Gaza : trois ans après l’opération « Plomb durci »

Publié le 11/01/2012
Gaza
 

Depuis le 18 janvier 2009 la bande de Gaza survit aux conditions drastiques mises en place suite à l’offensive israélienne sur son territoire. Bernard Flichy, du département Moyen-Orient du Secours Catholique, nous rappelle ces conditions.

L’opération « Plomb durci », lancée par l’armée israélienne aux derniers jours de l’année 2008, se voulait une réponse aux roquettes artisanales et aux obus de mortier lancés par des groupes résistants palestiniens, prisonniers dans la bande de Gaza. Comme l’explique Bernard Flichy, « les tirs n’ont pas cessé pour autant. En 2011, on en a dénombré environ 400 qui ont causé la mort de trois civils israéliens. En représailles, 107 Palestiniens ont été tués. »

Le rapport Goldstone dénonçait des crimes de guerre

Les pilonnages intensifs sur Gaza de décembre 2008 et janvier 2009 avaient causé la mort de 1 400 Gazaouis, dont un quart d’enfants, et détruit des milliers de logements et de nombreuses infrastructures (écoles, hôpitaux, etc.). Malgré les condamnations, notamment par le biais du rapport Goldstone qui dénonçait des crimes de guerre, le gouvernement israélien n’a subi aucune sanction.

« Or, Gaza vit depuis en état de blocus permanent, explique Bernard Flichy,une punition collective absolument interdite par le droit international et plus particulièrement par la 4e Convention de Genève. Les 1,6 million d’habitants de Gaza, dont la moitié a moins de 18 ans, sont devenus des otages ce qui, là aussi, est contraire au droit international. »

Les mouvements de population sont interdits

« La libération du soldat israélien Shalit aurait pu avoir des conséquences positives, poursuit Bernard Flichy, mais l’étendue du contrôle est toujours la même. » À quelques exceptions près, les mouvements de population sont interdits ; les importations de marchandises, réduites à un quart de ce qu’elles étaient avant 2005, sont extrêmement contrôlées (à l’exception de celles qui transitent par les tunnels qui relient la bande de Gaza à l’Égypte) ; contrôle de l’espace aérien et des eaux territoriales, réservés aux forces israéliennes (les pêcheurs de Gaza sont sommés de ne pas franchir la limite de 3 miles marins) ; 35 % des terres agricoles ne peuvent pas être exploitées, car jugées zones à « haut risque ».

75 % de la population survit grâce à des aides

Les conséquences de cette situation entraînent un chômage de masse : 38 % des jeunes sont sans emploi. Les salaires ont diminué de 20 % au cours des six dernières années. Plus de la moitié de la population de Gaza souffre d’insécurité alimentaire et 75 % de la population survit grâce à des aides.

À cette situation humaine extrêmement difficile vient s’ajouter la dégradation de l’environnement : 90 % de l’eau pompée dans la nappe aquifère est impropre à la boisson et plus de 50 millions de litres d’eaux usées sont déversées quotidiennement dans la mer.

Quelle est la politique poursuivie ?

Le blocus de Gaza a suivi l’accession démocratique du Hamas au pouvoir. Mais il n’a pas totalement annihilé la résistance des Gazaouis. À l’heure où la popularité du Hamas semble diminuer parmi la population, Bernard Flichy se demande quelle est la politique poursuivie par le gouvernement israélien. Cette politique de punition collective n’est-elle pas l’indice d’une absence pure et simple de projet politique en la matière ?

 

Jacques Duffaut
crédit : Philippe de Pompignan/SC
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