.

crédit : Élodie Perriot/SC
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