Logement : les associations dénoncent la fin de la trêve hivernale

Publié le 31/05/2012
France
 

Le Collectif des associations unies, dont est membre le Secours Catholique, s’inquiète de la fermeture de 19 000 places dans les centres d’hébergement d’urgence, à partir du 31 mai.

Les associations estiment qu’il faudrait maintenir ouvertes entre 6 000 et 10 000 places d’hébergement d’urgence afin qu’aucun sans-abri ne soit remis à la rue à la fin du dispositif hivernal, dans l’attente de l’arbitrage de la ministre du Logement Cécile Duflot.

Cette dernière a suspendu le 22 mai toutes les fermetures de centres d’hébergement hivernal, le temps d’évaluer le nombre de personnes qui pourraient se retrouver à la rue.

Le dispositif hivernal permet chaque année de mobiliser, du 1er novembre au 31 mars, jusqu’à 19 000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence pour les SDF, en plus des 118 000 places ouvertes toute l’année.

Le précédent gouvernement avait repoussé cette année l’échéance, avec des fermetures progressives de centres étalées jusqu’à fin juin. Une grande partie d’entre eux devaient cependant fermer entre le 22 et le 31 mai.

Cécile Duflot a demandé aux associations d’évaluer le nombre de SDF concernés : « pour le moment on ne sait pas combien de personnes seraient remises à la rue. […] L’objectif, c’est que d’ici à dix jours on le sache », avait-elle expliqué.

Entre 6 000 et 10 000 places

Pour Matthieu Angotti, de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), près de 6 000 places devraient « a minima » être maintenues ouvertes ou être réouvertes, pour éviter les remises à la rue.

Mais ce chiffre établi sur 72 départements ne tient pas compte de certains territoires où se concentrent les sans-abri, comme Paris, le Rhône ou la Seine-Saint-Denis, ni de ceux qui ont renoncé à solliciter un hébergement.

Dans ces 72 départements, 13 018 places avaient été ouvertes dans le cadre du dispositif hivernal et du plan grand froid (températures extrêmes), mais les trois quarts de ces places étaient refermées au 22 mai, précise la Fnars.

« Les estimations évaluent entre 6 000 et 10 000 sans-abri qui, si on ferme les centres, seront à la rue », estime Patrick Doutreligne, président de la Fondation Abbé Pierre.

« On espère qu’il y aura au moins une prolongation de quelques mois », délai nécessaire pour élaborer « un vrai plan structurel de l’hébergement », car « quand les gens sont à la rue 365 jours par an, il ne peut y avoir de politique d’été et de politique d’hiver », ajoute-t-il.

Les 19 000 invisibles

Le Collectif des associations unies a publié une enquête établie grâce aux informations remontant de 200 associations de terrain. Intitulée « 19 000 invisibles », en référence au nombre de places ouvertes temporairement cet hiver. Le nombre de places manquantes pour couvrir les besoins d’hébergement tout au long de l’année se chiffre, en fait, à 70.000, affirme Charlotte Niewiadomsky, responsable du département "De la rue au logement". Cette enquête permet de dresser le portrait-robot de la personne à la rue : 23 % ont moins de 25 ans, près de 12 % ont plus de 55 ans ; 20 % des familles sont monoparentales ; près de 40 % sont sans couverture médicale ; plus de 40 % sont sans suivi social ; près de 65 % sont sans aucun revenu ; 45 % n’ont effectué aucune démarche d’accès à l’hébergement ou au logement.

Mercredi soir, plusieurs dizaines de mal-logés, 200 selon les organisateurs, se sont rassemblés à Paris, place du Palais-Royal (Ier arrondissement), aux cris de « Un toit c’est un droit, un toit c’est la loi », pour demander le maintien des places d’hébergement d’urgence.

À l’appel du collectif « 115 juridique », qui regroupe plusieurs dizaines d’associations œuvrant pour la défense des sans-abri et des mal-logés, les manifestants ont ensuite défilé jusqu’au ministère du Logement, où ils ont été reçus par un conseiller de la ministre Cécile Duflot.

Les associations seront reçues également ce jeudi 31 mai au ministère du Logement.

 

(Avec AFP)
© Robert Geiss/DPA/MAXPPP
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