Enfants : favoriser l’épanouissement

Publié le 04/12/2014
France
Enfants : favoriser l’épanouissement
 

« La précarité et l’isolement social ferment des portes aux enfants pour bien se construire. Or plus une vie est remplie d’expériences, d’apprentissages et de rencontres, plus elle est riche et épanouie », observe Brigitte Alsberge, responsable du département Solidarités familiales au Secours Catholique-Caritas France. Comment, dans ces conditions, participer au bon développement d’un enfant en situation de précarité ?

«  L’enfant a besoin de découvrir d’autres choses que celles que lui offre sa famille, d’avoir l’occasion de confronter ses savoirs et ses expériences pour les valoriser, de découvrir qu’il existe d’autres façons de faire, etc. Car un jour il sera confronté à des collègues, un conjoint, des amis, qui sans doute ne penseront ni ne vivront de la même manière que lui  », déclare Brigitte Alsberge, responsable du département Solidarités familiales au Secours Catholique-Caritas France. Offrir des outils aux enfants de familles en précarité afin qu’ils soient mieux équipés pour bien grandir dans la société, c’est la mission que se sont donnée les équipes du Secours Catholique-Caritas France.

Développer l’autonomie de l’enfant

Un rôle complémentaire et qui ne supplée pas celui des parents Cela commence par un accompagnement scolaire individualisé. Des milliers de bénévoles, partout en France, soutiennent un ou plusieurs enfants dans leur scolarité. «  L’objectif est d’amener l’enfant à être autonome dans l’organisation de son travail », explique Annie-France Bernard, bénévole coordinatrice de l’accompagnement scolaire à domicile pour la délégation de Paris.

« Nous soulignons les compétences de l’enfant, ses qualités, afin de lui montrer qu’il est capable de faire des choses. Nous cherchons à développer ses capacités scolaires, son autonomie, son épanouissement global, mais aussi son individualité en relation avec son milieu familial. » En parallèle, certaines délégations ont choisi de développer l’accès à la culture de ces enfants, outil complémentaire et essentiel à leur développement. « Notre rôle est aussi de conforter les parents dans leur rôle d’éducateurs  », ajoute Annie-France Bernard.

« Les personnes en précarité ne sont pas moins capables que les autres d’élever leurs enfants. Mais la pauvreté crée des difficultés pour mettre en œuvre leur éducation  », explique Brigitte Alsberge. « Par conséquent, les rares fois où l’enfant a l’occasion d’entendre un tiers parler de ses parents, il s’agit très souvent de reproches car ils n’ont pas payé telle facture, ne trouvent pas d’emploi, etc.

Or tout parent est la colonne vertébrale d’un enfant. Celui-ci a besoin de sentir que ses parents sont des gens bien. » À la Maison de la famille du Secours Catholique d’Auchel (Pas-de-Calais), les parents ne sont pas jugés. Au contraire, ils partagent ensemble leurs difficultés et leur expérience. Les enfants découvrent leurs parents détendus dans un cadre qui les met en valeur. « La maison de la famille est aussi l’occasion pour mes enfants de s’amuser avec d’autres enfants », commente Sylvie, mère célibataire de deux enfants de 2 ans et 1 an et sans emploi.

Élargir l’environnement social d’un enfant

« La famille est similaire à une cellule du corps. Elle a sa vie propre mais n’existe qu’en relation avec d’autres cellules  », poursuit Brigitte Alsberge. Pour faciliter l’élargissement de l’environnement social de l’enfant, le Secours Catholique mise depuis plusieurs années sur le parrainage de proximité. À la délégation de Vannes, trois enfants sont parrainés par des bénévoles depuis septembre.

« C’est une nécessité pour des parents désemparés, qui souvent élèvent seuls leurs enfants, dont la majorité vivent dans la précarité ou doivent faire face à la maladie », constate Jacqueline Josso, bénévole à Pontivy. L’enfant, lui, trouve dans ce parrainage un lien nouveau avec un adulte autre qu’un parent. Il découvre un autre mode de vie, d’autres règles, une nouvelle culture. Un enrichissement également favorisé par l’accueil familial de vacances (AFV), qui permet à un enfant de partir en vacances dans une famille d’accueil.

Les vacances apportent une légèreté indispensable au bien-être de chacun, elles sont un vivier d’expériences, un apprentissage de la vie. La délégation du Val-d’Oise, entre autres, propose chaque année à une quarantaine d’enfants entre 10 et 15 ans de vivre des camps de quinze jours dans des bases de loisirs. « Les jeunes y apprennent le service, la vie en communauté, le vivre-ensemble avec des personnes d’autres religions et cultures.

C’est d’une richesse incroyable  », affirme Emmanuel Dubasque, animateur en charge de ces camps. Par ailleurs, la délégation propose aux jeunes de financer leur brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa). Ainsi, une quarantaine d’entre eux en ont bénéficié et animent désormais à leur tour ces colonies de vacances.

Pour le Secours Catholique, toutes ces actions doivent être autant d’atouts donnés aux enfants pour un avenir meilleur.

 

 
Clémence Véran-Richard
Crédits photos : © Alexandra Bellamy / Secours Catholique-Caritas France
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