Le Secours Catholique reçu à l’Élysée

Publié le 13/09/2013
France
Le Secours Catholique reçu à l’Élysée
 

Accompagné des présidents de six autres associations, le président du Secours Catholique, François Soulage, a été reçu par François Hollande, vendredi 13 septembre,  à qui il a exprimé ses inquiétudes et ses attentes.

Le président de la République a reçu, ce vendredi 13 septembre, François Soulage, président du Secours Catholique, qu’accompagnaient les présidents de la Cimade, d’ATD Quart Monde, du CCFD-Terre Solidaire, d’Emmaüs, de Médecins du Monde, ainsi que le président de la Fnars, venus lui faire part de leurs préoccupations et de leurs difficultés à mener leurs actions.

Les difficultés concernent les attitudes de rejet et de marginalisation manifestées à l’égard des étrangers. Face aux tentations populistes et aux risques de fractures à l’intérieur de notre société, les représentants des associations ont regretté que la politique actuelle du gouvernement manque d’une vision et d’affirmations claires des principes fondateurs d’une politique d’immigration favorisant le “vivre ensemble” dans notre pays.

Roms

À l’égard des familles roms, ils ont exprimé leur incompréhension devant la distorsion existant entre la ligne définie par la circulaire interministérielle d’août 2012 et sa mise en œuvre aléatoire et diverse d’une préfecture à l’autre. Ils ont rappelé au président de la République que la poursuite des évacuations de campements, parfois violentes, sans solution d’accompagnement social réel et pérenne, n’est pas conforme à ses engagements. Ils ont en particulier insisté sur l’importance de la scolarisation des enfants dès leur plus jeune âge.

Étrangers

Sur la situation des étrangers, les associations ont rappelé qu’elles ne peuvent se satisfaire des quelques mesures prises pour corriger les injustices les plus criantes, laissant dans la précarité et l’insécurité juridique un trop grand nombre de personnes qui ont construit leur vie en France. La réforme législative en préparation semble, en l’état, ne pas prendre suffisamment en compte la nécessité et l’urgence d’une transformation en profondeur de la loi actuelle construite avant tout autour de considérations d’affichage sécuritaire et non d’accueil et d’insertion.

Droit d’asile

Sur le droit d’asile, la crise du dispositif d’hébergement, entraînant la multiplication des "remises à la rue" de familles, atteint son paroxysme. Nos associations ont exprimé avec force au président de la République que cette situation, diagnostiquée depuis longtemps, ne devait en aucun cas amener à une remise en cause de "l’accueil inconditionnel" mais conduire au contraire à une réaffirmation sans ambiguïté de la vocation sociale des structures d’accueil, à leur réorganisation sur l’ensemble du territoire et au renforcement des moyens d’accueil et d’accompagnement des personnes sur les territoires les plus tendus.

La réforme globale du dispositif relatif au droit d’asile qui est attendue doit viser une grande simplification des procédures et la restitution au seul organisme compétent – l’OFPRA – de la compétence exclusive de l’examen des demandes d’asile. Le pouvoir conséquent attribué au fil des années aux préfectures a montré son inefficacité et est en bonne partie la cause de la désorganisation actuelle du dispositif de traitement des demandeurs d’asile et des réfugiés.

Deux demandes pressantes

Dans la période difficile que traverse la société française, les présidents des sept associations ont demandé au président Hollande de s’exprimer avec force pour rappeler les valeurs cardinales de la République, celles de justice, de cohésion sociale, de respect de l’autre et des cultures différentes. Cette parole attendue du président de la République encouragera celles et ceux qui agissent quotidiennement, dans les associations ou dans la société, pour un meilleur vivre ensemble. Elle devra aussi poser clairement des repères éthiques à la nation, et particulièrement aux élus, en référence à ces principes fondateurs de la République qui ne peuvent tolérer des pratiques ou des discours discriminatoires.

Le président de la République doit demander au gouvernement de se montrer plus ambitieux quant aux réformes et aux mesures en préparation, aussi bien sur leur contenu que sur leur tempo. Les messages ambigus et le manque de vision d’ensemble de ces derniers mois n’ont pas vraiment suscité "l’apaisement" mais plutôt installé le doute et l’anxiété pour les personnes concernées et pour les citoyens conscients que la politique à l’égard des étrangers est un "marqueur" de la santé démocratique de notre pays.

Attentif et reconnaissant les difficultés

À sa sortie de l’Élysée, François Soulage s’est félicité d’avoir pu aborder l’ensemble des questions. Il a trouvé le président Hollande « attentif, instruit des questions abordées et reconnaissant les difficultés actuelles ». M. Hollande a regretté les obstacles successifs dressés sur le parcours des demandeurs d’asile. Il a redit son engagement de réduire la procédure à un an et pris acte des revendications portées par le Secours Catholique.

Le président Hollande a insisté sur le fait que la question des étrangers doit être traitée selon les règles du droit commun, en particulier en ce qui concerne l’accès à la justice, au logement, à la santé, à l’école, et que l’ensemble de ces sujets exige l’intervention effective de plusieurs ministères.

Bien que la question syrienne n’ait pas été à l’ordre du jour, François Soulage a toutefois mentionné les difficultés rencontrées à Calais par les réfugiés syriens souhaitant se rendre en Grande-Bretagne. Le président Hollande a promis qu’il allait s’en occuper.

Enfin, François Hollande a rappelé le devoir qu’a la France d’être « à la hauteur du pacte de dignité » qu’elle doit tenir à l’égard de la population française, à l’égard des étrangers quel que soit leur statut, et à l’égard de la communauté internationale.

© présidence de la République
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