Jean-Marie Gourvil : « Au Québec, il y a des groupes d’entraide partout »

Publié le 19/09/2013
Québec
 

Jean-Marie Gourvil est le fondateur du Réseau franco-québécois du travail social, réseau d’échanges d’étudiants et de professionnels. Pour cet ancien enseignant à l’Institut régional du travail social de Basse-Normandie, la Belle Province inspire nombre de pays développés en matière d’accompagnement des personnes en difficulté.

Pourquoi le Québec fait-il figure de modèle en matière d’aide sociale ?

En raison de son sens du travail en commun et de la cogestion. D’une part, les « organisations communautaires », l’équivalent de nos associations, ont une place centrale. Elles sont prises au sérieux par l’État, qui leur confie de nombreuses responsabilités. D’autre part, les institutions intègrent les usagers dans l’élaboration de l’aide.

Pouvez-vous préciser ce point ?

Personne n’a de solution toute faite. Les décideurs s’appuient moins sur des experts que sur le diagnostic établi avec les personnes concernées par le projet à mettre en place. On se demande : quel est le problème ? Comment chacun le perçoit-il ? Puis on signe un contrat.

Comment expliquer cet état d’esprit ?

Il tient à des raisons culturelles. La société, structurée par l’organisation paroissiale, valorise l’initiative locale. L’État est modeste et économe. Ses ressources, qui reposent sur le marché des matières premières, sont fragiles. On ne dépense un dollar que si l’on est sûr que la communauté en a vraiment besoin. Enfin, la taille réduite de la population (8 millions d’habitants) favorise une proximité entre la classe politique et les citoyens, et une culture du consensus.

Dans quels domaines le Québec a-t-il inspiré des pays comme la France ?

La médiation familiale est un bel exemple d’importation. On retrouve aussi l’influence du Québec dans la prise en charge de la maladie mentale et la place accordée à l’usager et à sa famille, dans la justice réparatrice, dans la forme des entreprises d’économie solidaire. Mais aussi dans la culture de l’entraide : au Québec, il y a des groupes partout, dans les hôpitaux, face à l’échec scolaire… Ils sont des intermédiaires, des lieux de soutien et de projets.

Adrien Bail
© Mourad Chefaï/Macif bd
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