Femmes : un prix pour les “semeuses de développement”

Publié le 06/03/2015
Nicaragua, Syrie
 

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, Caritas Internationalis et la Fondation Fidel Götz récompensent des femmes qui ont été des “semeuses de développement”, travaillant pour en finir avec la faim dans leurs communautés. Cette année, les gagnantes sont Reem Alhaswani, une Syrienne réfugiée au Liban, Juana Bertha et Alba Marina du Nicaragua.

Reem Alhaswani, une Syrienne engagée

Élevée dans une petite ville près de Damas, Reem Alhaswani, 27 ans, quitte son pays natal, la Syrie, quand la guerre éclate. Réfugiée au Liban, elle voit la souffrance des femmes syriennes dont les maris sont morts ou disparus, ainsi que la situation tragique de familles où le père ne trouve pas de travail.

Dans le camp de réfugiés de Chatila, près de Beyrouth, Reem et un petit groupe de responsables communautaires actifs mettent alors en place un atelier pour enseigner aux femmes la broderie, l’informatique, l’anglais ou d’autres matières. « Je devais aider, j’avais les outils pour le faire », déclare-t-elle à propos de sa décision de cofonder l’atelier.

“Basmeh & Zeintooneh”, ce groupe qui comptait en mai 2013 une poignée de participants, s’agrandit rapidement. Actuellement, il aide plus de 150 femmes syriennes et palestiniennes – elles aussi réfugiées –, qui vendent des articles brodés à la main, apprennent à lire et à résoudre les problèmes du camp, comme la violence domestique. Les femmes réfugiées, appauvries et traumatisées par la guerre, et habituées à rester chez elles, sont maintenant plus impliquées dans la communauté et ont plus de stabilité financière.

« Je suis très fière des femmes de notre groupe, affirme Reem. Elles sont vraiment courageuses. Grâce aux activités de Basmeh & Zeitooneh, nous avons pu transformer cette situation tragique en une occasion d’assurer à ces femmes un nouveau départ. »

Juana Bertha et Alba Marina Rosales Ruíz, soutenir les femmes fermières du Nicaragua

Après avoir perdu ses parents, Juana Bertha reprend leur ferme avec ses sœurs. En 2000, elle obtient son diplôme en Sciences agricoles. Aujourd’hui, manager du programme Caritas Nicaragua, elle apporte des graines, du matériel d’irrigations et bien d’autres outils utiles aux fermiers qui veulent augmenter leur production de manière saine, tout en leur proposant une formation gratuite.

Beaucoup des fermiers de son territoire sont des femmes, luttant pour nourrir leurs enfants. « Elles ont beaucoup de soucis et pourtant, elles ne se plaignent pas, souligne Juana Bertha. On apprend beaucoup à leur contact. »

Cette travailleuse sociale parcourt parfois des milliers de kilomètres pour aider les fermes des zones rurales de son pays, particulièrement touchés par la pauvreté. « Pour rejoindre certains villages, je marche parfois des heures, explique-t-elle. Et quand il pleut, nous avons les pieds dans la boue jusqu’aux genoux ! » Mais cela vaut le coup : « Ma famille est elle-même une famille de fermiers, ce travail me passionne ! Cela donne du sens à ma vie. »

Mère de quatre enfants, Alba Marina Rosales Ruiz a fait de sa ferme au Nicaragua une vraie réussite grâce au programme Caritas pour l’agriculture proposé par Juana Bertha. « Ce programme est un beau projet, soutient-elle. Aujourd’hui je peux nourrir ma famille de manière équilibrée et avoir un revenu en plus avec la vente d’une part de nos légumes. » Le secret : « Le programme nous encourage à impliquer notre mari et nos enfants dans la production. Aujourd’hui, nous travaillons ensemble, main dans la main, en famille. »

Alba Marina ne s’arrête pas là, elle incite ses voisins à découvrir les rudiments du programme Caritas et les pousse à s’informer sur le droit à l’accès à l’alimentation. Ultime victoire : elle peut maintenant envoyer ses trois enfants à l’école.

Un prix pour les femmes

Le prix “femmes, semeuses de développement” a été lancé, pour la première fois, le 8 mars 2014 à l’occasion de la Journée internationale des femmes et lors de l’inauguration de la manifestation “Les Voix de la Foi” à Rome. Initié par Caritas Internationalis et la Fondation Fidel Götz, ce prix récompense des projets qui mettent en lumière la contribution des femmes pour assurer la sécurité alimentaire et l’amélioration des moyens de subsistance de leurs familles et de leurs communautés. Les lauréates reçoivent leur prix et la dotation qui l’accompagne – 10 000 euros pour chaque projet – lors d’une cérémonie le 8 mars à Rome.

Sophie Lebrun
Crédits photos : © Caritas Internationalis
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